Caritas International Belgique Un accueil en famille
scroll to

Campagne

Asile & Migration :
Un accueil en famille

Caritas International BelgiqueUn accueil en famille
Caritas International BelgiqueUn accueil en famille
Caritas International BelgiqueUn accueil en famille
mars 2021

Pour fuir la guerre en Syrie, Khadija et Mohammad ont pris la lourde décision de tout quitter et chercher un endroit sûr pour eux et leurs quatre enfants. Après sept années d’une rude vie de réfugiés au Liban, une lueur d’espoir voit le jour : la famille est sélectionnée par l’UNHCR[1] pour être réinstallée en Belgique. Six mois après leur arrivée, rencontre avec cette famille, le temps d’un mercredi après-midi.

J’ACCUEILLE UNE FAMILLE RÉFUGIÉE
Une question ? Contactez-nous

Ils n’auraient pas osé rêver d’un tel accueil, cordial et bienveillant. « Avant notre départ pour la Belgique, nous étions un peu inquiets. Nous ne connaissions ni le pays ni la langue et ne savions pas comment la vie serait ici. Lorsque nous avons été accueillis à l’aéroport par des personnes au sourire chaleureux, nous avons eu l’impression qu’une nouvelle ère s’ouvrait », raconte Mohammad. « Tout avait été organisé pour nous, jusqu’au diner. Il y avait même des vêtements prêts et ça m’a profondément touché ».

Retour à la maison

Un groupe de citoyen-ne-s solidaire s’est engagé aux côtés de la famille pour les aider à construire une nouvelle vie en Belgique. Grâce au parrainage de la communauté (ou “community sponsorship”[2]), Khadija, Mohammad et leurs enfants vivent à présent à Beloeil, un village d’environ 14.000 habitant-e-s dans la province du Hainaut.

<p><em>©Isabel Corthier – Le « Monsieur taxi », plein d’enthousiasme, arrive chez Mohammad et Khadija.</em></p>

©Isabel Corthier – Le « Monsieur taxi », plein d’enthousiasme, arrive chez Mohammad et Khadija.

La famille peut compter sur une vingtaine de volontaires du groupe d’accueil ainsi que sur d’autres personnes qui contribuent ponctuellement. Le Père Vanneste est un nouveau venu dans le groupe. Aujourd’hui, il amène Khadija aux « Ailes du Phoenix », une banque alimentaire. Trois semaines seulement après son arrivée en Belgique, elle a commencé à y travailler bénévolement.

« De cette façon, j’ai l’impression de donner quelque chose en retour à la communauté qui nous accueille », explique Khadija. Dans la culture syrienne, la capacité de donner est très importante et la famille compte bien apporter sa pierre à l’édifice. Le Père, au sourire rayonnant, demande si Khadija est prête à partir. « Je suis Monsieur Taxi », dit-il en clignant de l’œil.

>> À LIRE AUSSI : Vous investir aux côtés d’une famille de personnes réfugiées ?

Mohammad reste lui à la maison, il veut se concentrer sur l’apprentissage de langue. « C’est vraiment la chose la plus importante en ce moment. Quand je parlerai la langue, je trouverai plus facilement du travail. Ensuite, je pourrai obtenir un permis de conduire, ce qui augmentera mes chances de trouver un emploi. C’est pourquoi les cours de français que nous donne Myriam sont si précieux ». En tant que membre du groupe d’accueil, Myriam est une amie à la maison. « J’ai choisi la famille pour ma bulle », pétille Myriam.

<p><em>©Isabel Corthier – Myriam a été complètement adoptée par la famille et ça se voit ! En plus d’enseigner le français à Khadija et Mohammad, les enfants se jettent à son cou dès qu’elle franchit le pas de la porte.</em></p>

©Isabel Corthier – Myriam a été complètement adoptée par la famille et ça se voit ! En plus d’enseigner le français à Khadija et Mohammad, les enfants se jettent à son cou dès qu’elle franchit le pas de la porte.

« Quand je suis triste, on m’écoute. »

Pour Khadija aussi, l’apprentissage de la langue est capital et elle profite du volontariat pour pratiquer son français. « Il m’arrive de découvrir des mots nouveaux avec ma collègue Annie », explique-t-elle. « Salade, tomate, poivron, pomme de terre,… », dit-elle en riant malicieusement. Khadija et ses collègues sont chargés de trier, préparer et remplir les colis alimentaires. « Quand je suis triste, on m’écoute. Nous nous asseyons et je leur raconte via une application de traduction ce qui ne va pas. Comme quand j’ai appris que ma sœur en Syrie a de graves problèmes de santé », poursuit-elle avec un regard doux. « J’ai vraiment eu l’impression qu’on se souciait de moi ».

<p><em>©Isabel Corthier – Grâce au soutien d’Annie, Khadija devient rapidement une employée à part entière de la banque alimentaire.</em></p>

©Isabel Corthier – Grâce au soutien d’Annie, Khadija devient rapidement une employée à part entière de la banque alimentaire.

Annie emmène Khadija dans la pièce où sont stockés les légumes. Ensemble, elles la transforment en un véritable étal de légumes. Ainsi, il sera plus facile pour les client-e-s de faire leur choix demain lors de la distribution des aliments.

« Vous savez, pour certaines personnes, le mot réfugié a une connotation négative, il peut être associé à la peur. Si vous créez un lien avec une telle famille, cela disparait », dit Annie. Pendant que Khadija prépare son propre colis alimentaire, Annie lui explique quels sont les ingrédients transformés pour s’assurer que la nourriture est halal.

 

>> LIRE AUSSI : Community sponsorship: une aventure humaine et solidaire. Témoignages.

La nourriture est importante, surtout dans la culture syrienne. Une fois de retour à la maison, Khadija décharge les sacs de nourriture avec Mohammad, puis prépare le déjeuner. De délicieuses odeurs épicées se répandent dans la maison. Riz, humus, falafel, salade, poulet, sauces, c’est comme un buffet dans un restaurant syrien. « Heureusement, dans les grandes villes belges, on trouve aussi des ingrédients auxquels nous sommes habitués, comme les feuilles de vigne par exemple », explique Khadija en donnant à la table une touche locale, avec des frites !

SE SENTIR EN SÉCURITÉ

C’est mercredi, les enfants n’ont donc qu’une demi-journée d’école. Ils jouent dans le parc situé à côté de la maison, où une statue commémore « les héros tombés pendant la Première Guerre mondiale ». Il y a quelque chose d’interpellant à voir ces enfants jouer autour d’un monument d’un conflit suite auquel un million et demi de Belges ont fui, tout comme eux.

 

<p><em>©Isabel Corthier – Thierry, Linda, leur petite fille et la famille profitent d’un beau mercredi après-midi pour découvrir ensemble les crapauds dans les roseaux.</em></p>

©Isabel Corthier – Thierry, Linda, leur petite fille et la famille profitent d’un beau mercredi après-midi pour découvrir ensemble les crapauds dans les roseaux.

« Nous sommes des réfugiés, pas des Belges », explique Khadija, « Je ne cherche pas l’égalité. Je cherche la sécurité, c’est tout ce que nous voulons. ». Le fait d’être entouré de personnes chaleureuses en qui on peut avoir confiance y contribue. « Une fois, j’ai eu un terrible mal de dents un dimanche. Les membres du groupe ont immédiatement pris rendez-vous chez le dentiste. Ils m’y ont amenée et ont même cherché un traducteur pour m’aider. Ça aussi, ça donne un sentiment de sécurité. »

Linda et Thierry, du groupe d’accueil, emmènent Mohammad et ses trois filles en promenade avec leur petite-fille. Les enfants trépignent d’impatience à l’idée de découvrir l’étang avec les crapauds dont on leur a parlé. Les deux plus jeunes filles en profitent, joyeuses comme elles sont. Raghad, l’aînée, est plus calme, toujours secouée par le passé. Heureusement, la famille est entourée de personnes avec lesquelles les liens d’amitié se renforcent de jour en jour.

« Un jour où nous ne voyons personne du groupe, ça fait bizarre. C’est comme si cette journée n’était pas complète, que quelque chose n’allait pas », dit Mohammad, « pas seulement pour les enfants, mais aussi pour nous ».

Aisha, une dame originaire du Niger, est également membre du groupe d’accueil. Elle vit près de la famille et lui rend visite presque quotidiennement. « Parfois, ils m’appellent pour me demander si je peux passer, ne serait-ce que deux minutes, pour que les enfants puissent me voir ». L’enthousiasme d’Aisha est contagieux : « Mes amis et mes voisins m’aident aussi parfois, par exemple en me donnant de la soupe ou des chaussures. J’ai rassemblé une montagne de vêtements pour les envoyer au Niger », explique Aisha, « mais ils choisissent d’abord ce qu’ils veulent, le reste est emballé dans des boîtes que nous envoyons depuis Bruxelles. Et Khadija y contribue aussi. » Ensemble, Aisha et les parents planifient le moment du voyage que la famille veut entreprendre à Bruxelles.

<p><em>©Isabel Corthier – La plus jeune de la famille, Safaa, apprécie la présence d’Aisha. En plus d’aider Fares et de Raghad avec leurs devoirs, Aisha est une oreille attentive pour toute la famille.</em></p>

©Isabel Corthier – La plus jeune de la famille, Safaa, apprécie la présence d’Aisha. En plus d’aider Fares et de Raghad avec leurs devoirs, Aisha est une oreille attentive pour toute la famille.

<p><em>©Isabel Corthier – Le club de football local a accueilli Fares à bras ouverts. Avec son ami Hugo, ils rêvent d’une carrière chez les Diables Rouges.</em></p>

©Isabel Corthier – Le club de football local a accueilli Fares à bras ouverts. Avec son ami Hugo, ils rêvent d’une carrière chez les Diables Rouges.

UN REGARD VERS L’AVENIR

Tout le monde a déjà hâte de visiter la capitale : le fils, Fares, pour les grands bâtiments et Mohammad pour l’animation de la ville. « En Syrie, il y a beaucoup de vie dans les rues, une grande différence avec ici. Je remarque qu’à Beloeil, les gens sont plus casaniers et restent principalement à la maison. J’espère, avec le temps, rencontrer des gens dans la rue, comme en Syrie », dit-il. « Et dans les grandes villes d’ici, les gens semblent le faire davantage aussi. »

Après une période d’adaptation difficile, Fares a construit une amitié et s’est trouvé en même temps un compagnon de football. Depuis lors, il s’épanouit. Il semble se sentir à l’aise, que ce soit au club de sport, à l’école ou chez des ami-e-s. Parce qu’il veut devenir un joueur de football célèbre, il ne manque jamais un moment d’entraînement.

 

>>LIRE AUSSI : 5 questions sur le community sponsorship (ou parrainage de la communauté)

Raghad, elle, veut devenir avocate, pour se battre plus tard pour les droits des femmes. « La troisième, Shahed, pourrait devenir professeur, c’est dans son caractère », dit Khadija. « Elle aime aussi danser, surtout avec Sylvie du groupe d’accueil », dit-elle en riant. Safaa, 4 ans, ne sait pas encore ce que l’avenir lui réserve. Peu importe, pourvu qu’elle garde sa personnalité solaire.

Aisha et Mohammad passent en revue l’agenda des deux prochaines semaines. Il est déjà bien rempli : des démarches administratives, des visites et des cours de français. Ils discutent également de qui soutiendra la famille sur le plan administratif, de qui les conduira tel ou tel jour et de ce qui doit encore être organisé. De nombreuses personnes sont impliquées dans ce planning chargé.

« Le groupe d’accueil nous facilite la vie pendant une période difficile », déclare Mohammad tout en allant chercher Fares dans la cour de récréation de l’école, à côté de la maison. Pendant que Fares commence ses devoirs avec l’aide d’Aisha, Mohammad reste pour jouer au football avec les amis de son fils.

Le parrainage de la communauté déclenche un mouvement social de solidarité à Beloeil. Le noyau est constitué d’un groupe régulier, mais des ami-e-s, des connaissances et des voisin-ne-s sont aussi disposé-e-s à apporter leur aide. Ils préparent parfois des repas, font don de vêtements, jouent le rôle de chauffeur ou aident à la traduction.

Khadija est convaincue : « Quand je parlerai couramment le français, je veux moi-même faire partie d’un groupe d’accueil et éventuellement aider une autre famille à trouver son chemin en Belgique ». La détermination se lit dans ses yeux, « parce que pour nous, une famille qui a perdu sa famille, c’est comme si nous avions trouvé une nouvelle famille. »

<p><em>©Isabel Corthier – La visite quotidienne de Sylvie et des autres fait du bien à Khadija, comme le révèle son large sourire.</em></p>

©Isabel Corthier – La visite quotidienne de Sylvie et des autres fait du bien à Khadija, comme le révèle son large sourire.

Rejoignez un groupe d’accueil

A travers toute la Belgique, Caritas s’est engagée à offrir aux familles syriennes vulnérables une alternative sûre et un nouvel avenir. Sans votre solidarité, rien de tout cela ne serait possible. Comme Aicha, Le Père Vanneste et Myriam, investissez-vous aux côtés d’une famille réfugiée en Belgique en formant un groupe d’accueil solidaire et, avec votre communauté, changez leur vie !

JE FORME UN GROUPE D’ACCUEIL
Plus d'infos

[1] Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) chapeaute le programme de ma réinstallation au niveau international. Celui-ci consiste à transférer des personnes qui ont trouvé refuge dans un État tiers, comme par exemple dans un camp de fortune au Liban, vers un pays qui leur a accordé un droit de séjour permanent. Dans ce cas-ci, la Belgique.
[2] Initiative de Fedasil, en collaboration avec Caritas International, le principe du « community sponsorship » fait partie du programme plus large de réinstallation.


Ce reportage a été fait dans le cadre du projet MIND qui reçoit le soutien financier du programme de l’Union européenne pour la sensibilisation et l’éducation au développement (DEAR). Ce contenu relève de la responsabilité de Caritas International, et ne reflète pas nécessairement la position de l’Union européenne.

Drapeau de l'Union Européenne

Actualités associées

Toutes les actualités

Projets associés

Tous les projets

Découvrez toutes nos autres campagnes

Toutes les campagnes