Témoignages de Beyrouth : « Les gens sont fatigués. Le désespoir règne. »

Caritas International Belgique Témoignages de Beyrouth : « Les gens sont fatigués. Le désespoir règne. »

© Caritas Liban - Les équipes de Caritas Liban se sont immédiatement mobilisées pour soutenir les victimes des explosions : soigner les blessé‑e‑s, apporter de la nourriture et des médicaments ainsi que distribuer des vêtements.

© Caritas Liban - Les équipes de Caritas Liban se sont immédiatement mobilisées pour soutenir les victimes des explosions : soigner les blessé‑e‑s, apporter de la nourriture et des médicaments ainsi que distribuer des vêtements.

14/08/2020

C’est un fait : les dégâts causés par l’explosion à Beyrouth sont énormes. L’aide est vitale ! C’est ce qu’expriment aussi Nadiya, Maher et Theresia, survivant-e-s de la catastrophe et volontaires de la première heure. Ils partagent leurs impressions avec vous, depuis les rues ravagées de Beyrouth.

Maher : « j’ai tout perdu. »

© Caritas International – Maher Metri a 27 ans et est propriétaire d’un salon de coiffure dans le centre de Beyrouth. L’explosion a détruit son commerce et sa maison.

« Le bruit de l’explosion m’a tout de suite rappelé la guerre avec Israël en juillet 2006. Grâce à Dieu, juste après avoir entendu l’explosion, je suis sorti du restaurant où je me trouvais. Sans ça, je serais sûrement mort à cause des débris qui volaient en tous sens. »

« Malgré les difficultés économiques et financières du pays, mon salon tournait bien. Mais demain ? J’ai tout perdu… A cause de l’inflation et de la dévaluation de la livre libanaise, notre argent ne vaut presque plus rien. Je ne pourrai pas remettre le salon sur pieds. Et mes clients, non plus, n’ont plus d’argent pour redémarrer. Je suis désespéré. Nous voulons à nouveau un endroit sûr où habiter, c’est un droit de base, non ? »

 >> LIRE AUSSI : Les terribles explosions de Beyrouth

Nadiya : la solidarité nous soulage un peu

© Caritas Suisse – Nadiya Ibrahim, 26 ans, est assistante sociale pour Caritas Suisse à Beyrouth.

 

« Les images sont choquantes mais… quand vous vivez ici, au milieu de tout ça, c’est encore bien pire. De nombreuses rues ont déjà été nettoyées mais l’énormité des ravages est affolante. Il y a beaucoup de désespoir. Les gens sont fatigués, abattus. Le Liban traverse une crise économique qui a été aggravée par la pandémie du coronavirus. La situation politique est au point mort et maintenant, ça. » 

>> LIRE AUSSI : Coronavirus : la crise de trop au Moyen-Orient ?

« Ce qui nous donne du courage, c’est l’arrivée massive de nombreux volontaires venus du Liban entier pour aider. Une volontaire me disait qu’elle avait eu du mal à partir parce qu’elle devait laisser sa mère malade à la maison, mais elle est venue quand même pour aider les victimes de l’explosion. La solidarité est grandiose. Cela soulage un peu le quotidien et la tristesse des rues. » 

Theresia : volontaire en première ligne

©Cordaid – Theresia Sarkis est volontaire depuis 6 ans pour Caritas Liban. Aujourd’hui, elle aide les victimes de l’explosion. 

 

« Au moins 500 personnes viennent chaque jour au poste d’aide de Caritas. Pour l’instant, nous avons surtout besoin de nourriture, d’eau, de médicaments et de matériel de construction. Mais les gens ont aussi besoin d’un soutien psycho-social pour les aider à traverser ces difficultés et à donner une place à leurs traumatismes. »

« De nombreuses personnes ont besoin d’aide pour reconstruire leur logement. Nous apporterons ce soutien dans une seconde phase, lorsque les premières urgences seront passées. Aujourd’hui, nous faisons en sorte que les sans-abris trouvent un logement temporaire. C’est la priorité. »

 

Voulez-vous aider le Liban ? Faites un don aujourd’hui encore. Aidez les survivant-e-s de l’explosion via notre plateforme de don en ligne ou sur le compte BE88 0000 0000 4141 avec la mention « 3911 Liban ». 

Actualités associées

Toutes les actualités