Crise économique et politique au Liban : les familles encore plus vulnérables

Caritas International Belgique Crise économique et politique au Liban : les familles encore plus vulnérables

© Isabel Corthier - Sous pression, les services de santé au Liban s'écroulent. Caritas reste au côté de la population, avec notamment ses cliniques mobiles (Taalabaya, 2016).

© Isabel Corthier - Sous pression, les services de santé au Liban s'écroulent. Caritas reste au côté de la population, avec notamment ses cliniques mobiles (Taalabaya, 2016).

06/02/2020

Des rayons vides dans les supermarchés. Un chômage galopant. Des troubles politiques. Voici le sombre portrait de la situation actuelle au Liban. Cet écrasant quotidien pousse de nombreuses personnes à rompre le silence. Depuis le mois d’octobre, les manifestations se multiplient, avec deux points principaux à l’agenda : dénoncer les fortes inégalités et exiger un nouveau gouvernement. Retour sur un pays plongé dans l’incertitude.

« C’est vraiment le chaos au Liban en ce moment », explique Sébastien Dechamps, responsable de nos projets au Moyen-Orient. « Caritas Liban peine à suivre les demandes d’aide… Mais elle continue malgré tout à fonctionner. Difficilement, mais elle continue. »

Pénuries dans les services de soins de santé

Avec cette crise, les services de soins de santé libanais sont à nouveau mis sous pression. Les hôpitaux risquent de mettre la clé sous la porte car les fonds manquent… Impossible de payer le personnel et d’acheter des médicaments[1].

De son côté, Caritas met tout en œuvre pour maintenir ses centres de soins de première ligne. Les personnes qui ne sont pas capables de s’y rendre peuvent aussi compter sur les cliniques mobiles de Caritas.

> À LIRE AUSSI : Des cliniques mobiles pour subvenir aux besoins médicaux urgents

Alors que la nourriture, les médicaments et les soins de santé deviennent moins accessibles, le chômage et l’inflation augmentent. Un contexte lourd aux conséquences psychosociales importantes, que Caritas suit de près. Les personnes en difficultés psychologiques peuvent donc aussi compter sur des consultations gratuites de Caritas.

©Isabel Corthier – Clinique mobile au Centre de Migrants à Taalabaya (2016)

Davantage de personnes dans la pauvreté

« Ces dernières années, nous avons vu des personnes, des Libanais, qui étaient auparavant des donateurs et des volontaires pour Caritas, tomber dans la nécessité », rapportait déjà cet été Dayane Daou, à la tête du département des soins de santé de Caritas Liban. Son constat résonne encore plus vivement à la lumière de cette crise.

En janvier 2019, un rapport de l’ONU parlait déjà de 28,5% des Libanais-e-s vivant sous le seuil de pauvreté[2]. Depuis, la situation s’est empirée et cela ne risque pas de s’améliorer… Pointons entre autres, les récentes coupes budgétaires du ministère des Affaires sociales.

De plus, une pénurie de dollars complique l’importation de produits essentiels comme la nourriture. On assiste à des scènes apocalyptiques où les rayons restent vides pendant plusieurs jours, surtout dans les zones rurales.

> À LIRE AUSSI: Liban : une augmentation des vulnérabilités

Caritas Liban a déjà distribué plus de 3.000 colis alimentaires. Ces colis ont été collectés par des jeunes auprès de particuliers et par le biais de campagnes de collectes locales. « Et ils continuent de collecter de la nourriture et des biens de première nécessité à distribuer aux personnes qui en ont le plus besoin », explique Sébastien Dechamps.


Vous aussi, vous pouvez aider. Faites un don aujourd’hui encore sur le compte BE88 0000 0000 4141 (en écrivant LIBAN en communication) ou sur notre plateforme en ligne. D’avance merci.

Note :

1

Human Rights Watch, “Lebanon: Hospital Crisis Endangering Health”, décembre 2019, consulté le 05/02/2020.

2

Les autorités libanaises et l’ONU: Lebanon crisis response plan 2017 – 2020, janvier 2019, consulté le 22/08/2019.

Actualités associées

Toutes les actualités