Îles grecques : mettons fin au confinement des demandeurs d’asile

Caritas International Belgique Îles grecques : mettons fin au confinement des demandeurs d’asile

© Lefteris Partsalis

© Lefteris Partsalis

04/06/2018

Les nouvelles personnes en procédure de demande d’asile doivent rester confinées sur les îles grecques, et ce malgré une décision du Conseil d’État grec confirmant le caractère illégal de cette situation discriminatoire. Le gouvernement belge se doit d’intervenir en appelant son homologue grec à respecter la décision de son Conseil d’État.

Depuis l’accord controversé du 20 mars 2016 entre l’Union européenne et la Turquie, la majorité des demandeurs et demandeuses d’asile arrivés en Grèce restent relégués sur les îles proches de la Turquie, en attendant l’examen de leur demande d’asile. Caritas International, en partenariat avec Caritas Hellas (Caritas de Grèce), dénonce cette politique en place depuis plus de deux ans.

Des conditions de vie insoutenables

Les îles grecques sont surpeuplées et les conditions de vie y sont misérables. Seuls les profils vulnérables sont autorisés à se rendre sur le continent. Il en résulte de facto une surpopulation, d’autant plus que les profils considérés comme vulnérables ont drastiquement diminué car les vulnérabilités moins visibles – comme les victimes de torture, d’abus sexuels ou les personnes souffrant de maladies mentales – ne sont plus considérées comme telles.[1]

Il y a ce jour plus de 15.700 demandeurs et demandeuses d’asile coincés sur les iles, généralement depuis une période prolongée (parfois plus de deux ans) et, surtout, pour une attente totale encore indéfinie. Les conséquences de cette surpopulation sont multiples : manque de place dans les installations, développement d’abris de fortunes, difficultés d’accès aux services de bases tels que la santé, l’éducation, l’assistance juridique, ou les services d’interprétation, et surtout rallongement des procédures administratives.

Ces problèmes s’amplifieront faute d’un système durable qui permette une décongestion des îles et remédie à la pénurie de services et de logements.Selon Tom Devriendt, chargé de plaidoyer chez Caritas International : « Une réponse politique est nécessaire afin de mettre fin à ce confinement et d’offrir une procédure d’asile et des conditions de vie dignes et humaines à chaque demandeur et demandeuse d’asile qui arrive sur les îles grecques ».

Le Conseil d’État grec statue : ce confinement est illégal

Par sa décision prononcée le mois de mai dernier, le Conseil d’État grec apportait une lueur d’espoir. La Cour suprême administrative a ainsi déclaré illégale la restriction géographique imposée aux demandeurs et demandeuses d’asile.[2] Cette décision ne s’applique toutefois qu’aux nouveaux arrivants, laissant hors de sa couverture les 15.000 personnes restantes.

Quelle solution ? Le Respect des décisions judiciaires !

Le gouvernement belge se doit d’intervenir en appelant le gouvernement grec à :

  • Respecter la décision de son Conseil d’État d’abolir la politique de confinement pour les  nouveaux demandeurs et demandeuses d’asile ;
  • Trouver une solution pour les demandeurs et demandeuses d’asile confinés sur les îles ;
  • Assurer une évaluation des critères de vulnérabilité adaptée.

Caritas considère que tout individu doit avoir droit à une procédure d’asile et des conditions de réception justes et humaines.

Note :

[1]

Les ONG sur le terrain estiment aujourd’hui à 90 % la réduction des profils identifiés comme hautement vulnérables.

[2]

Greece – Council of State, Fourth Section, Decision 805/2018, 17 April 2018

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