La solidarité envers les personnes migrantes et réfugiées doit être saluée et non criminalisée

Caritas International Belgique La solidarité envers les personnes migrantes et réfugiées doit être saluée et non criminalisée

© Ben White/CAFOD - Une volontaire aide un bébé à la sortie d'un bateau à Lesbos (Grèce)

© Ben White/CAFOD - Une volontaire aide un bébé à la sortie d'un bateau à Lesbos (Grèce)

19/06/2019

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, Caritas International joint ses forces à celles de Caritas Europa pour appeler les dirigeants européens à défendre les valeurs fondatrices de l’Union européenne et à accueillir les personnes migrantes et réfugiées avec dignité et solidarité.

À une époque où près de 70 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur pays à cause de la guerre, d’un conflit ou de la violence, une Europe accueillante est plus que jamais nécessaire. Malheureusement, dans un contexte de politiques migratoires plus strictes et de répression de la migration irrégulière, la criminalisation de la solidarité s’est généralisée à travers l’Europe.

Une stigmatisation de l’aide humanitaire

« Faire preuve d’humanité et d’attention envers les personnes migrantes et les réfugiées en situation de détresse ou de vulnérabilité devrait être salué au lieu d’être criminalisé », a déclaré Maria Nyman, secrétaire générale de Caritas Europa. Elle ajoute: « Dans un esprit de fraternité et de solidarité, nous avons tous la responsabilité de veiller au respect des droits de l’homme pour tous

Le réseau Caritas Europa[1] observe une tendance croissante à la stigmatisation et à la criminalisation de l’aide humanitaire fournie aux personnes migrantes en détresse par les associations et les volontaires.

Cette criminalisation se traduit, par exemple, par le harcèlement, de la part de policiers, des volontaires fournissant de la nourriture et offrant des douches aux migrants démunis de Calais, par des citoyens jugés pour avoir hébergé des demandeurs d’asile en Belgique ou encore par des poursuites à l’encontre de membres du personnel d’ONG ayant mené des missions de recherche et de sauvetage le long des côtes italiennes et à Malte. Caritas rapporte des situations similaires dans d’autres pays tels que la Hongrie, la Grèce, la Suisse, la Serbie et l’Espagne, pour n’en nommer que quelques-uns.

Un environnement hostile

« Le sauvetage humanitaire n’est pas criminel, mais il n’est pas non plus héroïque, il est juste nécessaire », a déclaré Seán Binder, 25 ans, volontaire enfermée pendant 106 jours en détention provisoire en Grèce. Il est accusé, entre autres, de contrebande pour le soutien humanitaire qu’il a fourni aux migrants à Lesbos. Il est actuellement en attente de son procès et pourrait être condamné à 25 ans de prison.

L’environnement hostile actuel a un effet dissuasif sur les mouvements de solidarité, ce qui alimente en outre les discours toxiques et négatifs sur les migrations. Au-delà de l’impact négatif direct que cela a sur la vie des personnes migrantes et réfugiées, criminaliser la solidarité est également dangereux pour la démocratie: cela mine la cohésion sociale et menace notre humanité.

Un appel aux décideurs politiques

En cette Journée mondiale des réfugiés, Caritas Europa, soutenue par ses membres dont Caritas International, appelle les décideurs politiques européens à veiller à ce que leur législation contre le trafic et la traite des êtres humains ne conduise pas à la criminalisation de l’aide humanitaire fournie aux personnes migrantes et réfugiées. Bien au contraire, ils doivent soutenir la société civile et promouvoir une Europe accueillante qui place la solidarité, la rencontre et le respect au centre des politiques publiques. Les actes de solidarité visant à assurer le respect des droits et de la dignité des migrants et des réfugiés devraient être applaudis et encouragés, au lieu d’être criminalisés.

Caritas Europa vous propose également un essai plus approfondi sur la criminalisation de la solidarité envers les migrants. Vous y trouverez une analyse détaillée de la situation en Europe ainsi que des recommandations politiques.


Cet article prend place dans le cadre de la campagne #whatishome dans laquelle nous abordons le lien entre migration et développement. Campagne sur les réseaux sociaux menée dans 11 pays avec 12 organisations Caritas, elle fait partie du projet MIND qui reçoit le soutien financier du programme de l’Union européenne pour la sensibilisation et l’éducation au développement (DEAR). Pour plus d’informations, cliquez ici. Ce contenu relève de la responsabilité de Caritas International et ne reflète pas nécessairement la position de l’Union européenne. 

Drapeau de l'Union Européenne

Note :

1

Le réseau de Caritas Europa compte 49 organisations membres dont Caritas International Belgique. Ces membres sont présents dans 46 pays du continent européen, y compris dans tous les États membres de l’Union européenne et dans la grande majorité des pays membres du Conseil de l’Europe. Plus d’infos sur www.caritas.eu.

Actualités associées

Caritas International Belgique « La rencontre fait souvent office d’élément déclencheur pour l’insertion des personnes réfugiées » [Long read]

« La rencontre fait souvent office d’élément déclencheur pour l’insertion des personnes réfugiées » [Long read]

À quelles difficultés sont confrontés les réfugiés ? Quelle société voulons-nous pour eux ? Notre collègue, Ariane Dewandre, coordinatrice d’un projet d’accompagnement des réfugiés reconnus et professeur du cours d’éducation sociale,…

Lire plus
Toutes les actualités