Réfugiés syriens : la nécessité d’un passage sûr vers l’Europe

20/06/2014

En cette Journée Mondiale des Réfugiés, Caritas International organise une conférence sur la situation des réfugiés syriens. « Tous les Syriens sont devenus pauvres», a déclaré hier Mgr Antoine Audo, évêque d’Alep et président de Caritas Syrie. « Nous demandons aux pays qui les accueillent de la compréhension et, ce faisant, d’aider activement à la reconstruction de la paix en Syrie.»

« Tous les Syriens sont devenus pauvres : les riches ont quitté le pays, la classe moyenne est devenue pauvre et les pauvres sont devenus encore plus pauvres ou sont contraints de mendier. Les Syriens sont un peuple fier de leur pays mais nous comprenons que tous ceux qui ont été touchés par la guerre, et dont la vie est en danger, ont choisi de fuir. Nous demandons aux pays qui les accueillent de la compréhension et, ce faisant, d’aider activement à la reconstruction de la paix en Syrie », a déclaré Mgr Antoine Audo, évêque d’Alep et président de Caritas Syrie aujourd’hui lors de la conférence « Réfugiés syriens : le point sur la situation » organisée par Caritas International. Cette conférence, coïncidant avec la Journée Mondiale des Réfugiés ce 20 juin, a pour but de donner un coup de projecteur sur la situation des Syriens dans leur pays, dans les pays voisins ainsi qu’en Europe.

A ce jour, la contribution de l’Union Européenne à l’accueil et à la protection des syriens reste limitée (80.000 réfugiés syriens en Europe depuis le début de la crise et jusque fin 2013). Et ce alors qu’ils sont 2,8 millions de réfugiés dans les pays limitrophes et que 9,3 million de syriens ont besoin d’une aide humanitaire urgente. C’est pourquoi Caritas International a répété son appel aux états européens à simplifier l’accès aux visas humanitaires afin que les réfugiés syriens puissent accéder légalement et sans danger à l’UE. « Aujourd’hui, nous remarquons que l’entrée dans l’Union Européenne peut être extrêmement dangereuse et qu’un grand nombre de réfugiés s’en remettent à des trafiquants d’êtres humains ou risquent leur vie en mer », commente Anne Dussart, responsable du département Asile et Migration de Caritas International.

 

Pays voisins submergés

Une petite manifestation organisée au sud de la Syrie le 15 mars 2011 a marqué le début d’une crise qui a progressivement gagné tout le pays, puis toute la région. Avec pour conséquences, la mort de plus de 150.000 Syriens et l’exode massif d’une population exsangue au bout de 3 années d’un conflit impitoyable. Les pays voisins sont submergés : 1,1 million de personnes ont trouvé refuge au Liban, 700.000 en Turquie et 600.000 en Jordanie selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). En Europe pourtant, les 28 états membres ont, en 2013, à peine enregistré un peu plus de 50.000 demandes d’asile de ressortissants syriens. En Belgique, il s’agit de quelque 2.700 demandes depuis le début du conflit.

Remise de la pétition « Europe Act Now »

Au début de la conférence, Michael Diedring, secrétaire-général d’ECRE a remis la pétition de la campagne « Europe Act Now », signée par 20.000 personnes, à la représentante du cabinet de la présidence du Conseil européen. Caritas et ECRE ont rappelé leurs demandes à l’attention des dirigeants européens à savoir : un accès sûr à l’UE entre autre grâce à un assouplissement des conditions d’accès aux visas humanitaires ; la protection des réfugiés aux frontières de l’UE (pas de refoulements en mer) et la réunification des familles séparées à cause du conflit en cours.

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