Témoignages du Rwanda :« Parfois, nous n’avons juste rien à manger »

Caritas International Belgique Témoignages du Rwanda :« Parfois, nous n’avons juste rien à manger »

© Maggie Andresen/CRS - Blandine Mukamana vit à Kigali, la capitale du Rwanda. Pour elle, la vie s’est transformée en survie avec l’arrivée de la pandémie.

© Maggie Andresen/CRS - Blandine Mukamana vit à Kigali, la capitale du Rwanda. Pour elle, la vie s’est transformée en survie avec l’arrivée de la pandémie.

30/07/2020

Le coronavirus bouleverse des millions de vies à travers le monde. Le Rwanda ne fait pas exception. Les mesures visant à atténuer sa propagation sont loin d’être sans conséquences. L’accès à l’emploi est limité, et les revenus aussi. Sans revenus, se procurer de la nourriture devient mission impossible. Blandine, Jacqueline et Consolee habitent à Kigali. Pour vous, elles témoignent.

Blandine : sans travail, la faim s’installe

Blandine Mukamana, 38 ans et mère de trois enfants, vend des légumes. Au fil des semaines, elle a vu avec inquiétude son précieux stock de légumes diminuer. Les rentrées du foyer, c’est elle qui les gagne normalement. Avec le confinement, plus moyen de quitter son domicile et donc impossible de gagner sa vie. « Les enfants sont tout le temps à la maison, c’est difficile de leur donner suffisamment à manger. Leur père est au chômage à cause du confinement. Avant, il avait un travail payé au jour le jour. Ses revenus étaient déjà instables mais le confinement a aggravé la situation. Parfois, nous n’avons juste rien à manger. »

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Jacqueline  : un fonds de commerce vide

©Maggie Andresen/CRS – Jacqueline Ngiruwonsanga, 34 ans, dans son magasin de légumes, situé dans le village de Kuruhimib dans le district de Nyarugenge à Kigali.

Pour Jacqueline Ngiruwonsanga, le confinement a été synonyme de problèmes financiers. Avant l’arrivée du coronavirus, elle gagnait 1 à 2 € par jour, ce qui était suffisant pour faire vivre sa famille de quatre personnes. La situation de son commerce s’est vite compliquée : « J’avais très peu de stocks et très peu de bénéfices, que j’utilisais exclusivement pour mes enfants. Le nombre de clients a drastiquement diminué et le capital pour acheter de nouveaux légumes aussi puisque je devais l’utiliser pour les dépenses familiales ».

Consolee  : plus de bouches à nourrir

©Maggie Andresen/CRS – Consolee Ingabire, 43 ans, dans sa propre ferme avicole au village de Kigalifrom Nyartovu dans le district de Kicukiro à Kigali.

Ce fut également une période difficile pour Consolee Ingabire, 43 ans, qui élève des poulets. Elle gagne habituellement environ 1 $ par jour, avec un revenu mensuel supplémentaire d’environ 3 $ grâce à la vente d’œufs. « Pendant le confinement, les poulets n’ont pas pondu parce que je ne pouvais plus leur acheter de nourriture. J’ai perdu des revenus à cause de cela ».

A côté de ça, les six enfants de Consolee n’ont pas été autorisés à aller à l’école. « Avant, ils déjeunaient à l’école et certains restaient au pensionnat où ils recevaient tous leurs repas. Maintenant, ils vivent à la maison et je dois m’occuper de tous les repas, du petit déjeuner au dîner. Mes dépenses alimentaires ont fortement augmenté. »

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Semer l’espoir face au Corona

Des témoignages comme ceux de Blandine, Jacqueline et Consolee sont malheureusement devenu monnaie courante au Rwanda ainsi que dans de nombreux pays d’Afrique où la question de l’apport alimentaire est un problème. Mais elles ne perdent pas espoir : « J’ai de l’espoir qu’une fois que j’aurai à nouveau du stocks, je serai en mesure de tirer d’avantage de profit de mon commerce et de subvenir aux besoins de ma famille », partage Blandine.

Avec l’appui de son réseau mondial, Caritas International lutte contre la faim dans le monde. Au Soudan du Sud et en Ouganda, nous fournissons aux familles vulnérables des semences et du matériel. Dans d’autres pays comme le Rwanda, nous aidons les agriculteurs et agricultrices à subvenir à leurs besoins.

Combattez la faim avec nous, malgré le corona ! Soutenez nos actions via notre plateforme en ligne ou sur le compte BE88 0000 0000 4141.

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