L’agroécologie, l’avenir de nos systèmes alimentaires

Caritas International Belgique L’agroécologie, l’avenir de nos systèmes alimentaires

© Iles de Paix - Exemple ici d'un terrain exploité selon les principes de l'agroécologie : une réussite sur tous les niveaux !

© Iles de Paix - Exemple ici d'un terrain exploité selon les principes de l'agroécologie : une réussite sur tous les niveaux !

09/06/2020

De nombreux défis sociaux et environnementaux majeurs sont liés à la façon dont nous produisons, transformons et consommons les aliments. Plus d’un quart des émissions de gaz à effet de serre provient des systèmes alimentaires, qui sont également responsables de 80 % de la perte de biodiversité et de la déforestation. Malgré une production alimentaire abondante, la faim et la malnutrition dans le monde augmentent.

L’émergence d’épidémies comme celle du Covid-19 est liée par les scientifiques à la perte d’habitat et de biodiversité dans le monde entier. En outre, la pandémie menace de provoquer une crise alimentaire, d’une part en interrompant la production et les chaînes d’approvisionnement, et d’autre part en rendant impossible pour les personnes dont les revenus ont chuté l’accès à une alimentation adéquate.

A la traîne dans la transition agroécologique des systèmes alimentaires

Un récent rapport de l’UCLouvain[1] rédigé par Margot Vermeylen et Olivier De Schutter montre que l’agroécologie n’est pas une priorité pour la coopération belge au développement. Olivier De Schutter, professeur et rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, et ancien rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, explique : « Bien que la coopération belge investisse des sommes considérables dans le secteur agricole des pays en développement, peu d’argent est consacré au soutien de la nécessaire transformation agroécologique des systèmes alimentaires dans le Sud. »

L’étude elle-même parle d’une occasion manquée. Alors qu’il existe un consensus mondial croissant sur la nécessité de réformer les systèmes alimentaires pour atteindre les objectifs de développement durable, nous devons conclure que la Belgique est à la traîne. Seulement 16% du budget dédié à l’agriculture soutient l’agroécologie. C’est beaucoup trop peu.

La Coalition Contre la Faim[2] – dont Caritas International fait partie – demande donc à la Belgique de revoir profondément sa stratégie dans ce secteur et de faire de l’agroécologie une priorité pour l’agriculture et la sécurité alimentaire des pays du Sud[3]. Nous devons de toute urgence réformer nos systèmes alimentaires afin qu’ils deviennent plus résilients, socialement équitables et ne nuisent plus à la planète. Selon l’étude de l’UCLouvain, cela peut être fait en soutenant une transition agroécologique des systèmes alimentaires.

Pourquoi l'agroécologie ?

L’agroécologie applique des principes écologiques à l’agriculture afin d’optimiser les interactions entre les plantes, les animaux, les hommes et la nature, sans oublier les aspects sociaux pour rendre le système alimentaire durable et juste. L’agroécologie utilise les ressources et les connaissances disponibles localement et s’adapte très bien à la réalité de l’agriculture familiale des pays du Sud.

>>A LIRE AUSSI : L’agroécologie en réponse au changement climatique

L’agroécologie contribue ainsi à la réalisation de nombreux objectifs de développement durable. Elle permet d’augmenter la production agricole là où c’est nécessaire et contribue à lutter contre la faim, la malnutrition et la pauvreté dans les zones rurales. Elle permet également de lutter contre la dégradation de l’environnement, de réduire les gaz à effet de serre et d’adapter l’agriculture au changement climatique.

L'opportunité manquée de la coopération belge

Sur la base des données de l’étude scientifique, nous avons pu calculer que seulement 16% de l’argent dédié à l’agriculture va à des projets qui donnent la priorité à la transformation agroécologique des systèmes alimentaires. 39% du budget est consacré à des projets qui ne soutiennent pas du tout l’agroécologie. Il y a donc beaucoup de choses à améliorer. Si vous analysez les flux financiers en fonction des acteurs qui réalisent les projets, vous constatez que ce sont principalement les ONG et les instituts de recherche qui font la promotion de l’agroécologie (48%). Par contre, le gouvernement et les institutions multilatérales soutiennent encore majoritairement un modèle agricole aux conséquences sociales et environnementales désastreuses.

La Coalition Contre la Faim demande à la Belgique de faire de l’agroécologie une priorité pour les politiques de développement liées à l’agriculture et à la sécurité alimentaire des pays du Sud. La Coalition Contre la Faim appelle la Belgique à :

  • au minimum, doubler la part des projets qui soutiennent la transition agroécologique des systèmes alimentaires d’ici 2023
  • à devenir un leader dans la promotion de l’agroécologie au niveau européen et international.

#Yes2Agroecology et vous ?

Soutenez l’initiative #Yes2Agroecology en la partageant. Poussez la coopération belge à favoriser l’agroécologie dans les pays du Sud !

Note :

1

Margot Vermeylen & Olivier De Schutter (UCLouvain), THE SHARE OF AGROECOLOGY IN BELGIAN OFFICIAL DEVELOPMENT ASSISTANCE: AN OPPORTUNITY MISSED, Mars 2020.

2

La Coalition contre la Faim réunit une vingtaine d’ONG engagées sur la thématique de la sécurité alimentaire, en particulier dans le cadre des politiques de coopération au développement.

3

Pour ce faire, la Coalition Contre la Faim lance l’initiative #Yes2Agroecology : www.yes2agroecology.be.

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