En Syrie, le 15 mars marque un triste anniversaire

Caritas International Belgique En Syrie, le 15 mars marque un triste anniversaire

© Caritas Syria - Ici, les équipes de Caritas Syrie se rendent au domicile des personnes vulnérables mais ceci n'est pas toujours possible. Il s’agit d’un impératif juridique et moral de permettre à l’aide d’atteindre les personnes dans le besoin sans délai ni entrave.

© Caritas Syria - Ici, les équipes de Caritas Syrie se rendent au domicile des personnes vulnérables mais ceci n'est pas toujours possible. Il s’agit d’un impératif juridique et moral de permettre à l’aide d’atteindre les personnes dans le besoin sans délai ni entrave.

15/03/2021

Le 15 mars 2011, le soulevement populaire en Syrie marque le début d’une crise aux conséquences désastreuses pour la population. Aujourd’hui, 10 ans après, le pays est ravagé par l’effrondrement socio-économique et la pandémie du Covid-19. En plus d’être aux côtés des plus vulnérables frappés par le conflit, le réseau de Caritas lance un appel à l’Union européenne.

Depuis dix ans, la guerre en Syrie reste l’une des crises les plus complexes et les plus longues au niveau mondial. Cette situation résulte de la poursuite des hostilités dans des zones localisées, des déplacements continus et de l’érosion continue de la résilience des communautés. Les hostilités et l’insécurité se poursuivent, plus particulièrement dans le nord-ouest du pays, et donc génèrent de nouveaux déplacements de civils. Les bombardements ont contraint des centaines de milliers de personnes supplémentaires à se déplacer dans une tentative désespérée de trouver de la sécurité.

Le Covid aggrave une situation déjà désastreuse

Au total, on estime que 11,1 millions de personnes en Syrie ont besoin d’une forme d’aide humanitaire, dont 4,7 millions de personnes en situation de besoin aigu.[1] Les effets de la guerre continuent d’avoir un impact désastreux sur les Syrien-ne-s à travers le monde. Actuellement, près de 12 millions d’entre eux – la moitié de la population d’avant-guerre – sont déplacés à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie. Environ 6,2 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que quelque 5,6 millions de personnes réfugiées sont dispersées dans le monde entier, la majorité en Turquie, au Liban, en Jordanie, en Irak et en Égypte. Ces communautés ont souvent autant besoin d’aide que celles qui n’ont pas quitté la Syrie.

Les chocs économiques, associés à l’impact direct et indirect de Covid, risquent d’accroître encore le nombre de personnes dans le besoin. La pandémie a ajouté une pression énorme sur un système de santé qui était déjà à genoux. Les personnes particulièrement exposées sont les enfants, les femmes enceintes et allaitantes, les jeunes filles, les personnes handicapées, les personnes âgées et d’autres groupes ou individus ayant des besoins spécifiques ou des mécanismes d’adaptation diminués.

Les enfants, premières victimes de la guerre

Les enfants syriens n’ont connu que la guerre. Ils ont appris à se cacher au premier bruit des bombes, ils ont dit au revoir à leurs proches et amis contraints d’émigrer ou tués dans les combats. Mais surtout, ils risquent d’être privés de leur avenir. Fin 2019, on estimait que 2,45 millions d’enfants syriens, soit un sur trois, n’étaient pas scolarisés – souvent depuis de nombreuses années déjà.

La crise du Covid a poussé 50 % d’enfants supplémentaires hors du système éducatif, si bien que deux tiers des enfants ne vont pas à l’école et risquent de tomber dans le piège du travail des enfants.

Les défis pour fournir une aide essentielle

La complexité et l’impact des mesures coercitives unilatérales imposées à la Syrie ont exacerbé la situation en entravant sérieusement la capacité des ONG et des organisations confessionnelles à fournir une aide essentielle et à contribuer à un redressement équitable.

Tout en reconnaissant que toutes les parties au conflit portent la responsabilité de la souffrance de la population syrienne, les sanctions actuelles imposées à la Syrie affectent l’ensemble de la population en limitant son accès aux besoins et services de base. L’importation de certains articles humanitaires devient de plus en plus difficile.

Il s’agit d’un impératif juridique et moral de permettre à l’aide d’atteindre les personnes dans le besoin sans délai ni entrave, en particulier dans le contexte actuel de la pandémie du Covid, et d’atténuer l’impact social et économique sur les populations civiles.

Que faut-il faire ?

Caritas demande à l’Union européenne de :

  • Supprimer les sanctions qui empêchent la population syrienne d’accéder aux besoins et aux services de base, aux fournitures sanitaires essentielles, y compris l’accès aux vaccins et aux traitements Covid-19, et qui empêchent la reconstruction des infrastructures de base détruites par le conflit en cours.
  • S’attaquer de toute urgence aux conséquences involontaires des sanctions et autres mesures restrictives qui entravent l’accès effectif à la population et l’acheminement de l’aide en mettant en place des exceptions humanitaires efficaces et transparentes.
  • Financer des interventions destinées à sortir les familles de la pauvreté. Le manque d’accès à l’éducation des enfants syriens risque d’avoir un impact dévastateur sur l’avenir du pays. Le secteur de l’éducation a un besoin urgent de ressources. Dans le contexte actuel, les ONG ont démontré qu’elles peuvent être des partenaires efficaces et fiables pour mettre en œuvre de tels programmes ciblant les plus démunis.

 


Cet article est écrit dans le cadre du projet MIND qui reçoit le soutien financier du programme de l’Union européenne pour la sensibilisation et l’éducation au développement (DEAR). Ce contenu relève de la responsabilité de Caritas International, et ne reflète pas nécessairement la position de l’Union européenne. 

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Note :

1

OCHA, About OCHA Syria, consutlé le 15/03/2021.

 

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