Ces femmes qui tiennent tête à la malnutrition au Niger !

Caritas International Belgique Ces femmes qui tiennent tête à la malnutrition au Niger !
Caritas International Belgique Ces femmes qui tiennent tête à la malnutrition au Niger !
Caritas International Belgique Ces femmes qui tiennent tête à la malnutrition au Niger !

© Isabel Corthier - Mariama, Adiza, Ouma

© Isabel Corthier - Mariama, Adiza, Ouma

17/09/2018

En entrant dans les villages du Niger, le décor est chaque fois le même : une pauvreté extrême, sous une chaleur écrasante, au cœur d’un paysage aride. Presque tous les hommes sont partis. Ils ont quitté leur foyer à la recherche d’un travail en ville, loin de chez eux, et souvent pour longtemps. Conséquence ? Les femmes se retrouvent seules à lutter contre la malnutrition et la pauvreté. Rencontres avec celles qui, courageusement, tiennent tête à la malnutrition !

Mariama – Vivre grâce aux chèvres données par Caritas 

Mariama vit dans le village Touareg de Toudoun Kémila, village isolé de tout dont l’accès nécessite des heures de voiture à travers le désert.

« Aucun projet n’est jamais venu jusqu’ici », affirme Mariama. « Ce programme de Caritas, c’est la première aide que nous recevons. Le projet nous a apporté 60 chèvres et 4 boucs. Trente femmes ont reçu 2 chèvres qu’elles doivent nourrir et dont elles doivent s’occuper pendant 2 ans. Après la mise à bas, la femme peut garder les petits et après deux ans, les 2 chèvres “d’origine ” vont à une autre femme. » Une chaine de solidarité a alors été lancée !

« Nous sommes contentes. Avant, nous n’avions pas d’animaux. Aujourd’hui, on peut utiliser leur lait. Même pour les nouveaux-nés dont les mamans n’arrivent pas à allaiter de suite… Ca complète le lait maternel. » 

Adiza - Les femmes « relais », transmettre les gestes qui sauvent 

Adiza Adou est ce qu’on appelle une femme « relais » dans le village de Kafi. Sa mission? Prévenir la malnutrition en organisant des formations mais aussi en se rendant à domicile, chez les femmes qui allaitent, qui ont de jeunes enfants ou qui sont enceintes. Avec son carnet rempli d’illustrations, elle explique quels sont les signes avant-coureurs de la malnutrition. Elle apprend aux autres les gestes simples pour une meilleure hygiène et promeut l’allaitement exclusif jusque 6 mois.

« Il faut montrer l’utilité et l’importance de l’allaitement exclusif : les bébés qui ont reçu 6 mois exclusifs d’allaitement se portent beaucoup mieux et sont plus robustes », explique Adiza. « Il faut aussi expliquer aux mamans qu’elles doivent allaiter dès le jour de la naissance, au plus vite après l’accouchement. » Adiza a, elle-même, 5 enfants : âgés de 14 à 2 ans. Sa petite dernière ne quitte pas ses genoux. Elle réclame le sein et s’endort sous une chaleur intense, malgré l’ombre de l’arbre sous lequel les femmes se sont installées.

Ouma - Sortir de la grâce à l’éducation et la formation à divers métiers 

« Avant ce projet, les femmes étaient par terre comme des tiges. Nous méconnaissions beaucoup de choses. Les hommes aussi d’ailleurs », plaisante Ouma Kouré, présidente du centre du foyer d’Adjekoria. Ouma, 57 ans et 3 enfants, enseigne et coordonne les cours d’alphabétisation, de couture, de tricot, de transformation des cacahuètes en huile et les cours de sensibilisation à l’hygiène et à la santé au planning familial. L’objectif du foyer ? « Renforcer ces femmes et créer des activités génératrices de revenus », explique encore Ouma.

Au tableau dans la grande classe de cours, le programme d’hier. Une jeune femme – règle en main – récite des déclinaisons en haoussa: « ni no na nei ». Tac tac tac, la règle suit son rythme. Les bancs sont bondés. La classe compte plus de 50 jeunes femmes.

« Avant, nous étions aveugles », continue Ouma. « Sur beaucoup de plans, il y a eu des changements. Entre autres, sur le plan des revenus. Grâce aux formations ici, nous savons mieux subvenir à nos besoins. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin de quémander aux voisins de quoi manger.  Même pour les villages environnants, c’est un plus ! Parce que les femmes formées ici transmettent des connaissances. Mis à part les aléas climatiques, j’entrevois un avenir meilleur et mes petits-enfants pourront aussi en bénéficier. » (…) « Le foyer fait ma fierté. Je souhaite que toutes les femmes puissent faire l’expérience d’une telle fierté! » 

Le point commun entre ces femmes ? 

Le programme EMMO (‘Empowerment in a world on the move’ ou ‘Empowerment dans un monde en mouvement’). Il développe des projets en Belgique, en RD Congo, au Rwanda, au Burundi, au Niger, en Ethiopie et en Haïti. Au Niger, c’est ce programme qui permet de développer toutes les activités explicitées dans cet article.

Au cœur du programme ? L’empowerment. Qui signifie un renforcement des capacités matérielles et organisationnelles des personnes et des communautés afin de permettre aux gens dans le Sud d’améliorer durablement leurs conditions de vie.

EMMO a vu le jour grâce au soutien financier de la Direction générale Coopération au Développement et Aide humanitaire (DGD). Toutefois, les besoins sont énormes et les moyens manquent. En ce moment, le Niger souffre d’une pénurie alimentaire qui prend des proportions dramatiques. Vous pouvez aider ! Votre aide a un impact sur la vie de femmes comme Mariama, Adiza et Ouma. Faites un don aujourd’hui encore.

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