Leur cœur bat pour les personnes vulnérables : « Nous les aidons à se faire entendre »

Caritas International Belgique Leur cœur bat pour les personnes vulnérables : « Nous les aidons à se faire entendre »

© Caritas International – L’équipe de Mortsel au grand complet. Lieselot, Rein, Catherine et Jasmien (de gauche à droite) consacrent toute leur énergie à aider les personnes les plus vulnérables.

© Caritas International – L’équipe de Mortsel au grand complet. Lieselot, Rein, Catherine et Jasmien (de gauche à droite) consacrent toute leur énergie à aider les personnes les plus vulnérables.

30/03/2021

Situé dans un quartier tranquille de Mortsel, près d’Anvers, cet immeuble à appartements ne se distingue en rien de ceux qui l’entourent. Il abrite pourtant des destinées très particulières : des personnes réfugiées à la santé fragile sont hébergées ici le temps de trouver leur chemin vers l’autonomie. Elles y bénéficient d’un encadrement adapté. Rencontre dans un lieu rempli d’amour et de chaleur, avec Catherine Van den Dries (coach d’intégration) et Lieselot Mermans (infirmière).

Les réfugiés et réfugiées qui reçoivent un permis de séjour en Belgique doivent quitter les structures d’accueil et trouver leur propre logement. Mais ce n’est pas évident pour tout le monde. « Dans cet immeuble, nous avons dix appartement de transit pour des personnes vulnérables qui ont besoin d’un soutien en raison de leur état de santé physique et/ou mental », explique Lieselot Mermans, l’infirmière de l’équipe Caritas à Mortsel. « Elles peuvent rester ici pendant six mois.[1] Durant cette période, nous cherchons ensemble un logement adapté et mettons en place un cadre de soutien, entre autres pour les aspects médicaux. »

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Plusieurs expertises réunies sous un même toit

« Lieselot est en charge du volet médical. Moi, je suis coach d’intégration », précise Catherine Van den Dries. « Ma fonction est variée. Je m’occupe de choses pratiques comme les documents liés au séjour, la mutualité ou l’ouverture d’un compte bancaire. Mais j’aide aussi les personnes à développer un réseau social, à identifier des activités qui les intéressent ou à chercher un travail. »

Lieselot raconte en quoi consiste son travail : « Etant infirmière de formation, je m’intéresse au dossier médical des personnes accueillies. Parfois, aucun diagnostic n’a encore été posé et il faut identifier d’où viennent leurs problèmes de santé. Dans d’autres cas, il s’agit plutôt d’étudier ensemble quels dispositifs, soins ou médicaments sont nécessaires pour les traiter au mieux. »

L’équipe peut compter sur une seconde coach d’intégration, Jasmien de Proost, et sur sa coordinatrice Rein Mets. Elle s’appuie également sur un réseau local de soins. « Depuis le début du projet il y a trois ans, nous collaborons avec une infirmière à domicile et un kinésithérapeute. Pour les autres prestations spécialisées, cela dépend des besoins de chaque résident-e », explique Lieselot. Catherine ajoute : « Parfois, nous devons trouver des solutions créatives. Nous sommes confrontés à des problématiques diverses, dont certaines nécessitent une prise en charge très spécifique. Les listes d’attente auprès des spécialistes sont longues. Et comme nous devons agir vite, nous faisons alors appel à notre réseau local. »

Chaque progrès est l’occasion de se réjouir

Construire sa vie en Belgique passe par l’apprentissage de la langue, le fait de suivre une formation ou encore la recherche d’un emploi. Pour les personnes réfugiées accueillies à Mortsel, ce processus est un peu particulier. Catherine : « Quand nous évoquons le parcours d’intégration des personnes accompagnées ici, nous y ajoutons toujours un mot important : ‘adapté’. Ces personnes sont particulièrement vulnérables et nous cherchons donc pour elles un logement ‘adapté’, ou encore un emploi et des loisirs ‘adaptés’ ».

« Un patient sous dialyse a vécu récemment ici », ajoute par exemple Lieselot. « Nous nous sommes donc mis avec lui à la recherche d’une unité de vie palliative située près d’un hôpital où il pourrait faire ses dialyses ». Chaque personne encadrée par l’équipe de Catherine et Lieselot bénéficie ainsi d’un accompagnement sur mesure.

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©Isabel Corthier – Mamadou était l’un des résidents de la structure d’accueil de Mortsel (2018).

« Les résident-e-s font face à de lourds problèmes de santé. L’accompagnement démarre donc par des avancées à première vue anodines : apprendre à manger avec une fourchette, aller à la toilette, prendre soin de son hygiène personnelle… Certain-e-s n’ont jamais appris ces choses-là. » explique Lieselot. « Parfois l’impossible se produit et c’est formidable », s’enthousiasme Catherine. « Comme cette résidente qui souffre d’un retard mental et qui a fait d’énormes progrès en néerlandais ».

Catherine évoque avec conviction les autres aspects de sa fonction : « Nous faisons entendre leur voix. Bien que nous vivions dans une société diversifiée, notre groupe cible reste inconnu ou mal aimé. Je ressens comme une nécessité de parler en leur nom ». Lieselot abonde dans son sens : « Je veux faire en sorte qu’ils et elles obtiennent ce à quoi ils et elles ont droit. Cela vaut chez le médecin, chez le spécialiste, mais aussi en rue auprès de monsieur et madame tout le monde. »

Prendre de la distance pour favoriser l’autonomie

Prendre de la distance est également important. L’objectif d’un logement de transition comme celui de Mortsel est d’accompagner les résident-e-s vers une vie indépendante. L’équipe d’encadrement leur fournit des outils pour se construire un avenir stable. « La règle d’or est la suivante : quand nous ne serons plus à leurs côtés, ils et elles doivent être capables de le faire aussi », explique Lieselot. « Parfois, cela va plus vite de faire les choses à leur place, mais on passe alors à côté de l’objectif », complète Catherine.

L’équipe de Mortsel peut être créative quand il le faut. Catherine évoque un résident qui présentait des symptômes depuis des années, sans avoir reçu de diagnostic clair. « Lieselot a reconstitué le puzzle et il s’est avéré que ce monsieur souffrait de diabète. » « Il a également un handicap mental », complète Lieselot. « J’ai donc imaginé un jeu éducatif illustré pour lui expliquer ce qu’il peut et ne peut pas manger. »

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« Nous rendons l’impensable possible, cela me donne beaucoup de satisfaction », conclut Catherine. « Et nous le faisons avec les habitant-e-s », ajoute Lieselot. « C’est magnifique de voir comment ils et elles se soutiennent et prennent soin les un-e-s des autres, même lorsque nous en sommes pas présentes. »

Note :

1

La durée maximale d’un séjour dans la structure d’accueil de Mortsel est de six mois. Les personnes qui le souhaitent peuvent quitter la structure plus rapidement. Dans certains cas exceptionnels, leur séjour peut également être prolongé.

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