La migration dans l’Agenda 2030

Caritas International Belgique La migration dans l’Agenda 2030
03/07/2018

Les objectifs de développement durable nous servent de guide pour atteindre un monde où tout le monde aurait un chez-soi. La migration est intrinsèquement liée à ces objectifs. Comment ? On vous l’explique.

Avec les 192 États membres des Nations Unies, la Belgique s’est engagée à mettre en œuvre l’Agenda 2030 pour le développement durable. Celui-ci contient 17 objectifs – les objectifs de développement durable (ODD) – à atteindre d’ici 2030. Ils mettent en lien le développement social, économique et environnemental.

À première vue, la migration ne semble apparaitre dans aucun de ces objectifs. Serait-ce un oubli ? En réalité, non. Une lecture plus approfondie montre qu’elle y est bien présente.

La migration pour lutter contre la pauvreté ?

La migration est le résultat de plusieurs facteurs – dont notamment le niveau de développement du pays d’origine. En même temps, la migration a elle-même un impact sur le développement puisqu’elle stimule le développement et les investissements tant dans le pays d’origine, de transit que celui de destination. Elle diminue ainsi les inégalités entre les pays puisqu’elle est un moyen puissant de réduction de la pauvreté non seulement pour les migrants eux-mêmes, mais aussi pour leur famille et leur réseau. Mais, cet impact ne se fait pas automatiquement.

Migration et le développement durable : c’est complexe

L’Agenda 2030 et les ODD permettent de mieux comprendre ce lien entre migration et développement. Bien qu’aucun ODD ne se focalise spécifiquement sur  la migration, celle-ci y est reconnue comme un facteur important pouvant contribuer au développement et à la réduction de la pauvreté.

Les ODDs suivants abordent la relation entre développement durable et migration:

  • L’objectif 8 renvoie à la contribution de la migration de travail à la croissance économique tout en mettant l’accent sur le travail décent.
  • L’objectif 16 évoque la problématique de la traite des êtres humains – un point essentiel pour la construction d’un monde durable.
  • L’objectif 10 appelle à une diminution des coûts de transactions pour les remises migratoires.
  • Le sous-objectif 10.7 appelle à une facilitation de la migration sûre, régulière et responsable et à la mise en œuvre d’une politique migratoire bien gérée. Ce point constitue la pierre angulaire de la migration dans l’Agenda 2030.

La migration est ce qu'on en fait

Comment assurer que la migration permette plus de développement, et ainsi participe à la réalisation de l’Agenda 2030 ?  A quoi ressemblerait une politique migratoire bien gérée ? Est-ce que une logique économique du développement n’est pas inconciliable avec un phénomène naturel comme la migration ?

Tout d’abord, la croissance économique ne peut jamais être un but à elle seule – nous défendons plutôt un développement intégral humain qui permet de penser au-delà des considérations économiques.

Outre l’apport économique, la migration affecte également les aspects sociaux et culturels. La migration amène à la  rencontre, notamment de personnes et de cultures qui ne se connaissent pas toujours.

Les décideurs n’ont pas souvent le courage de tirer profit de cette réalité et de s’attaquer aux réels défis que peuvent provoquer cette rencontre. Nous y reviendrons les prochaines semaines.

Une approche holistique

La manière dont les politiques de développement sont planifiées est aussi importante que le développement en tant que tel. Lorsque la migration est analysée uniquement à travers des lunettes économiques,  nous renforçons des oppositions obsolètes : oppositions telles que pays donateur versus pays bénéficiaire, pays d’origine versus pays hôte.

La migration ne peut plus être considérée simplement comme un mouvement entre deux endroits. Cela n’a jamais été le cas. La migration est complexe. Entre village, ville, région, pays, point A et village, ville, région, pays, point B, il y a souvent des dizaines d’autres villages, villes, régions, pays, points.

L’Agenda 2030 nous offre l’opportunité de raconter cette histoire de manière nuancée et d’approcher de manière plus juste la migration, le développement et la politique. Il nous permet de normaliser la migration sans pour autant la romantiser.

Note :

[1]

ONU, « Making Migration Work for All », rapport du Secrétaire général des Nations Unies lors de l’Assemblée Générale, décembre 2017.

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