Une bourse d’étude pour des jeunes réfugiés du Soudan du Sud

Caritas International Belgique Une bourse d’étude pour des jeunes réfugiés du Soudan du Sud
Caritas International Belgique Une bourse d’étude pour des jeunes réfugiés du Soudan du Sud

© Caritas International - Les étudiants sélectionnés ont réussi brillamment l'examen de l'Etat et ce, malgré les mauvaises conditions d'apprentissage des camps de réfugiés.

© Caritas International - Les étudiants sélectionnés ont réussi brillamment l'examen de l'Etat et ce, malgré les mauvaises conditions d'apprentissage des camps de réfugiés.

15/04/2018

Avec des classes de plus de 100 élèves pour un enseignant, quelques bancs d’école et tout aussi peu de matériel didactique, intelligence et motivation ne peuvent être les seules clefs de la réussite pour les jeunes des camps de réfugiés en Ouganda. Avec le soutien d’une bourse d’étude de Caritas, 32 étudiants des camps de Bidi Bidi et d’Imvepi quittent ces classes surpeuplées pour aller dans les meilleures écoles de mathématiques et de sciences d’Ouganda.

« Nous étions tous tellement heureux que nous avons même commencé à danser. », explique Stella Samson, 15 ans, soudanaise du Sud. Le moment où elle a appris qu’elle avait été sélectionnée pour une bourse d’étude de Caritas, est gravé à tout jamais dans sa mémoire. « J’aimerais avoir des ailes pour vite rentrer à la maison et le dire à ma mère. »

Travailler dur pour le futur

Stella est l’une des 32 meilleures élèves des camps de réfugiées qui suivront maintenant des cours dans l’une des écoles de renom du Nil occidental en Ouganda. Là-bas, ces jeunes écoliers pourront développer leurs talents et acquérir les connaissances et compétences nécessaires afin de contribuer, plus tard, à la reconstruction du Soudan du Sud.

Avant de recevoir la bourse, Stella allait à l’école dans le camp de réfugiés de Bidi Bidi. Là, le nombre d’élèves par classe varie entre 120 et 150 élèves. Elle se levait à cinq heures du matin pour contribuer aux tâches ménagères avant de partir pour l’école. Maintenant, elle est dans un pensionnat à l’école secondaire de Mvara à Arua. « L’école ici est différente. Nous avons le temps d’étudier et d’aller à la bibliothèque. Si vous ne savez pas quelque chose, vous allez le chercher. »

Aussi pour Patrick Gama, 15 ans, il y a une grande différence dans la vie scolaire avant et après la bourse. « Nous avions moins de cours à Bidi Bidi. Ici nous en avons beaucoup plus, comme les finances personnelles, l’informatique, la musique et même le français. »

Du camp de réfugiés à l'internat

Les étudiants sélectionnés étaient tous et toutes les meilleurs de leur classe dans le camp de réfugiés. Ils suivent maintenant des cours dans des classes de 50 à 60 élèves. Ils sont tous à l’internat. Ils restent en contact avec leurs familles dans les camps de réfugiés via un téléphone confié à un enseignant. Les élèves doivent payer leurs propres minutes d’appel, de sorte que le contact avec la famille est limité. Mais cela leur convient tout à fait.

« Dans ma famille tout le monde a été impressionné par la bourse, et très heureux. Ils n’ont jamais pensé que quelque chose de bien pouvait arriver. Mon tuteur m’a dit que c’est une grande opportunité que je ne peux pas laisser passer et pour laquelle je dois me battre », explique Lukudu Santo. Il a 14 ans et a reçu une bourse pour l’école secondaire Ombachi Boys. Il est maintenant en première secondaire.

L'école pour un réaliser leur plein potentiel

Dans le monde, seulement 23 % des enfants réfugiés atteignent l’école secondaire1. Malgré la politique hospitalière de l’Ouganda2, les jeunes réfugiés font face à de grandes difficultés dans ce pays. Moins de 10 % des réfugiés vont à l’école secondaire.

Cependant, chaque année supplémentaire d’enseignement pour un enfant réfugié en Ouganda augmente son revenu futur de 3 %1. Plus les réfugiés suivent une éducation de qualité, plus ils acquièrent des connaissances et des compétences pour mener une vie productive. Ils apprennent à faire confiance à leurs propres capacités et à défendre leurs droits.

Avec les bourses d’étude, Caritas, en collaboration avec le diocèse d’Arua, veut permettre aux élèves de réaliser leur potentiel. Stella Samson en est parfaitement consciente : « J’ai dit à ma mère que j’avais eu une chance en or. » Une chance dont tous les étudiants boursiers s’emparent à deux mains.

Note :

1

UNHCR, Left Behind: Refugee education in crisis,  consulté le 04/04/2018.

2

Le pays a accueilli plus d’un million de réfugiés du Soudan du Sud depuis 2017. Ils reçoivent une parcelle de terre et l’accès aux services publics tels que l’éducation.

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