Atelier collectif pour syriens réinstallés : “Nous devons nous respecter les uns les autres”

Caritas International Belgique Atelier collectif pour syriens réinstallés : “Nous devons nous respecter les uns les autres”

© Fedasil

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29/06/2018

Que pensent les syrien-ne-s venant d’arriver en Belgique ? De quoi sont-elles fières ? Qu’est ce qui change ? Et surtout, qu’est ce qui nous lie ? La dernière question va droit au but : « Hier j’ai senti que je devais, moi aussi, soutenir l’équipe de football belge. La joie des belges est devenue notre joie, celle des syriens. » 

Dans le cadre du projet Peer2Peer, des ateliers collectifs et interactifs sont organisés pour les syrien-ne-s arrivé-e-s dans le cadre du programme de réinstallation. Ces personnes ont déjà fui leur pays pour se réfugier dans un pays limitrophe où elles vivaient dans des situations précaires. Sur base de leur vulnérabilité, elles ont été sélectionnées pour venir en Belgique.

Parler avec des expert-e-s d’expérience

Une vingtaine de personnes sont venues à l’atelier d’aujourd’hui. Parmi elles, 3 personnes ambassadrices du projet, arrivées également via la réinstallation. Lond Al Souki est l’une d’elles : « Je suis arrivée le 20 avril 2016, sans mon mari mais avec les enfants », raconte-t-elle. « Je sais ce qu’on ressent, je sais ce que ça fait d’être nouveau ici : le choc culturel, la langue qu’on ne comprend pas, trouver son chemin… Au début, c’était tellement difficile ! Aujourd’hui, je veux partager mon expérience avec les nouveaux venus. » L’atelier aujourd’hui est la seconde session collective pour ce groupe. « Les participants m’ont dit qu’ils se sentent plus positifs après le premier atelier », sourit Lond.

Le focus d’aujourd’hui ? Les normes et valeurs en Syrie et en Belgique. « Je suis fière des traditions syriennes, de la vie sociale et des liens familiaux forts que nous avons », dit Maher*. « En Syrie, j’avais un emploi dont j’étais fier. Nous voulons être autonomes ici, ne pas parasiter les autres », complète Achraf*. Lorsqu’un groupe de jeunes entre dans la salle, Hamza* déclare, hilare : « En Syrie non plus, nous ne sommes jamais à l’heure ». De nombreux rires s’en suivent.

Collègues et voisinage

Les différences et ressemblances entres les pays sont abordées grâce à des jeux de rôles. Deux collègues en Belgique et en Syrie discutent des mêmes thématiques mais les hommes et femmes semblent se saluer de façon bien plus réservée en Syrie.

Les différences dans la manière de se comporter avec son voisinage sont plus grandes : « En Syrie, c’est une honte de laisser passer son voisin sans lui offrir quelque chose. » Laurens, assistant social pour Caritas, explique qu’en Belgique, l’habitude est de d’abord fixer un rendez-vous avant de passer chez ses voisin-ne-s. De nombreuses personnes présentes reconnaissent la situation, mais pas toutes… « Lorsque je venais d’emménager, mes voisins sont passés », explique Mariam*. « Je passe chez eux aussi. Je pense que certains belges peuvent aussi un peu changer leurs habitudes. »

Valeurs partagées

L’une des personnes qui a pris le rôle d’ambassadeur pointe l’importante de la rencontre avec les belges. « Nous devons prendre l’initiative et osez parler de sujets divers, renforcer les liens. » Nombreux sont ceux qui acquiescent : « On fera ça ! On a déjà l’habitude. » 

De nombreux sujets sont abordés. Chacun a envie d’en parler. S’il y a beaucoup de différences, les ressemblances et sujets importants sont à pointer : son chez-soi, la sécurité, la nourriture, boire un verre, les amis, la famille… « Ma mère biologique est la Syrie », dit Selda*. « Mais la Belgique est la mère qui m’a adoptée. » 

Note :

*

Les noms ont été changés afin de garantir l’anonymat des témoins.

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