Atelier « choc culturel » : « ma famille me manque »

Caritas International  Atelier « choc culturel » : « ma famille me manque »
06/02/2017

Ils sont 75 Syriens rassemblés aujourd’hui dans une salle du Paniofabriek. Ils viennent de Wallonie, Flandre et Bruxelles et font partie du programme de réinstallation. Aujourd’hui, ils participent à 2 ateliers organisés par Caritas International. Le premier traite de la recherche d’un logement. Le second est un échange sur la vie en Belgique. Reportage.

« Voici la courbe du choc culturel », explique Else, coach intégration chez Caritas International, en montrant un schéma qui synthétise les émotions vécues suite à une réinstallation. Elle ouvre l’atelier d’échange sur la vie en Belgique.

« Le but est de conscientiser les personnes présentes aujourd’hui à cette réalité émotionnelle », commente encore Else. « Tout ne sera pas facile. L’autre aspect, c’est l’échange. Ils ne sont pas les seuls à vivre ces difficultés. »

Témoignages

Premier exercice pour les participants : nommer une chose en Belgique qui les rends heureux et une qu’ils trouvent compliquée. « Je suis fâché », commente un participant. « Ma famille est encore en Syrie et moi, je suis ici. Ils me manquent. » Un autre enchaîne : « moi, une partie de ma famille est ici. C’est plus facile. Mais la famille de ma femme lui manque beaucoup. Chez nous, la famille, c’est très important. » Une tierce personne, un homme, plus sûre de lui essaye : « nous, ils nous manquent tant et en Grande-Bretagne les familles sont rassemblées beaucoup plus vite. Pourquoi pas en Belgique ? » Else intervient. Et explique que les législations en matière de regroupement familial ne sont pas unifiées au sein de l’Union Européenne.

Reconnaissants

Parmi ce qui les rend heureux, de nombreux Syriens pointent : la sécurité, pas besoin de se cacher ni de craindre les bombes. Ou encore : « ici, les relations avec les gens sont bien. » « Mon voisin m’aide à trouver un emploi », ajoute un autre. Mais rapidement, les difficultés reprennent le dessus : les loyers qui sont si chers, le manque de contacts avec la communauté belge, les différentes coutumes,… « Ma fille ne veut pas aller nager avec sa classe », raconte un père, visiblement dépassé par cette nouvelle réalité. « Elle ne veut pas se montrer en maillot. Pourquoi ne peut-elle pas porter un burkini ? » La encore Else intervient. Comprends. « Il est important qu’elle puisse en parler. En classe. A l’école. Mais aussi à la maison. Qu’elle ne reste pas seule avec ses émotions. »

Un peu plus loin, dans l’autre atelier, les Syriens découvrent les clés et astuces de la recherche d’un logement. Comment chercher ? Quel loyer est abordable ? Comment se présenter à un propriétaire ?… Les Syriens qui font partie du programme de réinstallations sont accueillis pour une période de 6 mois par un CPAS belge. Ensuite, ils doivent se débrouiller pour trouver un logement. Caritas International les soutient et les accompagne dans cette démarche.

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