Ils sont venus de loin

Caritas International Ils sont venus de loin
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Caritas International Ils sont venus de loin
18/03/2016

Ils sont venus de loin. Anvers. Liège. Namur. Ils ont donc dû prendre le train tôt pour arriver à l’heure à Bruxelles. Certains se connaissaient un peu, d’autres pas du tout. Certains avaient prévenus qu’ils ne savaient pas jouer d’instrument du tout, d’autres savaient un peu. Vingt-cinq jeunes sans aucune connaissance instrumentale qui, le temps d’une journée, forment un orchestre ? Et donnent un premier concert ? C’est possible ! Et c’était fantastique à voir. Et à faire.

Le groupe était composé de 15 réfugiés mineurs et de 10 étudiants de l’International School of Brussels. Tous viennent de loin. Congo, Australie, Irak, Etats-Unis, Afghanistan, Allemagne, Iran. Tous savent ce que c’est de grandir dans un autre pays, à l’étranger. Et ce n’est pas toujours évident. Surtout s’il faut, comme les mineurs étrangers non-accompagnés, se débrouiller seul, sans famille sur laquelle compter.

Le centre culturel de Laeken, la Maison de la Création, où nous nous réunissons aujourd’hui pour jouer, renferme un formidable trésor : un local rempli d’instruments de musique. Nous avions l’embarras du choix. Des trombones, une batterie, une flûte, des guitares, un orgue, un triangle, des trompettes, un cajón.

Les premières notes de la journée retentirent, hésitantes. N’ayons pas peur des mots, c’était un beau chaos, mais un chaos amusant.

Les réfugiés mineurs, une fois reconnus, peuvent se tourner vers plusieurs personnes pour poser leurs questions administratives, mais bien souvent ce contact reste formel. Les jeunent se retrouvent alors en proie à l’isolement et à la solitude. Dans une telle situation, le contact avec d’autres personnes est généralement compliqué. Et pourtant si crucial : pour pouvoir raconter sa journée, pour partager des idées sur les différentes manières de se faire des amis en Belgique, pour sortir. Pour parvenir à maitriser parfaitement la nouvelle langue.

La langue d’aujourd’hui, c’est la musique. Le chef d’orchestre, Baudouin de Jaer (One Day Orchestra) manie bien cette langue. Il lance un clin d’œil à gauche, une poignée de main à droit, il joue du violon, harmonise les notes des jeunes réfugiés avec celles des étudiants de l’International School.

Souvent, les mineurs étrangers non-accompagnés ont peu d’amis : ils rencontrent quelques personnes parlant une autre langue dans les centres ou dans l’enseignement réservé aux jeunes non-néerlandophones/francophones ; ils ont donc peu de contact avec des jeunes belges de leur âge, avec qui ils peuvent pratiquer leur apprentissage du néerlandais ou du français. Et lorsqu’ils rencontrent ces jeunes, la langue reste un obstacle.

C’est pourquoi Caritas International continue d’essayer de rassembler ces jeunes. Nous organisons ces rendez-vous une à deux fois par mois. Sport, cuisine ou sorties culturelles. Avec des jeunes d’une même génération, mais aux expériences bien différentes – qu’elles soient belges ou internationales. L’un vient de Guinée, l’autre d’Angleterre. Ainsi, les jeunes qui n’ont jamais, ou que très peu, eu de contact avec des jeunes réfugiés ont la chance de les rencontrer dans un contexte où questionnement et incompréhension peuvent être encadrés par un coach de Caritas International. En bref, un partage d’expériences, d’histoires… et de musique.

Devant le public curieux, durant le concert privé, les jeunes vibraient ensemble au rythme du chef d’orchestre. Par enchantement, le chaos et l’incertitude se sont transformés ce jour-là en symphonie.

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