Ebola au Congo : défis et réponse

Caritas International Belgique Ebola au Congo : défis et réponse
Caritas International Belgique Ebola au Congo : défis et réponse

© Caritas Internationalis

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25/07/2019

Depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en août de l’année dernière, plus de 2.500 personnes ont été infectées par le virus en RD Congo et plus de 1.700 victimes sont décédées. Le conflit armé qui secoue la région, rend difficile la lutte contre cette épidémie. Impliquer la population dans les mesures de prévention représente aussi un défi majeur. L’ancrage local du réseau Caritas est donc crucial.

Il s’agit déjà de la dixième épidémie qui frappe le pays depuis le diagnostic du premier cas d’Ebola, en 1976. L’épidémie actuelle est la plus meurtrière que le Congo ait connue et l’urgence de santé publique de portée internationale a été déclaré par l’Organisation mondiale de la Santé le 17 juillet dernier.

Epidémie et conflit armé

L’épicentre de l’épidémie est situé à Beni, à l’est du Congo. Divers groupes armés y causent des troubles depuis de nombreuses années et cela n’a pas encore cessé à ce jour. Des centres de traitement du virus Ebola ont déjà été attaqués et un expert de l’OMS y a perdu la vie.

L’OMS a décidé de déclarer l’état d’urgence lorsque deux cas d’infection par le virus Ebola ont été diagnostiqués, l’un de l’autre côté de la frontière en Ouganda, l’autre dans la métropole de Goma, située à la frontière avec le Rwanda. Jusqu’ici, il a été possible d’empêcher la propagation de l’épidémie. « La réponse a été immédiate et toute personne ayant été en contact avec la personne infectée a été vaccinée et est désormais suivie », explique Emmanuel Bofoe, responsable pour la riposte Ebola chez Caritas Congo. « Nous sommes actuellement particulièrement préoccupés par un cas d’Ebola diagnostiqué à Ariwara, à 600 km de Beni, à la frontière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, où une guerre civile est toujours en cours

Une maladie incomprise

L’un des problèmes majeurs est qu’une partie de la population s’interroge sur cette maladie. « Les gens se posent des question sur l’attention et les moyens que suscite le virus Ebola, alors que les groupes armés sont la menace la plus concrète pour eux », explique Emmanuel Bofoe. « Une admission dans un centre de traitement est par ailleurs une décision difficile pour ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts. Bien que le traitement soit gratuit, cela signifie également que tout contact avec la famille est rompu et que la personne traitée n’est plus en mesure de toucher un revenu et de fournir de la nourriture à sa famille. »

Il est donc d’une importance cruciale de tenir compte du contexte local dans notre réponse à cette épidémie. Les gens s’indignent notamment que leurs morts soient enterrés dans des sacs mortuaires uniquement et non dans des cercueils ou que les dirigeants locaux soient enterrés loin de leur communauté. De telles pratiques choquent les familles et les amis des victimes. Il est également important d’expliquer comment le virus Ebola se transmet et comment la contamination peut être évitée.

La force du réseau Caritas en RD Congo

La confiance et la compréhension de la population sont la clé du contrôle de cette épidémie. L’Église congolaise détient cette clé, car elle est légitime jusque dans les plus petites paroisses. Grâce à son réseau, Caritas peut encourager les communautés à prendre les mesures de protection et de prévention nécessaires.

Le réseau Caritas aide les communautés à mettre en place un plan d’action pour lutter contre l’épidémie et soutient les chefs traditionnels et religieux, les femmes et les jeunes susceptibles, à leur tour, de sensibiliser leurs propres communautés. Des messages sont également diffusés sur diverses radios communautaires, des affiches sont collées et des dépliants sont distribués.

Stopper la propagation du virus

« À Goma, vous pouvez vous laver les mains à divers endroits et les gens sont plus prudents dans leur manière de se saluer. Il y a cependant encore des défis humanitaires. Dans certaines zones, il n’y a par exemple pas d’accès à l’eau », explique Bernard Kateta Balibuno, représentant national de la Caritas au Royaume-Uni (CAFOD). À Beni et Butembo, Caritas a déjà installé des installations publiques pour se laver les mains. « Nous poursuivons notre travail à Beni et Butembo et souhaitons poursuivre la promotion de la santé et de l’hygiène à Goma, » souligne Bernard Kateta Balibuno.

Outre cet accent mis sur l’hygiène, de la nourriture est également distribuée aux personnes qui ont été infectées ou qui ont été en contact direct ou indirect avec des personnes infectées. Ainsi, 23.561 personnes ont reçu un total de 157.422 kg de nourriture de Caritas Bunia au cours du premier semestre de l’année. Depuis le 21 juillet, Caritas est également active à Ariwara, à la frontière avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Les organisations Caritas locales participent à des réunions de coordination dans l’ensemble des provinces touchées et des zones à risque. Enrayer la propagation de cette maladie demande des efforts énormes, tant de la part de la communauté internationale que de la population congolaise et des autorités sanitaires. Le réseau Caritas met tout en œuvre afin d’empêcher la propagation de ce virus mortel.

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