L’importance de l’eau potable à travers le monde

Caritas International Belgique L’importance de l’eau potable à travers le monde

© Isabel Corthier

© Isabel Corthier

28/02/2019

« Nous devons protéger la ressource eau ». A la parole : Martine. Elle vit en Haïti depuis 30 ans. Elle y connait des inondations à répétition, des sources contaminées et des sécheresses. Au Niger, notre collègue Abdoul rapporte des précipitations en baisse et de plus en plus espacées. En Ethiopie, 35% de la population n’a pas accès à l’eau potable. Quelles conséquences pour ces populations ? Et, quelles solutions apporter ?

« L’utilisation de l’eau au niveau mondial a été multipliée par six au cours des 100 dernières années et continue d’augmenter progressivement d’environ 1 % par an », rapporte le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2018[1]. « L’utilisation de l’eau devrait continuer d’augmenter au niveau mondial, en fonction, entre autres, de la croissance démographique, du développement économique et de l’évolution des modes de consommation. » Mais les ressources, elles, s’épuisent… De l’Ethiopie à Haïti, en passant par le Niger ou même la Belgique, l’or bleu se fait rare et parfois même menaçant (pensez au récent cyclone Idai en Afrique australe ou aux Tsunamis en Indonésie). En Belgique, le niveau des nappes phréatiques aussi est alarmant[2].

« Nous buvions l’eau stagnante »

« J’ai eu beaucoup d’enfants : 14. Mais 10 d’entre eux sont morts suite à des maladies : souvent des diarrhées ou la déshydratation », raconte Suleiman (78 ans), installé à l’ombre d’un arbre dans le village d’Adjekoria, Niger. A plus de 3.500 km de là, en Ethiopie, Mirhet subissait cette même réalité : « Chaque matin, dès 5 heures, je partais remplir mon bidon pour pouvoir préparer le petit déjeuner des enfants. Je devais puiser dans une eau sale et peu profonde. Je n’arrivais jamais à y puiser suffisamment d’eau et elle était si sale ! ». A présent, elle, sa famille, tout son village et ceux avoisinants ont accès à de l’eau propre au robinet.
Suleiman se souvient : « Quand j’étais plus jeune, il y avait plus de produits qui venaient de la terre. Aujourd’hui, les changements du climat, la déforestation et la croissance démographique font que les terres sont toujours utilisées. Elles ne se reposent jamais…».

L’or bleu au cœur des projets Caritas

« Le manque d’eau impacte tous les pans de la vie », explique Bernadette Van Raemdonck, responsable des programmes de coopération internationale de Caritas International. « Sans eau, pas d’irrigation et donc pas de récoltes. Sans eau à proximité, les femmes et enfants marchent des heures au lieu d’aller à l’école. Sans eau propre, les maladies se propagent. Au Lac Tchad, la sécheresse a aussi un impact sur la géopolitique. L’eau est donc au cœur de nos programmes que ce soit en cas de crises – avec la distribution de kits WASH – au niveau de la sécurité alimentaire ou des projets d’hygiène et d’assainissement. Nous réfléchissons également – avec les communautés locales qui gèrent les points d’eau – à comment produire plus tout en utilisant mieux l’eau. »

Des solutions naturelles

« La demande mondiale de production agricole et énergétique (principalement de nourriture et d’électricité) devrait augmenter d’à peu près 60 % et 80 % respectivement d’ici 2025. Dans le même temps, le cycle de l’eau mondial s’intensifie en raison du réchauffement climatique, les régions les plus humides devenant plus humides et les régions les plus arides devenant plus arides », ajoute le rapport des Nations Unies avant de prôner des solutions fondées sur la nature comme l’écohydrologie, les infrastructures vertes, la restauration des paysages forestiers ou encore la réduction des risques de catastrophe (RRC) fondée sur les écosystèmes.

En voici un exemple : « Au Burundi, les comités de RRC de Rutana, que Caritas a mis en place et accompagné, ont élaboré de manière participative des plans d’actions qui vont dans ce sens », explique Grégory Claus, responsable du projet. « La problématique de l’érosion due à la déforestation et à la surexploitation agricole s’est avérée centrale dans leurs constats et plans d’action. Plusieurs actions ont été entreprises depuis : mise en place de pépinières de plants forestiers avec utilisation de paniers fabriqués à base des feuilles de bananiers en lieu et place des habituels sachets en plastique, reboisement des crêtes de colline, fixation des berges, diversification des cultures,… ».

Des pluies, mers, lacs, nappes phréatiques : source de vie

« Le focus doit être : comment protéger la ressource eau », ajoute encore Martine Haentjens, chargée des projets de Caritas International en Haïti. « Plus de 2 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à des ressources fiables en eau potable. Dans certaines parties du monde, l’eau est infestée de plastique. Nous devons changer cela. »

Santé, environnement, agriculture, bien-être… l’eau est essentielle au quotidien. Elle met tout en mouvement : le pays, les gens, la vie. Caritas s’engage aux côté des plus vulnérables – que ce soit en Belgique ou ailleurs – afin d’améliorer leur quotidien et de changer le cours des choses.

Note :

1

WWAP (Le Programme mondial des Nations Unies pour l’évaluation des ressources en eau)/ONU-Eau, Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2018 : Les solutions fondées sur la nature pour la gestion de l’eau, 2018, France.

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