Cyclone Idai : Des témoignages alarmants

Caritas International Belgique Cyclone Idai : Des témoignages alarmants

© Donal Reilly/CRS - Jose Eduardo et Louise, survivants du cyclone Idai.

© Donal Reilly/CRS - Jose Eduardo et Louise, survivants du cyclone Idai.

28/03/2019

José Eduardo et sa femme, Louise Gonquim, étaient dans leur ferme au Mozambique lorsque le cyclone Idai s’est abattu sur le pays, plongeant leur vie et celle de plus de 1,5 million de personnes dans le chaos et l’incertitude.

« Ils ont dû quitter leur ferme », nous rapporte Donal Reilly, un employé de Caritas qui a rencontré José et Louise à Beira, l’une des zones les plus durement touchées du Mozambique. « Ils ont déménagé dans un abri en béton à proximité, mais celui-ci a commencé à s’effondrer. Ils ont passé une nuit sur le toit, puis une autre dans un arbre. Pendant la catastrophe, José et Louise ont dû garder éveillés leurs enfants de 2, 7 et 13 ans, pour les empêcher de tomber à l’eau. ».

5 jours sur le toit d’un immeuble

Isabel, sa famille et 300 autres personnes ont passé 5 jours sur le toit d’un immeuble avant d’être secourus. « Comme ses enfants ne savent pas nager, elle les a tenus dans ses bras jour après jour. », nous rapporte l’équipe d’aide d’urgence de Caritas. À présent hébergés à l’école Samora Machel à Beira, ils y reçoivent de la nourriture, de l’eau et un abri. « Nous sommes toujours vivants », nous dit-elle étonnée, tout en essayant de se convaincre de cette réalité à laquelle elle avait petit à petit cessé de croire.

Aujourd’hui, Caritas a pu commencer à fournir une aide d’urgence, mais les incertitudes restent pour l’avenir. « Aurais-je assez pour nourrir ma famille ? », « Et s’ils tombent malades ? », sont des peurs lisibles sur les visages de bon nombre de survivant-e-s du cyclone.

Une préoccupation : la nourriture

Au Mozambique, plus de 75 pour cent de la population active travaille dans le secteur de l’agriculture[1]. Les agriculteurs dépendent de leurs terres pour leur maison, leurs revenus et leur nourriture, mais beaucoup ne pourront pas revenir après le cyclone : « L’inondation a soulevé beaucoup de sable, qui recouvre maintenant la terre et la rend inutilisable », explique encore Donal. Juste avant que le cyclone Idai frappe l’Afrique australe, une succession de sécheresses fréquentes et d’inondations avait déjà dévasté les terres agricoles, affectant des milliers d’agriculteurs dans la région. Aujourd’hui, il ne leur reste rien. Ni abri, ni nourriture, ni eau potable.

L’urgence et la reconstruction

« Les gens vivent dans des abris de fortune fragiles, fait de morceaux de plastique et de bâches qu’ils arrivent à trouver », témoigne Donal. Les séquelles de la catastrophe continuent de faire des victimes et des infrastructures essentielles comme les routes, les ponts et les services publics ont été durement touchées. Les survivant-e-s se retrouvent aujourd’hui dans des conditions de vie épouvantables.

© Joost Bastmeijer/Caritas – Isabel Daniel, 28 ans, survivante d’Idai

Avec ses partenaires locaux, Caritas International travaille rapidement pour fournir une aide d’urgence aux familles touchées par les inondations, notamment de la nourriture, des abris, de l’eau et des vivres. Les équipes de Caritas Mozambique sont arrivées à Beira avec  1.500 toiles de tente. Elles ont également pu atteindre deux autres régions du Mozambique : Manica et Sofala.

Après les premiers secours, il faudra reconstruire. Le réseau de Caritas a chiffré l’ensemble de son aide – urgence et reconstruction – à 731.508 €. Il reste encore tant à faire, tellement de personnes à aider. Tellement d’autres José, Louise et Isabel…

Plus que jamais, nous avons besoin de votre aide pour sauver des vies. Faites un don pour les victimes d’Idai, en ligne ou sur le BE 88 0000 0000 4141 avec la communication « Idai ».

Note :

1

Institut national des statistiques, 2012

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