Constantin Safanitiè Sere, du Burkina Faso : « La localisation nous donne une vraie voix »

Caritas International Belgique Constantin Safanitiè Sere, du Burkina Faso : « La localisation nous donne une vraie voix »

© OCADES Caritas Burkina

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04/02/2026

Fin janvier, l’abbé Constantin Safanitiè Sere, secrétaire général d’OCADES Caritas Burkina, était en visite en Belgique. Depuis 2017, il dirige cette organisation qui est un partenaire de longue date de Caritas International. Sa venue a été l’occasion de rappeler un enjeu clé pour l’avenir de la coopération internationale : la localisation. Une approche qui vise à renforcer la voix, l’influence et l’autonomie des organisations locales, afin que les réponses humanitaires et de développement soient pensées avec celles et ceux qui vivent les réalités du terrain, et non à distance.

« Cette évolution est positive pour nous, car elle nous permet d’exister pleinement en tant qu’ONG locale », explique Constantin Safanitiè Sere. « Nous avons désormais voix au chapitre et sommes davantage associés à la conception de projets réellement ancrés dans les réalités que nous connaissons. La localisation du pouvoir et des ressources répond à des aspirations légitimes. Sans moyens ni activités suffisants, une organisation ne peut pas fonctionner correctement. »

À terme, au moins 25 % des ressources financières du secteur devraient être allouées directement aux ONG locales. « Ce processus doit encore réellement prendre forme », constate-t-il. « Au Burkina Faso, nous n’en sommes aujourd’hui qu’à 5 %. Les appels à projets internationaux devraient également mieux intégrer cette demande croissante de localisation. » 

Insécurité et déplacements de population

Constantin vient d’un pays du Sahel où la situation sécuritaire reste fragile et les conditions humanitaires particulièrement difficiles.

Caritas International Belgique Constantin Safanitiè Sere, du Burkina Faso : « La localisation nous donne une vraie voix »

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Certaines familles déplacées ont pu regagner leur foyer, mais plus d’un million de personnes restent déplacées et vivent dans une grande précarité.

abbé Constantin Safanitiè Sere, secrétaire général d’OCADES Caritas Burkina

« Aux frontières, la situation demeure très instable. Aujourd’hui, 73 % du territoire est sous contrôle de l’État, mais de nombreuses zones échappent encore à son autorité. Fin décembre, de nouvelles attaques terroristes ont frappé la province de Kosin, à la frontière avec le Mali. Près de quinze personnes ont perdu la vie et plus de dix villages ont été vidés de leurs habitants, contraints de fuir vers des villes comme Nouna et Djibasso. Ce n’est là qu’un exemple parmi tant d’autres qui illustrent l’insécurité persistante, même si l’on observe une légère amélioration par rapport au passé. » 

Les dons font la différence

Constantin remercie les personnes en Belgique qui, par leur soutien à Caritas International, rendent également possible le travail d’OCADES Caritas Burkina. « Il est essentiel que l’aide continue d’aller vers les pays du Sud confrontés aux catastrophes naturelles, aux conflits armés et au terrorisme. Aucun don n’est trop modeste. »

Il souligne également que le ministère belge des Affaires étrangères et de la Coopération au développement (DGD) reconnaît l’importance d’un soutien structurel à OCADES Caritas Burkina et à ses projets visant à renforcer la résilience des populations.

Caritas International Belgique Constantin Safanitiè Sere, du Burkina Faso : « La localisation nous donne une vraie voix »

Constantin Safanitiè Séré, secrétaire général d’OCADES Caritas Burkina, lors du lancement de la stratégie humanitaire belge pour les prochaines années, organisé par la DGD (2026). © Caritas International

Engageons-nous ensemble pour une humanité qui agit main dans la main, sans imposer. Ne restons pas indifférents lorsque des enfants meurent de faim, lorsque des femmes subissent des violences, lorsque des jeunes sont privés d’avenir ou lorsque la malnutrition et l’insécurité alimentaire persistent

conclut Constantin.

Quand la stratégie rencontre la réalité du terrain

Au Burkina Faso, certains partenariats illustrent toutefois ce que permet une approche plus équilibrée.

En 2025, grâce au soutien de la DGD, l’OCADES met notamment en œuvre deux programmes complémentaires :

  • COHERENCE (2022–2026), axé sur la cohésion sociale, les moyens de subsistance et la résilience ;
  • PROTECTRICE (2025–2027), centré sur la protection humanitaire, notamment face aux violences basées sur le genre et aux déplacements forcés.

Ces programmes montrent comment une coopération fondée sur la confiance peut articuler réponse humanitaire, résilience et présence dans la durée.

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