Localisation de l’aide humanitaire : des engagements aux actes

Caritas International Belgique Localisation de l’aide humanitaire : des engagements aux actes

© Caritas International

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19/03/2026

Caritas Europa publie un nouveau rapport évaluant la mise en œuvre des engagements en matière de localisation de l’aide humanitaire par les principaux bailleurs, agences et ONG internationaux.

Ce rapport ne propose pas une déclaration d’intention supplémentaire. Il analyse, compare et classe les acteurs sur base de critères concrets : transfert direct de financements, partage du pouvoir décisionnel, accès aux ressources et gestion des risques assumés par les partenaires nationaux et locaux.

Un constat clair : la localisation progresse trop lentement

Depuis le Sommet humanitaire mondial de 2016, les acteurs internationaux se sont engagés à priviligeier des partenariats équitables et à allouer au moins 25 % des financements humanitaires directement aux organisations nationales et locales.

Pourtant, les résultats du nouveau rapport démontrent que :

  • les financements directs restent limités ;
  • la prise de décision demeure largement centralisée dans les mains des acteurs internationaux ;
  • les partenaires nationaux et locaux continuent d’assumer l’essentiel des risques, sans toujours bénéficier d’un pouvoir équivalent.

La localisation est souvent évoquée.
Elle est plus rarement structurellement appliquée.

Derrière les chiffres : des réalités en contexte de crise

La localisation n’est pas un débat technique.
Au Burkina Faso, par exemple, nos collègues de l’OCADES Caritas Burkina interviennent dans un contexte où le Plan de Réponse Humanitaire 2025 n’avait été  financé qu’à 33,1 %.

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© OCADES Caritas Burkina

Les organisations locales et nationales :

  • sont présentes avant, pendant et après la crise ;
  • interviennent dans des zones à risque ;
  • assurent la continuité lorsque l’attention médiatique diminue.

Dans notre interview récente, Constantin Safanitiè Séré rappelait : « Sans moyens ni activités suffisants, une organisation ne peut pas fonctionner correctement. » Ces réalités donnent un visage concret aux conclusions du rapport.

Une question de cohérence

Le rapport ne vise pas à désigner des coupables.

Il pose une question de cohérence :

  • Peut-on parler de leadership local sans accès direct aux ressources ?
  • Peut-on parler de partenariat sans partage réel du pouvoir ?
  • Peut-on promouvoir la résilience sans financer les structures qui la rendent possible ?

Dans un contexte mondial marqué par la baisse de certains financements internationaux et l’intensification des crises, renforcer les acteurs locaux et nationaux devient une nécessité structurelle.

Quels constats pour l’aide humanitaire belge ?

Les données analysées précèdent l’adoption récente de la nouvelle stratégie humanitaire belge.

Depuis, la Belgique a annoncé des engagements en faveur :

  • d’un meilleur soutien aux acteurs locaux ;
  • de partenariats plus équilibrés ;
  • d’une meilleure inclusion des communautés affectées.
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Dans la lignée de ces nouvelles priorités, Cette étude constitue donc :

  • un outil d’analyse ;
  • un levier de plaidoyer ;
  • un point de référence pour suivre la mise en œuvre des engagements récents.

Pour Caritas International, la localisation ne relève pas d’un slogan.
Elle est au cœur du fonctionnement du réseau Caritas, présent dans 162 pays et structuré autour d’organisations autonomes et ancrées localement.

L’enjeu n’est plus de reconnaître l’importance des acteurs locaux et nationaux.
L’enjeu est de transformer cette reconnaissance en mécanismes concrets.

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