- Catégories
- Afrique
- RD Congo
- Urgence & Développement
Le Poids du Silence
Partager, c’est déjà agir. Rendre visible, c’est déjà soutenir.
Lire plusCaritas International par région
Caritas International en Belgique
© OCADES Caritas Burkina
Ce mercredi 28 janvier 2026, la Belgique a lancé sa nouvelle stratégie humanitaire pour les prochaines années. Une feuille de route attendue, dans un contexte de crises multiples et prolongées. Pour Caritas International, cette stratégie marque une reconnaissance essentielle : celle du rôle central des acteurs locaux comme lien indispensable entre décisions politiques et réponses de terrain.
Conflits armés prolongés, déplacements forcés, violations du droit international, crises climatiques, insécurité alimentaire : les besoins humanitaires mondiaux n’ont jamais été aussi élevés. Face à ces défis, la Belgique se dote d’une stratégie humanitaire à long terme, portée par la Direction générale Coopération au développement et Aide humanitaire (DGD).
Cette stratégie vise notamment à :
Des priorités cruciales, dans un monde où les crises deviennent structurelles, et dans un contexte de régression de la solidarité internationale et du multilatéralisme.
Cette nouvelle stratégie est le résultat d’un processus de consultation approfondi impliquant acteurs humanitaires, partenaires internationaux et organisations de la société civile.
Caritas International a activement contribué à ces échanges, en portant une conviction forte : les réponses humanitaires sont plus justes, plus efficaces et plus durables lorsqu’elles sont réellement construites avec et pour les acteurs locaux et les communautés affectées.
Cette approche, souvent désignée sous le terme de localisation, n’est pas une tendance. Pour Caritas, elle fait partie de l’ADN du réseau : agir avec, jamais à la place de.
Les organisations locales sont les premières présentes avant la crise, pendant l’urgence et bien après le départ des projecteurs. Elles connaissent les communautés, les dynamiques locales et les besoins réels.
C’est précisément cette réalité que la stratégie humanitaire belge cherche à mieux reconnaître et à renforcer.
© OCADES Caritas Burkina
Comme en a témoigné Constantin Safanitiè Séré, secrétaire générale de l’OCADES Caritas Burkina, lors de l’évènement de lancement de la stratégie, cette approche se vérifie chaque jour dans leur contexte. L’OCADES Caritas Burkina est présente sur l’ensemble du territoire à travers un secrétariat général à Ouagadougou et quinze structures diocésaines. Dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements forcés, ses équipes interviennent dans des zones parfois délaissées par d’autres acteurs, en lien direct avec les communautés locales.
Pourtant, malgré ce rôle central, les organisations locales restent encore trop souvent sous-financées, porteuses de l’essentiel des risques et insuffisamment associées aux décisions stratégiques.
La nouvelle stratégie humanitaire belge reconnaît la nécessité de :
Pour les acteurs locaux, cette reconnaissance est essentielle. Mais elle pose aussi des conditions concrètes : un financement adapté des frais des structures, un renforcement des capacités respectueux et une intégration réelle de l’expertise locale dès la conception des programmes.
Sans ces traductions opérationnelles, la localisation risque de demeurer un principe sans effet réel sur les pratiques.
C’est précisément cette tension entre ambitions politiques et réalités opérationnelles qui a été mise en lumière lors de l’événement du 28 janvier, où Victor Beaume, chargé de plaidoyer, est intervenu aux côtés de Constantin Safanitiè Séré de l’OCADES Caritas Burkina.
Une opportunité prise par l’OCADES et Caritas International pour faire résonner un appel conjoint : les politiques humanitaires ne peuvent être pertinentes et justes que lorsqu’elles s’ancrent dans les réalités vécues par les communautés concernées et les organisations en leur sein.