Dans de vastes zones rurales de la RDC, l’État est largement absent. Autrement dit, sa présence et sa capacité de protection restent très limitées.
« Le gouvernement congolais n’a pas bien compris le contexte », reconnaît Samuel Ntumba. « Trois tentatives de médiation ont déjà eu lieu, mais elles ont toutes échoué en raison d’une approche inadaptée. Aujourd’hui, le gouvernement souhaite organiser un forum pour la paix. Nous espérons qu’il tirera les leçons des erreurs passées. »
Kinshasa a réagi tardivement au conflit, avant de déployer finalement des troupes dans la zone afin de rétablir l’ordre. Mais cette intervention a eu des effets pervers.
« L’armée a mis en place de nombreux barrages routiers illégaux pour prélever des taxes », explique sœur Perpétue Makiese. « Des militaires cherchaient à se procurer des revenus. Certains généraux se sont considérablement enrichis, et dans les rangs inférieurs, d’autres ont voulu faire de même. Ces barrages contribuent, à certains endroits, à maintenir la fracture entre Teke et Yaka. »
« Les massacres les plus violents ont eu lieu au début du conflit », poursuit sœur Perpétue Makiese. « Mais les Mobondo continuent encore aujourd’hui à mener des attaques violentes, allant jusqu’à cibler le parc touristique de Kingakati. Les causes profondes du conflit n’ont absolument pas disparu. Leur résolution demandera un engagement de longue haleine. »
Si des influences étrangères jouent clairement un rôle dans la crise à l’est du pays, celle qui touche l’ouest de la RDC reste avant tout une affaire congolaise.
« Cette région possède également des ressources naturelles », souligne sœur Perpétue Makiese. « Le cardinal Fridolin Ambongo soupçonne l’existence de forces obscures cherchant à entretenir le conflit. Il n’est pas exclu que des responsables politiques y aient intérêt. Les combattants Mobondo utilisaient au départ des couteaux, des machettes et des fusils de chasse. Aujourd’hui, ils sont bien mieux armés et menacent même des officiers de l’armée. »