Appel d’urgence pour réfugiés âgés et malades au camp de réfugiés de Mahama

Caritas International Belgique Appel d’urgence pour réfugiés âgés et malades au camp de réfugiés de Mahama

© Alan Whelan/Trocaire

© Alan Whelan/Trocaire

18/06/2018

Les personnes âgées, malades, personnes atteintes d’un handicap, petits enfants… Il leur est particulièrement difficile de survivre dans le camp de réfugiés de Mahama, Rwanda. Ensemble, nous leur donnons la force de croire en un avenir

Lorsque, en 2015, le président burundais, Pierre Nkurunziza, a annoncé vouloir participer pour la troisième fois aux élections présidentielles, sa décision a suscité de véhémentes protestations. Selon l’opposition, c’était contraire à la constitution. Les manifestations ont débouché sur une violence intense et des milliers de gens ont fui vers les pays voisins, en quête de sécurité.

57.600 Burundais dans le camp de Mahama

Dans l’extrême Est du Rwanda, la rive du fleuve Kagera a, depuis lors, été reconvertie en camp de réfugiés – le camp de Mahama – le plus grand camp du Rwanda. Gregory Claus, spécialiste du Burundi et du Rwanda, explique : « Il abrite actuellement plus de 57.600 Burundais. Chaque semaine, de nouveaux réfugiés viennent s’y ajouter. Le référendum de mai, qui a permis au président Nkurunziza de rester au pouvoir pour deux nouveaux mandats de sept années, a déclenché une nouvelle recrudescence de la violence. Dès lors, la plupart des Burundais semblent provisoirement ne pas envisager de retourner dans leur pays. N’oublions par ailleurs pas que, en raison de l’instabilité politique, on investit peu dans le Burundi, un des pays les plus pauvres au monde. Caritas International s’engage dès lors en faveur des réfugiés burundais et reste également active au Burundi où elle déploie des initiatives axées sur la lutte contre la pauvreté et le développement de l’agriculture familiale. »

Besoins spécifiques

Dès l’ouverture du camp de Mahama, le Programme alimentaire mondial des Nations Unis a distribué des colis de nourriture. Essentiellement des grains de maïs et des haricots secs. Ceux-ci ne sont hélas pas adaptés aux besoins spécifiques des réfugiés les plus vulnérables : les personnes âgées, les handicapés, les malades chroniques et les bambins. Ils éprouvent des difficultés avec ce type de nourriture car les grains de maïs durs nécessitent de solides dents et un estomac qui fonctionne bien pour qu’ils soient digestibles. « Caritas Rwanda aide avant tout les personnes les plus vulnérables », ajoute Gregory. « Ces personnes n’ont pas l’argent pour faire moudre le maïs ou pour acheter de la nourriture appropriée. En revanche, les réfugiés sains et résistants peuvent travailler pour gagner cet argent. Grâce au soutien de notre partenaire local et de nos sympathisants, jusqu’à présent, nous avons distribué 3 kg de Sosoma par mois et par personne – de la farine à base de soja, d’orge et de maïs. En outre, les malades chroniques reçoivent également des légumes frais. À leur arrivée, les nouveaux arrivants se voient servir de la bouillie dans l’attente de l’aide alimentaire prévue. »

Besoin urgent de plus d’argent

Avec notre partenaire Caritas Rwanda et grâce à votre soutien, notre nourriture adaptée nous a permis de sauver quantité de personnes de la mort au cours des trois dernières années. Les réfugiés ne rentrent provisoirement pas chez eux et les besoins restent importants mais l’argent commence à manquer. La distribution de nourriture fraîche pour les malades chroniques a récemment été arrêtée et si une aide complémentaire n’est pas apportée de toute urgence, il en ira probablement de même de nos autres activités dans le camp : distribution de farine de Sosoma, accompagnement des traumatismes et la formation destinée aux femmes sur les potagers et une alimentation saine. Therese Nduwamungu, coordinatrice du projet de Caritas Rwanda sonne l’alarme : « L’impact négatif sur les diabétiques, les gens souffrant d’anémie, les patients atteints du VIH est d’ores et déjà clairement visible. Les malades et les personnes affaiblies ne s’en sortiront pas sans nourriture suffisante et nourrissante. Ils dépérissent petit à petit. Nous ne pouvons pas abandonner ces gens. Ils comptent sur nous ! »

Personnes en fuite en Afrique

Aucun continent ne dénombre autant de personnes en fuite (dans leur propre pays ou dans un pays avoisinant) que l’Afrique. En Afrique orientale, la sécheresse constante et les différents conflits en sont à l’origine. Caritas International aide, entre autres, les réfugiés sud-Soudanais dans les camps d’Impevi et de Bidi. En Afrique occidentale, le mouvement de Boko Haram est source de terreur. La violence s’est étendue au Nigéria, au Niger, au Tchad et au Cameroun. Nous aidons les réfugiés à Diffa, Niger. La Région des grands Lacs en Afrique centrale est une région où règne une grande instabilité politique. Au Burundi, mais également en RD Congo, on trouve plusieurs foyers de conflits. Pensons, par exemple aux provinces du Kasaï où Caritas a mis sur pied un système de veille humanitaire et distribue une aide d’urgence parmi les personnes déplacées.

Vous voulez aider ?

Avec votre don, vous aidez des réfugiés vulnérables à Mahama, vous leur donnez, ainsi qu’aux personnes déplacées en Afrique, dans le cadre de nos projets, l’indispensable pour survivre et croire en un avenir. Merci de votre aide, pour eux et pour Caritas !

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