L’histoire de Mansoor

Caritas International Belgique L’histoire de Mansoor

© Caritas - Mansoor* dans le studio où il vit actuellement. Là, il a de la stabilité et l'accompagnement de Caritas pour se construire une vie autonome.

© Caritas - Mansoor* dans le studio où il vit actuellement. Là, il a de la stabilité et l'accompagnement de Caritas pour se construire une vie autonome.

10/03/2020

« Bientôt, ma famille sera là ! »

« Vous pouvez écrire 18, j’ai presque 18 ans », explique Mansoor* en se présentant. Il avait alors 15 ans quand il a fui l’Afghanistan, son pays d’origine. Arrivé seul en Belgique, il a été très vite projeté dans la vie d’adulte. Sa famille ? Elle est restée au pays. Mais il met tout en œuvre pour que sa maman et ses jeunes frères puissent le rejoindre grâce au regroupement familial. Mansoor n’a qu’un rêve : qu’ils puissent, enfin, vivre ensemble, en toute sécurité.

« Vous pouvez écrire 18, j’ai presque 18 ans », explique Mansoor* en se présentant. Il avait alors 15 ans quand il a fui l’Afghanistan, son pays d’origine. Arrivé seul en Belgique, il a été très vite projeté dans la vie d’adulte. Sa famille ? Elle est restée au pays. Mais il met tout en œuvre pour que sa maman et ses jeunes frères puissent le rejoindre grâce au regroupement familial. Mansoor n’a qu’un rêve : qu’ils puissent, enfin, vivre ensemble, en toute sécurité.

« Lorsque ma demande de statut a été acceptée, j’ai sauté dans tous les sens. Ça me semblait irréel. Ça ne pouvait pas m’être arrivé, à moi. Mes jambes tremblaient. », raconte Mansoor en montrant comment ses genoux trépidaient de joie. « Je l’ai dit à ma mère et elle était très heureuse aussi. »

Sa famille en danger en Afghanistan

La reconnaissance en tant que réfugié fut un énorme soulagement pour Mansoor. Malheureusement, elle ne signifiait pas la fin de ses tourments… Tous les jours, il pense à sa maman et ses deux jeunes frères toujours en Afghanistan. Là, des conflits incessants menacent la vie de nombreuses personnes[1], dont celle de sa famille.

Je sais que nous sommes une famille. Et pourtant, je dois payer 800 euros pour un test-ADN afin de le prouver.

- Mansoor, jeune réfugié afghan

Des milliers de kilomètres séparent l’Afghanistan et la Belgique mais la principale barrière, séparant Mansoor et sa famille, sont les longues et laborieuses procédures administratives. Cela fait maintenant deux ans qu’il a introduit sa demande de regroupement familial et il attend encore une réponse.

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Test ADN pour le regroupement familial

Pour être réuni avec sa famille, il faut notamment pouvoir prouver sa filiation. Pour beaucoup, la tâche s’avère complexe. En fuyant leur pays, en proie à la violence et la destruction, rare sont ceux et celles qui pensent à prendre leur acte de naissance. Il se peut aussi que ces documents aient été perdu ou volés, dans le pays d’origine ou sur le dangereux chemin de l’exil.

Lorsque les documents officiels ne peuvent être mis à disposition ou qu’ils ne sont pas ratifiés par l’Office des étrangers, un test ADN doit fournir la confirmation. « Ma famille a déjà fait un test. Moi, j’ai rendez-vous jeudi pour le mien », explique Mansoor. « Je sais que nous sommes une famille. Et pourtant, je dois payer 800 euros pour un test-ADN afin de le prouver. »

Être réuni avec sa famille

Ce jeune homme de presque 18 ans vit pour l’instant dans un petit studio de Caritas. Dans une petite pièce, on peut y voir un lit, un bureau, une petite table- où de nombreux papiers s’amassent – et une kitchenette équipée de deux plaques chauffantes.

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« Bientôt, ma famille sera là », se réjouit Mansoor. Pourtant, à sa joie se mélange aussi de l’inquiétude : « Lorsqu’ils seront en Belgique, j’aimerais que nous puissions vivre tous ensemble. Mais, à Bruxelles, les loyers sont trop chers. J’ai déjà visité quelques logements. Ils étaient toujours au-dessus de mes moyens. Ou trop petit pour 4 personnes. »

Penser à l’avenir par le travail et la formation

Pourtant, Mansoor veut vraiment rester à Bruxelles. « C’est ici que je travaille et que je suis des cours », dit-il. « Je fais une formation de chef-cuisinier à Uccle et travaille dans un restaurant à Bruxelles. Je cuisine des lasagnes végétariennes ou de la crème-brulée. Je travaille cinq jours par semaine et vais à l’école les deux autres jours. »

Ici que je travaille et que je suis des cours.

- Mansoor

« Le jeudi, nous cuisinons. Le vendredi, j’ai cours de français, d’économie, de mathématique,… », revient Mansoor sur son quotidien. « Dans ma classe, il y a un autre Afghan et des Belges. J’ai eu la chance de trouver un emploi via l’école. Sans ça, je pense que ça aurait été difficile. »

La vie de Mansoor est pleine d’épreuves et de challenges qui dépassent de loin son jeune âge. Fuir son pays en étant mineur, arriver dans une société tout à fait différente et tenter d’y trouver ses marques, c’est impossible tout seul ! Mansoor et de nombreux jeunes comme lui peuvent compter sur l’accompagnement de Caritas. Il s’agit de les suivre dans leurs étapes d’intégration vers une vie en autonomie en Belgique et ainsi les aider à surmonter les challenges rencontrés tout au long du chemin.

Note :

*

Mansoor est un nom d’emprunt

1

Au dernier trimestre de 2019, le nombre de victimes a connu une progression importante. Les premiers 9 mois de l’année 2019, 8.329 citoyen-ne-s ont été victimes des violences en Afghanistan (2.563 personnes décédées et 5.676 blessées). Source : UNAMA, « QUARTERLY REPORT ON THE PROTECTION OF CIVILIANS IN ARMED CONFLICT: 1 JANUARY TO 30 SEPTEMBER« , octobre 2019, consulté le 10/03/2020.

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