Que se passe-t-il à l’Office des Etrangers ?

Caritas International Belgique Que se passe-t-il à l’Office des Etrangers ?
Caritas International Belgique Que se passe-t-il à l’Office des Etrangers ?

© Caritas - photo de décembre 2018 (1) & photo d'archive (2)

© Caritas - photo de décembre 2018 (1) & photo d'archive (2)

29/11/2018

Depuis le jeudi 22 novembre, l’Office des étrangers (OE) n’enregistre plus que 60 demandeurs d’asile par jour. Alors que ces dernières semaines, l’OE enregistrait entre 100 et 110 demandes d’asile par jour. En cause ? La « crise », selon le Secrétaire d’Etat qui indique que le réseau d’accueil sature. Conséquences ? Des personnes privées de leur droit à l’accueil et livrées à la rue. Caritas International déplore cette restriction aux conséquences inhumaines et appelle à sa levée.

Que se passe-t-il dans la file de l’OE ?

« Dès vendredi matin, je me suis rendue à l’OE pour constater l’impact de cette limitation », explique Laurence Bruyneel de Caritas International. « J’y ai vu des agents de police qui désignaient les personnes autorisées ou non à entrer pour introduire leur demande d’asile. Au final, à force d’insistance, seules les personnes vulnérables – femmes et enfants ou personnes âgées ou malades – étaient admises. Mais j’ai aussi vu des mineurs non-accompagnés et une famille avec un nouveau-né en mauvaise santé à qui l’entrée a été refusée. Cette façon de faire va à l’encontre du droit à demander l’asile et met des vies en péril. »

Que font les personnes refoulées ?

Les personnes qui ne sont pas enregistrées sont livrées à la rue et repoussées vers le parc Maximilien, où les associations et la Plateforme Citoyenne tentent de proposer des pistes temporaires d’hébergement. Elles ne savent pas si, ni quand, elles pourront entrer à l’OE et n’ont donc pas accès à l’accueil ‘bed-bad-brood’ consacré après l’enregistrement d’une demande d’asile.

« Des personnes dorment dans la rue tandis qu’il reste des places d’accueil à pourvoir au sein du réseau. Tout simplement parce qu’en l’absence de l’enregistrement de leur demande, ces places ne leur sont pas affectées », explique Florence Lobert, responsable de l’Accueil pour Caritas International. « La saturation imminente du réseau est en effet à redouter, mais tous les signes étaient là et connus depuis juin dernier, alors même que les fermetures étaient en cours ».

Mais s’il reste des places, pourquoi limiter l’accès à l’OE ? « C’est toute la question », ajoute Florence Lobert. « Pour nous, cette restriction est inhumaine parce qu’elle pousse les gens à dormir à la rue en novembre.»

Que demande Caritas ?

Nous demandons à ce que cette restriction soit levée et à ce que toute personne en recherche d’une protection internationale puisse avoir droit à enregistrer sa demande.

En l’absence de capacité structurelle d’accueil, nous appelons à la création de places tampons pour faire face  aux besoins les plus urgents.

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