L’histoire de Tsadkan

Caritas International L’histoire de Tsadkan
Caritas International L’histoire de Tsadkan
Caritas International L’histoire de Tsadkan

© Isabel Corthier

04/09/2017

LA VIE EST RUDE POUR UNE FEMME AGEE ET SEULE

« Je ne saurais vous dire mon âge. Non pas parce que je ne veux pas mais parce que je ne le sais pas. Durant ma longue vie, j’ai déjà vu beaucoup de changements. Des enfants sont nés. Des hommes et des femmes sont morts. Il y a aussi eu des enfants qui sont morts, le plus souvent à cause de la diarrhée. Et j’ai vu le paysage changer. Il est moins sec qu’avant. »

« Quand j’étais encore jeune et en forme, je marchais pendant des heures pour aller chercher de l’eau. Ce n’était évidemment pas simple. Je devais me lever tôt et je perdais beaucoup de temps. Tout ça, c’est devenu impossible. Mes vieilles jambes ne veulent plus y aller. Je n’y arrive plus. Et me voilà bloquée avec mon bidon jaune vide à quelques heures de marche d’une source d’eau.

« La vie ici est difficile, surtout si vous êtes âgée et seule. Ma récolte était maigre : j’avais peu à manger et très souvent la faim au ventre. Heureusement, j’ai un fils qui m’aide. Même si, lui aussi, n’a pas grand-chose. Il travaille dans la ville mais vient de temps en temps pour travailler dans le potager. Je ne demande pas facilement de faveur à d’autres et ne parle pas beaucoup de ma situation difficile. J’essaye de planter mes propres haricots mais parfois, ça ne marche pas. Et là, vous êtes heureux de pouvoir compter sur d’autres. »

« La communauté m’a choisi pour le projet de Caritas dans notre village. Je leur en suis extrêmement reconnaissante. Caritas y a construit un grand puit d’eau dans lequel la rare eau de pluie est collectée et purifiée. Le puit d’eau est réservé aux femmes âgées comme moi. Je l’utilise pour le ménage mais aussi pour mon potager et mes arbres fruitiers reçus de Caritas. Ces arbres fruitiers sont vraiment une bénédiction ! À mon âge, il n’est plus si évident de s’accroupir dans mon potager, mais cueillir des citrons et des goyaves, je le peux encore. Grâce à cela, je peux maintenant manger de tout. En plus, avec la vente de mes fruits, je gagne un peu d’argent. Ce que j’aime aussi particulièrement, c’est l’ombre offerte par ces arbres fruitiers. Je peux parfois m’y reposer et m’abriter du soleil brûlant. »

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