Cyclone Idai : catastrophe d’un genre nouveau ?

Caritas International Belgique Cyclone Idai : catastrophe d’un genre nouveau ?

© André Catueira - Keystone - Epa Lusa

© André Catueira - Keystone - Epa Lusa

21/03/2019

« Pas une porte ni une fenêtre n’a résisté aux assauts de l’océan, du sable et des pierres », témoigne Fabrizio Graglia, partenaire de Caritas à Beira. Caritas Mozambique décrit la catastrophe comme « la pire depuis des décennies ». Les jours passent depuis le passage du cyclone Idai et l’urgence s’amplifie. Sinistrées et coupées du monde, des milliers de familles ont besoin d’urgence de nourriture, d’eau et d’abris. Que s’est-il passé ? Que faire maintenant ?

C’est dans la nuit de jeudi à vendredi passé que le cyclone a semé la destruction sur le Mozambique. Après avoir fait des premiers dégâts le 4 mars, alors sous la forme de cyclone de catégorie 1 et des vents de 120 km/h, Idai est revenu frapper, cette fois avec des vents à plus 180 km/h, en charriant des trombes d’eau depuis l’océan. Les habitants de la ville côtière de Beira ont alors dû faire face à des vagues de 4 à 5 mètres de hauteur, « des murs d’eau » comme les décrit Jan Weuts, coordinateur des urgences de Caritas International. « Au-delà de Beira, il y a maintenant une nouvelle mer intérieure qui a tout piégé et qui rend l’accès aux victimes par les équipes humanitaires impossible sans hélicoptère ou bateau à fond plat ».

Pris par surprise

De mémoire d’Homme, le cyclone Idai est une première en Afrique australe. Tant les autorités, les organismes humanitaires que les populations n’étaient pas préparées à un désastre d’une telle ampleur. « Idai préfigure les désastres climatiques à venir. C’est une catastrophe d’un genre nouveau », poursuit Jan, « pour la région et pour la communauté internationale. De par son ampleur et les mécanismes de préparation que ces phénomènes exigeront de nous à l’avenir, une fois que sera venu le moment de tirer les leçons de cette urgence majeure. »

Le cyclone a tout balayé sur son passage : bâtiments, routes, toits, maisons, poteaux électriques… Bon nombre de personnes n’ont pas réussi à s’échapper des bâtiments à temps. Parmi les drames portés à notre connaissance : le toit d’un l’hôpital qui s’est effondré, emprisonnant plus de 160 personnes dans les décombres.

Face à ces inondations massives et subites, les rescapés ont trouvé refuge sur les toits des bâtiments épargnés. De nombreuses personnes se sont aussi déplacées sur les hauteurs. On ne peut malheureusement pas encore toutes les atteindre, particulièrement dans le sud de la région. « Rien qu’au Mozambique, le nombre de victimes se chiffre actuellement à 550 personnes mais nous avons probablement perdu des milliers d’âmes », déplore Jan.

Plans d’urgence

Caritas était déjà active dans les zones touchées par la catastrophe suite aux premières inondations provoquées par Idai début mars. Les Caritas locales s’emploient actuellement à identifier les besoins, à mettre en place les premiers plans d’urgence, à acheminer les biens de première nécessité disponibles et à évacuer les personnes qui ont perdu leur maison vers des logements fournis par le gouvernement, mais aussi vers les églises, des écoles et des bâtiments paroissiaux.

Au fur et à mesure que les eaux se retirent et que l’accès aux victimes sera rendu possible, Caritas va étendre sa zone d’intervention. Cela permettra aussi progressivement un déploiement logistique plus conséquent. « Malheureusement ça va prendre du temps car une fois les eaux retirées, l’accès restera difficile à cause de la boue et des décombres », explique Jan. « On s’attend aussi à découvrir des poches de personnes déplacées qui ont trouvé des lieux en hauteur pour se réfugier. Pas de doute qu’ils auront besoin d’eau, de nourriture, de kits d’hygiène et de quoi s’abriter mais aussi de semences. » En effet, il faut vite re-semer pour sauver la prochaine saison culturale et rétablir la sécurité alimentaire des victimes.

L’aide est vitale. Plus que jamais, nous avons besoin de votre aide pour sauver des vies. Faites un don pour les victimes d’Idai en ligne ou sur le BE 88 0000 0000 4141 avec la communication ‘Idai’.

 

Actualités associées

Toutes les actualités