APPEL À L’ACTION : Réinstallation de mineur-e-s non accompagné-e-s à partir de la Grèce

Caritas International Belgique APPEL À L’ACTION : Réinstallation de mineur-e-s non accompagné-e-s à partir de la Grèce

© Caritas Wien - Afin d'éviter une catastrophe humanitaire imminente, appel urgent pour l'évacuation des mineurs des camps de réfugiés en Grèce, comme ici sur la photo, à Moria.

© Caritas Wien - Afin d'éviter une catastrophe humanitaire imminente, appel urgent pour l'évacuation des mineurs des camps de réfugiés en Grèce, comme ici sur la photo, à Moria.

24/03/2020

Le 16 mars 2020, une fillette de 6 ans a été tuée dans un grand incendie au camp de Moria, sur l’île grecque de Lesbos. Environ 19.000 personnes y vivent entassées, alors que le camp n’a de la place que pour 2.600 personnes.

Les autres “hotspots” sur les îles grecques (Chios, Samos, Leros, Kos) sont également surpeuplés et peu hygiéniques. Les problèmes humanitaires qui y persistent depuis des années se sont transformés en une crise humanitaire et risquent de devenir une catastrophe humanitaire maintenant qu’un premier cas de coronavirus COVID-19 a été confirmé à Lesbos.

Au camp de Moria, il n’y a pratiquement pas d’accès aux soins médicaux. Même se laver les mains y est impossible. Selon Médecins sans frontières, il y a un robinet pour 1.300 personnes.

Réinstallation pour les mineurs non-accompagnés (MENA)

Michael O’Flaherty, directeur de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (European Union Agency for Fundamental Rights, FRA), a décrit la situation dans le camp de Moria comme la question la plus préoccupante en matière de droits fondamentaux à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui dans toute l’Union européenne.

Un tiers des enfants qui arrivent en Grèce ne sont pas accompagnés de leurs parents ou d’autres membres de leur famille. Parmi les 42.000 personnes réfugiées et migrantes qui se retrouvent sur les îles grecques, ces enfants font partie des plus vulnérables. Ils risquent d’être exposés à la violence, aux abus et à l’exploitation et éprouvent des difficultés à accéder à leurs droits les plus fondamentaux.

L’impact de cette situation sur leur bien-être psychosocial et physique est énorme. De plus, beaucoup d’entre eux disparaissent des camps. La Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, souhaite qu’une solution soit trouvée pour ces quelque 5.500 mineur-e-s non accompagné-e-s par le biais d’un programme de réinstallation.

La Belgique doit prendre des engagements

Nous[2] demandons que l’Europe ne détourne plus le regard.

Nous demandons à la Belgique de soutenir une solution européenne et de s’engager à la réinstallation des enfants non accompagnés qui survivent dans les circonstances les plus lamentables aux frontières de l’Europe.

Sept pays de l’UE ont déjà donné le bon exemple et sont disposés à faire transférer au moins 1.600 enfants. En Allemagne, quelque 140 maires ont donné un signal fort sous le hashtag #WirHabenPlatz. Nous aussi, nous avons de la place. Nous pouvons faire en sorte que ces enfants soient pris en charge dans un environnement sûr.

Nous comprenons le contexte difficile actuel, mais nous appelons le gouvernement fédéral à suivre l’exemple de ses collègues en France, en Finlande, en Allemagne, au Luxembourg, en Croatie, au Portugal et en Irlande à s’engager à trouver une solution d’urgence pour les enfants pris au piège dans les “hotspots”.

Une première évacuation vers la Grèce continentale et des mesures temporaires telles que la mise en quarantaine de ces enfants à leur arrivée en Belgique pourraient apporter une solution. L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne a publié le 17 mars une liste avec des suggestions[1] pour faciliter le processus de réinstallation.

Une Belgique hospitalière

Nous demandons aux Communautés de veiller à ce que le plus grand nombre possible de ces enfants soient pris en charge par des familles d’accueil. Nous appelons les autorités locales, à l’instar de Gand et d’autres villes dans nos pays voisins, à faire preuve d’hospitalité et à jouer un rôle de pionnier.

Nous demandons à nos concitoyens de persuader nos autorités de prendre des actions concrètes et significatives, par exemple en adressant cet appel à leur maire ou à leur député.


Cet article est écrit dans le cadre du projet MIND qui reçoit le soutien financier du programme de l’Union européenne pour la sensibilisation et l’éducation au développement (DEAR). Ce contenu relève de la responsabilité de Caritas International, et ne reflète pas nécessairement la position de l’Union européenne. 

Drapeau de l'Union Européenne

Note :

2

Avec Caritas International, les signataires de cet appel à l’action sont 11.11.11, ADDE : Association pour le droit des étrangers, ATF-MENA, Atouts jeunes AMO, CAW, DEI-Belgique, GAMS België-Belgique, Kinderrechtencoalitie Vlaanderen, La CODE, Limburgs platform voor mensen op de vlucht, Maison Babel, NANSEN : the Belgian refugee council, SB OverSeas, SDJ : service droit des jeunes et Vluchtelingenwerk Vlaanderen

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