L’histoire de Nabil et Fadia

Caritas International L’histoire de Nabil et Fadia
30/08/2016

« Se loger ? Mission impossible »

Nabil et sa femme Fadia ont tous deux fui Homs en 2012. Éreintés par la guerre, les bombes et la misère. A l’époque, ils ne se connaissent pas encore. Aujourd’hui, six ans et deux enfants plus tard, ils viennent de s’installer en Belgique, à Beauraing. Grâce à la solidarité d’un propriétaire. Et à l’aide de Caritas International.

« J’ai fui Homs parce que je ne voulais pas faire mon service militaire », explique Nabil, installé à la table de cuisine de sa modeste maison à Beauraing. Mohammed, son fils de deux ans, s’accroche à sa jambe. Nabil l’enlace tendrement en parlant. « Mais si vous désertez, le gouvernement vous recherche. Je devais partir. »

C’est le début d’un long, très long, périple vers l’Europe. Nabil passe par Damas puis le Liban, où il vit dans un camp de réfugiés pendant un an. Il y rencontre sa femme, Fadia, sa joie. Les deux se marient. « Il faisait toujours froid dans le camp et il n’y avait pas suffisamment de nourriture. Tout était difficile. Nous voulions partir. » Grâce à de faux passeports, les époux voyagent vers l’Algérie puis le Maroc. « On voyait bien que c’était un faux », commente Nabil. « Mais ça a marché. Avec tous les tampons, un passeport coûtait 2.000 dollars. »

« Mohammed, notre fils, est né au Maroc. Mais nous n’y trouvions pas de travail. » Pendant six mois, la jeune famille essaie quotidiennement de passer la frontière avec l’Espagne, de passer outre les contrôles exigeants. Après de nombreux essais, ils réussissent et entrent enfin à Melilla, enclave espagnole en territoire marocain. De Melilla, ils sont envoyés à Barcelone pour finalement arriver à Bruxelles. Ils demandent l’asile un lundi matin. Enfin, le bout du tunnel est en vue.

Nabil et Fadia ont obtenu le statut de réfugié en Belgique fin 2015. « Nous avions deux mois pour quitter le centre d’accueil pour demandeurs d’asile et trouver un logement. » Trouver un logement sur le marché locatif. Sans connaître le français. Sans argent. Bref, mission impossible. « Caritas International nous a aidés », témoigne Nabil. « Grâce au coach intégration de Caritas, nous avons rencontré Catherine et son époux, nos propriétaires, et nous avons pu nous installer ici. »

« Sans domicile, impossible de demander un revenu d’intégration au CPAS », commente Séverine, la coache intégration qui s’occupe de Nabil et de sa famille. « Et sans revenu d’intégration, impossible de convaincre un propriétaire de vous louer son bien. » Caritas International fait le lien, tente de remplir ce ‘gap’ entre aide matérielle et financière. « Nous nous portons garants et aidons les réfugiés dans leurs démarches administratives. Nous les installons aussi dans leur logement, prévoyons des kits d’hygiène et de cuisine de base. Un matelas aussi, si nécessaire. »

Nabil : « J’aime beaucoup la culture et les gens d’ici parce qu’il y a beaucoup de respect. Les gens à Beauraing sont très accueillants et très respectueux. »

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