3. Localiser l’aide : transférer le pouvoir, pas seulement les tâches
Les organisations locales sont souvent les premières à répondre et celles qui restent présentes dans la durée. Elles connaissent les langues, les réseaux, les routes et les réalités des communautés affectées. Pourtant, leur responsabilité opérationnelle ne s’accompagne pas toujours d’un pouvoir équivalent sur les priorités et les budgets.
Le Grand Bargain conclu en 2016 avait fixé un objectif : acheminer au moins 25 % des financements humanitaires vers les acteurs nationaux et locaux, aussi directement que possible. Dix ans plus tard, l’objectif reste loin d’être atteint. Selon une étude publiée par ODI Global en mai 2026, moins de 10 % des financements humanitaires internationaux sont parvenus aux organisations locales et nationales en 2024, directement ou indirectement. La part reçue directement ne représentait que 3,8 %.
Localiser l’aide suppose pourtant bien davantage que de confier à une organisation locale l’exécution d’un projet conçu ailleurs. Elle doit participer à l’analyse du contexte et des besoins, aux décisions stratégiques et à la conception opérationnelle, tout en accédant à des ressources flexibles qui couvrent aussi ses coûts de fonctionnement.