Palestine : une annexation qui s’intensifie dans l’ombre de la guerre au Moyen-Orient

Caritas International Belgique Palestine : une annexation qui s’intensifie dans l’ombre de la guerre au Moyen-Orient

© Caritas Jerusalem

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15/04/2026

Depuis fin février 2026, la guerre au Moyen-Orient a pris une nouvelle ampleur. Les frappes entre Israël, les États-Unis et l’Iran, ainsi que l’intensification des hostilités au Liban, ont élargi le conflit à l’échelle régionale.

À mesure que l’attention médiatique et diplomatique se tourne vers ce conflit élargi, les réalités en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza continuent de se dégrader. Au quotidien, les populations palestiniennes font face à des attaques, à des restrictions de mouvement, à une insécurité constante et à un accès limité aux soins et aux services essentiels.

La faillite du “cessez-le-feu" à Gaza

À Gaza, le cessez-le-feu annoncé en octobre 2025 avait suscité un espoir fragile. Plusieurs mois plus tard, la réalité sur le terrain l’a largement démenti. Selon OCHA, entre octobre 2025 et fin mars 2026, près de 700 personnes ont encore été tuées et plus de 1 800 blessées. Le bilan global dépasse désormais 72 000 morts et 170 000 blessé·es, dont une majorité de femmes et d’enfants, d’après le ministère de la Santé à Gaza.

Aujourd’hui, environ 1,7 million de personnes vivent déplacées, réparties sur près de 1 600 sites, dans un espace fortement réduit en raison des zones sous contrôle militaire. La plupart n’ont toujours pas d’abri digne.

Mais au-delà de ces chiffres, les besoins restent considérables : accès aux soins, continuité de l’éducation, soutien psychosocial. Dans de nombreuses zones, les services essentiels sont désorganisés, voire détruits, et ne fonctionnent plus.

En Cisjordanie et à Jérusalem, la colonisation et les violences s’accélèrent

Si Gaza reste l’épicentre du conflit, la Cisjordanie et Jérusalem en révèlent une autre réalité : plus diffuse, mais en forte accélération.

La guerre régionale y a aussi laissé ses traces. Le 20 mars 2026, des éclats de missiles sont retombés en Cisjordanie et à proximité immédiate de bâtiments résidentiels dans la Vieille Ville de Jérusalem. Un collaborateur de Caritas Jerusalem témoigne : « Ils disaient que la Vieille Ville ne serait pas touchée. Ces mots ne voulaient plus rien dire. Il n’y a plus d’endroits sûrs. »

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Mais la violence qui s’abat sur ces territoires est aussi, et surtout, structurelle. Depuis janvier 2025, environ 250 Palestinien·nes ont été tué·es et 38 000 déplacé·es en Cisjordanie, dont plus de 12 500 personnes issues du seul camp de Jénine. Ces déplacements forcés s’inscrivent dans un contexte marqué par des opérations militaires répétées et près de 2 000 attaques de colons, souvent sous protection de l’armée.

Depuis 2023, au moins 38 communautés palestiniennes ont été entièrement vidées sous l’effet combiné des attaques de colons et du durcissement des restrictions imposées par les autorités israéliennes. Profitant du contexte de la guerre avec l’Iran, le gouvernement israélien a approuvé 34 nouvelles colonies en une seule décision – un nombre record.

À cette logique d’emprise territoriale s’ajoute une évolution législative récente. Fin mars 2026, le Parlement israélien a adopté une loi rétablissant la peine de mort, qui, en pratique, s’appliquera quasi exclusivement aux Palestinien·nes. Caritas Europa souligne que cette mesure viole le droit à la vie et les protections prévues par le droit international humanitaire.

Un accès humanitaire de plus en plus limité

Ces derniers mois, les conditions d’accès humanitaire se sont profondément dégradées dans l’ensemble du territoire palestinien.

Si la réouverture temporaire et partielle de certains points de passage à Gaza a pu laisser entrevoir une légère amélioration, certains produits essentiels restent limités ou interdits par les autorités israéliennes. Les évacuations médicales demeurent soumises à des autorisations aléatoires, laissant des patient·es gravement malades sans possibilité de transfert vers des structures mieux équipées.

En Cisjordanie, la fermeture de checkpoints et la multiplication des restrictions de circulation isolent des communautés entières et compliquent fortement la distribution de l’aide, la rendant imprévisible et parfois insuffisante.

En parallèle, la capacité d’intervention de nombreuses organisations humanitaires s’est réduite. Certaines ont dû suspendre temporairement leurs activités ou adapter leur présence, notamment en déplaçant leurs équipes vers des zones jugées plus sûres, en raison des bombardements, des risques sécuritaires et des restrictions imposées par les autorités israéliennes.

Dans ce contexte, la présence d’acteurs encore opérationnels, comme Caritas, reste essentielle.

Rester aux côtés des populations, malgré tout

Nos collègues sur place continuent d’intervenir, dans des conditions extrêmement difficiles.

En 2025, les équipes de Caritas Jerusalem ont réalisé plus de 21 000 consultations médicales à Gaza et plus de 2 000 en Cisjordanie. Elles ont également assuré la vaccination de 1 200 enfants en une semaine, la distribution de 10 000 boîtes de lait infantile, ainsi que l’accompagnement de personnes blessées avec des prothèses et des soins de rééducation.

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© Caritas Jerusalem

En parallèle, elles organisent des distributions alimentaires, un soutien psychosocial et une aide financière à de nombreux ménages.

Plus de 125 membres du personnel de Caritas Jerusalem restent actifs à Gaza, eux-mêmes directement touchés par la guerre. Ces équipes vivent cette réalité avec leurs proches, exposées aux mêmes risques que les personnes qu’elles accompagnent.

Cet engagement a un prix. Depuis le début du conflit, deux de nos collègues ont été tué·es lors de frappes. Ils faisaient partie de ces équipes qui, chaque jour, choisissent de rester aux côtés des populations, malgré les risques.

Une crise qui s’installe dans la durée

Aujourd’hui, la crise ne disparaît pas : elle s’ancre, elle évolue, elle s’intensifie.

La guerre au Moyen-Orient redéfinit les priorités internationales et détourne les regards. Mais en Cisjordanie, à Jérusalem et à Gaza, les déplacements forcés, les destructions et la fragilisation des populations palestiniennes se poursuivent. Dans ce contexte, le droit international humanitaire est plus que jamais mis à l’épreuve : attaques contre des populations civiles, poursuite de la colonisation, restrictions de l’aide et adoption de lois discriminatoires.

Soutenir celles et ceux qui restent aux côtés des populations est plus essentiel que jamais. Malgré l’insécurité et les deuils, nos collègues sur place poursuivent leur action, au plus près des besoins des communautés affectées. Votre soutien permet de maintenir cette aide essentielle.

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