Palestine : cinq mois après l’accord du gouvernement belge, des engagements clés restent bloqués

Caritas International Belgique Palestine : cinq mois après l’accord du gouvernement belge, des engagements clés restent bloqués

© Caritas Jerusalem

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09/02/2026

Cinq mois après l’accord politique adopté par le gouvernement fédéral belge le 2 septembre 2025 en réponse aux violences à Gaza et en Cisjordanie, des mesures essentielles n’ont toujours pas été mises en œuvre. Pour les coupoles CNCD-11.11.11 et 11.11.11, soutenues par Caritas International, ce retard ne relève pas d’un problème technique, mais d’un manque de volonté politique face à des violations graves et persistantes du droit international.

L’accord du 2 septembre 2025 n’est pas le fruit d’une initiative spontanée.
Il est le résultat de mois de mobilisations citoyennes massives, en Belgique et ailleurs, appelant les autorités à dépasser les déclarations symboliques.
Le message était et reste toujours clair : la Belgique doit employer les leviers politiques et juridiques à sa disposition pour faire respecter le droit international humanitaire et les droits humains, à Gaza comme en Cisjordanie.

Un bilan préoccupant cinq mois plus tard

Cinq mois après cet engagement, le constat est sans appel.
Sur les 14 mesures que la Belgique peut adopter de manière autonome, seules 9 ont été effectivement mises en œuvre. 6 mesures clés restent bloquées, alors même qu’elles pourraient avoir un impact réel et immédiat.

Mesures mises en œuvre :

  • Intensification de l’aide humanitaire, y compris à l’UNRWA
  • Évacuations médicales d’enfants atteints de pathologies complexes
  • Interdiction d’exporter ou de transiter des armes
  • Restriction des services consulaires aux colons belges
  • Poursuites judiciaires contre des ressortissant·es belges impliqué·es dans des violations du droit international
  • Refus des survols militaires
  • Réduction de la dépendance vis-à-vis d’Israël (volet défense)
  • Réduction de la dépendance vis-à-vis d’Israël (volet politique fédérale en matière d’achats)
  • Lutte contre l’antisémitisme et l’extrémisme

Mesures toujours en suspens : 

  • Sanctions nationales contre les colons violents, les ministres israélien·ne·s et les dirigeant·es du Hamas
  • Interdiction nationale d’importation des produits venant des colonies
  • Refus de visas D aux colons israéliens
  • Reconstruction de la Palestine
  • Affirmation de la position de la Belgique en Europe par rapport aux sanctions contre Israël
  • Reconnaissance de la Palestine

Ces mesures en suspens constituent le cœur de l’accord du 2 septembre. Leur non-application fragilise la crédibilité des engagements belges et affaiblit le respect du droit international.

Pendant ce temps, les violations se poursuivent

Caritas International Belgique Palestine : cinq mois après l’accord du gouvernement belge, des engagements clés restent bloqués

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Sur le terrain, la situation continue de se dégrader. Malgré l’annonce d’un prétendu « cessez-le-feu », les attaques de l’armée israélienne et les atteintes aux droits humains persistent à Gaza.

Depuis octobre 2025 :

  • au moins 492 Palestinien·nes ont été tué·es ;
  • des quartiers entiers ont été détruits, rendant impossible le retour de nombreuses familles ;
  • l’entrée de l’aide humanitaire reste largement insuffisante ;
  • en Cisjordanie, la violence des colons et l’expansion des colonies atteignent des niveaux historiques.

À Gaza et en Cisjordanie, nos collègues sur place constatent chaque jour les conséquences directes de ces blocages politiques : des familles sans abri durable, des enfants privés d’école, des personnes blessées sans accès suffisant aux soins.

Des blocages politiques qui interrogent

Les mesures non appliquées relèvent principalement de compétences ministérielles aujourd’hui bloquées au niveau fédéral. Cette inertie s’accompagne d’un manque de transparence préoccupant, y compris dans les réponses au contrôle parlementaire et aux demandes d’information publique.

Pour le CNCD-11.11.11 et 11.11.11, ce blocage ne met pas seulement en cause la crédibilité de la Belgique. Il met en danger le respect de ses obligations internationales. En effet, il est essentiel de le rappeler que l’accord du 2 septembre 2025 ne constituait pas une position radicale, mais le strict minimum requis pour respecter le droit international. Caritas International appelle à la mise en œuvre immédiate des mesures encore bloquées. 

Parce que faire respecter le droit, c’est permettre à l’humanité d’avancer.

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