Mineurs vulnérables à Malines : transition vers l’autonomie

Caritas International Belgique Mineurs vulnérables à Malines : transition vers l’autonomie

Nora avait à peine 14 ans lorsqu'elle est arrivée en Belgique toute seule de Somalie. Elle vit maintenant dans un appartement de Caritas à Malines. « Souvent je trouve chouette de vivre seule . Mais parfois, c’est difficile de n’avoir personne à qui parler. ». - Caritas International

Nora avait à peine 14 ans lorsqu'elle est arrivée en Belgique toute seule de Somalie. Elle vit maintenant dans un appartement de Caritas à Malines. « Souvent je trouve chouette de vivre seule . Mais parfois, c’est difficile de n’avoir personne à qui parler. ». - Caritas International

25/10/2022

Titel:

Youth in transit

Public cible:

Mineurs étrangers non-accompagnés (MENA) entre 16 et 18 ans ayant déjà obtenu un statut (réfugié ou protection subsidiaire)*

Objectif:

Accompagner les jeunes vers la vie en autonomie et assurer leur intégration

Lieu:

Malines (aussi à Liège et à Bruxelles)

Durée:

Depuis décembre 2021

Des jeunes vulnérables

« Les jeunes accompagnés par Caritas International dans le cadre de Youth in transit à Malines sont arrivés seuls en Belgique. La plupart ont déjà un très lourd parcours derrière eux », explique Rein Mets, la coordinatrice. « Ils et elles sont originaires de zones de conflit comme la Syrie, l’Afghanistan ou l’Erythrée et ont besoin d’un accompagnement pour reconstruire leur vie en Belgique, loin de leurs parents et de leur famille. »

Référés à Youth in transit Malines par Fedasil, ces jeunes logent dans l’un des 13 appartements que Caritas International met à leur disposition dans un immeuble de la ville.

Un encadrement sur mesure

Youth in transit Malines a pour objectif de rendre les jeunes aussi autonomes que possible et de leur offrir un cadre sécurisant pour apprendre à évoluer dans la société belge.

Deux coachs d’intégration proposent un soutien adapté à leur réalité, leurs besoins et leurs attentes. « Avant même son arrivée à Malines, nous organisons une rencontre impliquant le jeune, son tuteur et une personne référente au sein de la structure d’accueil dans laquelle il résidait auparavant », raconte Sifa Kulia, coach d’intégration. « Nous assurons ainsi une meilleure continuité dans l’accompagnement des jeunes et pouvons anticiper un certain nombre d’aspects ».

Caritas International Belgique Mineurs vulnérables à Malines : transition vers l’autonomieLes coachs d’intégration de Caritas offrent un soutien dans la vie quotidienne. Comme ici : Sifa explique le fonctionnement de la machine à laver. – ©Isabel Corthier

Une fois le/la jeune arrivé-e à Malines, il/elle élabore avec son/sa coach un « plan sur mesure » qui couvre les différents aspects de sa vie :

  • Au niveau psychosocial : recherche d’un-e médecin généraliste, création d’un réseau, attention au bien-être général, identification d’une activité sportive ou autre, mise en place d’un environnement apaisant, réponse aux différents besoins des jeunes en partenariat avec les organisations malinoises pertinentes…
  • Au niveau administratif et budgétaire : demande d’une carte d’identité, affiliation à une mutuelle, apprentissage de la gestion des factures, d’un budget limité et du prix de la nourriture, des vêtements ou encore de l’énergie, apprentissage de l’épargne, etc.
  • Au niveau de la vie quotidienne : préparation des repas, organisation des lessives, tenue d’un agenda pour les rendez-vous importants, etc.
  • Au niveau du vivre ensemble avec les autres jeunes : le bâtiment dans lequel se trouve les 13 appartements dispose d’une salle commune où les jeunes peuvent regarder ensemble la télévision, jouer au kicker et faire du sport. Des ateliers thématiques collectifs sont organisés chaque mois (portant par exemple sur les premiers secours, les relations interpersonnelles ou la nutrition), ainsi que des réunions regroupant tous les résident-e-s. L’objectif ? Encourager les jeunes à participer activement au projet et à faire entendre leur voix. Des sorties en groupe (match de foot, cinéma, trampoline…) et des fêtes d’anniversaire sont au programme.

Le degré d’autonomie des jeunes est régulièrement réévalué avec leur tuteur ou tutrice.

L’équipe de Youth in transit est présente sur place au quotidien, dans un des appartements qui fait office de bureau, et est joignable 24h/24 par téléphone.

Apprendre à vivre en autonomie

Nora (16 ans) occupe un des appartements de Youth in transit à Malines. Lorsque nous frappons à sa porte, nous la surprenons le nez dans ses livres. « J’ai examen de maths et de sciences demain », nous dit-elle. Mais elle n’est pas contre une courte interruption. Nora a fui seule et est arrivée en Belgique il y a deux ans. « Retrouver ma famille est mon plus grand souhait ». Dans quelques semaines, elle aura 17 ans. L’équipe de Caritas a tout prévu pour compenser au mieux l’absence de sa famille lors de ce jour important. « Nous allons gonfler des ballons et manger du gâteau. Nous lui réservons aussi une surprise », explique Sifa, la coach d’intégration.

L’appartement de Nora est agréablement aménagé et impeccablement rangé. « Souvent je trouve chouette de vivre seule », témoigne-t-elle. « Parce que je peux faire ce que je veux. Mais parfois, c’est difficile de n’avoir personne à qui parler. Heureusement que j’ai pas mal d’amis dans l’immeuble. »

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Élaborer un plan d’avenir

« Une intégration réussie passe par des perspectives d’avenir claires », déclare Sifa. « Pour de nombreux jeunes, aller à l’école est une étape essentielle de ce processus. Certains savent déjà qu’ils veulent poursuivre des études. D’autres se sentent moins à l’aise sur les bancs de l’école et préfèrent travailler dès que possible. »

Certains jeunes ont besoin d’un accompagnement psychologique et d’une période de repos avant d’avoir suffisamment d’espace mental pour envisager l’avenir. « Lorsque c’est le cas, nous élaborons avec les jeunes un trajet sur mesure, en étroite collaboration avec les écoles, les tuteurs et d’autres partenaires externes », précise Sifa.

Un autre aspect essentiel pour le futur des jeunes concerne la famille qu’ils ont laissée derrière eux et qui est leur plus grande préoccupation. Faut-il par exemple engager une procédure de regroupement familial ? Lancer des recherches pour retrouver certains membres de la famille ? Et quel est l’impact de cette situation sur le mental des jeunes ? « Beaucoup de jeunes sont super motivés pour trouver un job d’étudiant pendant les vacances scolaires. Ils sont fiers de gagner leur propre argent et de pouvoir aider leurs familles dans leur pays d’origine », complète Sifa.

Une fois majeurs, les jeunes doivent quitter les appartements de Caritas. A l’approche de leur 18e anniversaire, ils et elles commencent donc à chercher un logement adapté. L’équipe de Caritas les informe sur les difficultés auxquelles s’attendre, les questions pratiques à régler (assurance, CPAS, contrats d’énergie, etc.) et les soutient à chaque étape de leur recherche. Certains jeunes commencent tout de suite à vivre seuls, tandis que pour d’autres, un nouveau trajet d’accompagnement se met en place. Quoi qu’il en soit, l’équipe assure un suivi des jeunes pendant une certaine période après leur départ. « Nous voulons être certains que tout se passe bien et que nous pouvons les laisser s’envoler en toute sérénité », conclut Sifa.

Note :

*

Les MENA accompagnés à Malines sont en 3e phase, celle de l’autonomie accompagnée visant à les préparer à la vie en autonomie une fois qu’ils et elles auront atteint leur majorité. La phase 1 correspond à une phase d’observation pour les MENA qui viennent d’arriver en Belgique. La phase 2, dite de stabilisation, concerne les MENA qui sont prêt-e-s à vivre dans une structure collective d’accueil.

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