Une politique de non-accueil : l’Arizona franchit une nouvelle ligne rouge

Caritas International Belgique Une politique de non-accueil : l’Arizona franchit une nouvelle ligne rouge

© Tatiana Svorou/MSF

© Tatiana Svorou/MSF

23/04/2026

Aujourd’hui, 7 organisations publient la sixième édition du rapport sur la politique de non-accueil couvrant la période de juillet à décembre 2025. Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, CIRÉ, BelRefugees, Caritas International et le Humanitarian Hub constatent que la politique belge de non-accueil des demandeur·euses de protection internationale s’est poursuivie sans relâche en 2025.

Une réalité qui perdure

Alors que le gouvernement et la ministre de l’Asile et de la Migration donnent l’impression que la situation est sous contrôle, la réalité est tout autre. Si la liste d’attente pour un hébergement est passée sous la barre des 2 000 personnes, cela ne signifie pas pour autant que plus personne ne se retrouve à la rue.

Le « Brussels Deal », par lequel le gouvernement fédéral et la Région de Bruxelles financent 2 000 places dans le réseau d’aide aux personnes sans-abri, n’apporte pas de solution structurelle pour les demandeur·euses de protection internationale. Ces places ne leur sont pas exclusivement destinées, aucune orientation automatique depuis Fedasil n’est prévue et, selon la jurisprudence européenne, il incombe toujours à Fedasil d’assurer l’accueil.

Un nouveau seuil franchi

Caritas International Belgique Une politique de non-accueil : l’Arizona franchit une nouvelle ligne rouge

© Tatiana Svorou/MSF

Parallèlement, le gouvernement est allé encore plus loin avec une nouvelle législation sur l’accueil, plus stricte que celle de la législature précédente. Alors qu’auparavant les hommes seuls étaient principalement concernés, en 2025, des familles avec de très jeunes enfants se sont également retrouvées à la rue.

Malgré les appels répétés de la société civile ainsi que d’institutions belges et internationales à mettre fin à cette situation intenable, le gouvernement a une nouvelle fois choisi de durcir sa politique. De nouvelles modifications législatives ont exclu davantage de demandeur·euses de protection internationale, alors même que le nombre de places d’accueil continuait de diminuer.

Des conséquences lourdes

Les organisations non gouvernementales et humanitaires tentent de compenser les manquements des autorités, mais leurs réseaux d’urgence sont saturés et peinent à répondre à une demande croissante.

Or, il s’agit de droits fondamentaux tels que :

  • l’accès à un hébergement
  • l’alimentation
  • les vêtements
  • les soins médicaux et psychologiques
  • l’assistance juridique

Le rapport souligne également que des milliers de décisions judiciaires obligent Fedasil à fournir un accueil, sans que le gouvernement ne modifie sa politique. Cela met en péril non seulement la protection des droits humains, mais aussi le respect de l’État de droit.

Un constat clair

Cette situation n’est pas un échec temporaire, mais le résultat d’une politique délibérée. Tant que des personnes dormiront dans la rue, que les décisions de justice ne seront pas exécutées et qu’aucune mesure structurelle ne sera prise, la Belgique continuera de violer ses obligations internationales.

Le rapport souligne pourtant que des solutions existent :

  • garantir un accueil digne
  • augmenter structurellement les capacités
  • prévoir un budget suffisant
  • activer un plan de répartition équitable

La poursuite et le durcissement de cette politique sont donc inacceptables.

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