Alors que la Déclaration de progrès évoque des voies d’accès sûres et régulières, l’Union européenne met en œuvre le Nouveau Pacte sur la migration et l’asile, qui déplace radicalement l’attention vers la surveillance des frontières et leur externalisation via des return hubs.
Particulièrement alarmante est la révision proposée du règlement sur le retour, notamment son article 23a, qui autoriserait les autorités à perquisitionner non seulement des domiciles, mais aussi « d’autres lieux pertinents ». Une formulation qui pourrait ouvrir la voie à des descentes dans des centres d’accueil, des salles paroissiales ou les bureaux d’organisations d’aide.
Les évêques belges ont dénoncé, à juste titre, une criminalisation de la solidarité internationale. Même la simple perspective d’une législation similaire produit déjà un véritable chilling effect : des personnes sans papiers n’osent plus se rendre à des rendez-vous médicaux ou accompagner leurs enfants à la banque alimentaire, de peur d’être arrêtées.
Le Civil Society Action Committee parle dès lors d’une « absence profondément préoccupante de progrès tangibles ». Violences aux frontières, détention d’enfants dans des conditions inhumaines, exploitation du travail des femmes dans les secteurs du soin et du travail domestique : la réalité dément, point par point, les engagements pris.