Caritas International Belgique Le poids du silence : l’Ouest de la RD Congo s’enfonce dans la crise, dans l’indifférence internationale

© Colin Delfosse

17/11/2025

Caritas International et Justice & Paix lancent un appel urgent pour mobiliser face à la crise : il est temps de briser le silence autour du conflit qui ébranle les provinces du Maï-Ndombe, du Kwilu, du Kwango, du Kongo Central et de Kinshasa, à l’Ouest de la RD Congo, depuis juin 2022.

Une crise oubliée aux portes de Kinshasa

Depuis le début du conflit, la région s’embrase dans l’indifférence quasi totale. Aux portes de Kinshasa, les tensions foncières et identitaires se sont transformées en affrontements ouverts, menaçant la cohésion sociale et la stabilité politique, à deux pas de la capitale. Plus de 280.000 personnes déplacées, 1 personne sur 2 touchée par la crise alimentaire dans la zone et 30% des enfants exclus du système scolaire depuis parfois plus de 3 ans.
Ce qui avait commencé comme un différend sur l’occupation des terres entre communautés Teke et Yaka a attisé les divisions identitaires et les violences, sous l’impulsion des miliciens Mobondo.

Une campagne pour briser le silence

Pour soutenir leurs actions sur le terrain et amplifier leur mobilisation en Belgique, Caritas International et Justice & Paix Belgique lancent une campagne de sensibilisation dédiée au conflit négligé qui ravage l’ouest de la République Démocratique du Congo.

La campagne divulguera, au fil des mentions dans la presse et sur les réseaux sociaux, une photographie évocatrice du conflit, par Colin Delfosse. Une image forte, au coeur également de l’expo « Crises oubliées » visible à Géopolis (Bruxelles), qui sera révélée progressivement en ligne. Comme un symbole du rôle essentiel de la parole et de l’attention publique dans la reconnaissance d’un conflit trop longtemps invisibilisé.

Pour en savoir plus, suivre l’évolution de cette révélation et rompre le silence : www.lepoidsdusilence.be

Une année d’enquête au coeur du conflit et un rapport inédit

Devant la rapidité de la dégradation de la situation et des menaces pesant sur les populations, Caritas et Justice & Paix, qui comptent parmi les premiers répondants, se sont associées à IPIS, centre de recherche indépendant, pour mener une recherche inédite. Le résultat, présenté le 20 novembre à Bruxelles par un panel d’experts : un rapport qui jette une lumière crue sur ce qui se joue dans la zone, et un aperçu des leviers utiles à la désescalade et à une réponse durable à la crise.

Note aux rédactions

  • Un kit comprenant les principaux supports de campagne est disponible ici.
  • Le rapport conjoint d’IPIS, de la CDJP Kinshasa et de CI.be intitulé « Le poids du silence : comment la révolte des Mobondo bouleverse l’Ouest de la RD Congo » sera présenté par ses auteurs et un panel d’experts locaux le 20 novembre à Géopolis. Partant du relevé de la situation sécuritaire et humanitaire, l’étude livre une analyse de la structure et des motivations du phénomène Mobondo, des causes profondes du conflit aux multiples dimensions, de l’instrumentalisation politique de la crise et est ponctué de recommandations.
  • Les experts congolais de Justice & Paix Kinshasa, présents en Belgique pour la publication du rapport, et ses auteurs sont disponibles pour interview.
  • Le photoreportage que Colin Delfosse consacre à la crise des Mobondo reste visible jusqu’au 28 novembre à Géopolis (rue des Tanneurs 58, 1000 Bruxelles), centre du photojournalisme, dans la cadre de l’exposition « Crises oubliées ». Une sélection de ses photos est disponible pour publication.
  • Caritas sur le terrain : Pour répondre à la crise, Caritas International et 7 organisations partenaires mettent en oeuvre le projet « Lisanga (Ensemble) ». Financé à hauteur de 3,2 millions d’euros (dont 3 millions par DG-ECHO), le programme vise 30.000 personnes déplacées, rapatriées et familles d’accueil à Kwamouth (Maï-Ndombe) et Maluku (Kinshasa) entre 2024 et 2026. Les actions portent sur la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, la cohésion sociale et la protection contre les violences de genre. Déjà, plus de 12.000 consultations médicales, 1.100 accouchements assistés et 1.300 enfants pris en charge ont été enregistrés. Des écoles ont rouvert, des agriculteurs ont reçu du matériel, et des espaces communautaires favorisent le dialogue entre communautés.

Des questions sur ce communiqué ? Contactez Gilles Cnockaert – g.cnockaert@caritasint.be ou via le 0470 90 12 53.