Caritas International Belgique Après la chute d’Uvira, plus de 60.000 réfugiés congolais au Burundi en quelques jours : Caritas appelle à un sursaut international

© Caritas Burundi

12/12/2025

La récente prise de la ville congolaise stratégique d’Uvira par les rebelles du M23 aggrave la crise humanitaire au Burundi. Plus de 60.000 réfugiés congolais ont franchi la frontière avec le pays voisin ces derniers jours. Caritas Burundi et Caritas International (Belgique) revoient leurs interventions d’urgence à la hausse et tirent la sonnette d’alarme.

L’escalade du conflit dans l’est de la RDC depuis février 2025 a poussé un très grand nombre de Congolais à fuir vers le Burundi. En ce début décembre, la situation se détériore gravement avec l’arrivée de 65.000 réfugiés supplémentaires suite aux combats intenses dans les environs d’Uvira, dans la province congolaise voisine du Sud-Kivu. Les équipes de Caritas sur place constatent un déficit criant d’infrastructures d’accueil adaptées et suffisantes, en termes d’eau, d’abri et de nourriture.

Des capacités d’accueil sous pression

Les autorités burundaises entendent héberger les nouveaux réfugiés dans le camp de Bweru (Ruyigi), dans la province de Buhumuza. « De nombreuses familles survivent dans des tentes de fortune ou dorment à la belle étoile. Et beaucoup d’autres pourraient encore arriver », témoigne Bernard Cubwa, directeur de Caritas Burundi. Caritas Burundi y organise une aide alimentaire et des distributions de biens de première nécessité, avec le soutien du HCR, du PAM et du réseau mondial Caritas.

Caritas augmente sa réponse d’urgence

Caritas International s’inquiète des conséquences d’une situation très préoccupante et rapidement changeante. L’organisation injecte 130.000 euros pour soutenir l’effort d’urgence de ses organisations partenaires locales et mobilise des fonds institutionnels : distribution de repas chauds et prise en charge nutritionnelle, installation de citernes d’eau, fourniture de kits d’hygiène, etc.

Une crise à deux visages : entre déplacements et retours forcés

Aux mouvements de population générés par la prise de Bukavu au début de cette année et d’Uvira ces derniers jours s’ajoute la question du retour – de gré ou de force – de milliers de Burundais en exil. Depuis la Tanzanie, plus de 80.000 Burundais seront vraisemblablement contraints de rentrer sous peu, au risque d’aggraver la pression sur les services de base et sur les terres, ainsi que les tensions foncières dans le pays. Un pays dont la population reste fragilisée par les déplacements internes et des taux d’insécurité alimentaire inquiétants.

Appel à la communauté internationale

À quelques jours du Forum mondial sur les réfugiés à Genève, Caritas International exhorte les pays donateurs, dont la Belgique, à débloquer des fonds et à soutenir les populations réfugiées et retournées, ainsi que les communautés qui les accueillent au Burundi. Un effort supplémentaire s’impose pour soutenir la réponse d’urgence fournie par les organisations locales et garantir le respect des droits des réfugiés congolais et des Burundais rapatriés. Seules des solutions durables et inclusives pourront rompre le cercle vicieux des déplacements incessants qui déstabilisent la région.

Note aux rédactions

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