Solidarco : la solidarité de la diaspora congolaise à l’action

Caritas International Belgique Solidarco : la solidarité de la diaspora congolaise à l’action

© Solidarco - Un problème de santé est vite arrivé. Que faire lorsqu'il s'agit d'un membre de votre famille et que les dépenses sont trop importantes ? Solidarco offre une solution aux personnes immigrées ayant de la famille au Congo.

© Solidarco - Un problème de santé est vite arrivé. Que faire lorsqu'il s'agit d'un membre de votre famille et que les dépenses sont trop importantes ? Solidarco offre une solution aux personnes immigrées ayant de la famille au Congo.

22/07/2020

Les personnes migrantes contribuent au développement de leur pays de résidence, mais aussi à celui du pays d’origine. Un bon exemple de ce phénomène ? L’assurance santé Solidarco où la diaspora en Belgique a pris un rôle actif dans l’amélioration des conditions de vie de la population restée au pays, en RD Congo. Bien qu’aucun lien ne lie Caritas et cette initiative, ce bel exemple de solidarité internationale mérite toute notre attention. Rencontre avec Martini Hagiefstratiou, sa responsable en Belgique.

D’où vient l’idée de Solidarco, cette assurance santé solidaire en RDC ?

Martini Hagiefstratiou : Des personnes originaires de la diaspora congolaise en Belgique sont venues voir la mutualité Solidaris en raison de la pression financière causée par les dépenses de santé de leurs proches au Congo. En réaction, ces membres de la diaspora congolaise et Solidaris ont mis sur pied un projet d’assurance maladie pour les migrants congolais qui leur permet de couvrir jusqu’à sept de leurs parents restés à Kinshasa, moyennant une prime de 30 euros par mois.

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Qu’en est-il aujourd’hui de cette association ?

MH : Aujourd’hui, Solidarco est devenue une fondation indépendante qui a 266 personnes affiliées en Belgique ; chacune d’elles assurant en moyenne sept personnes à Kinshasa. Ce programme permet à de nombreuses personnes de se faire soigner gratuitement dans certains types de centres de santé. Les prestations disponibles sont très vastes : du dentiste à l’optique, en passant par les interventions plus importantes.

Quels sont les avantages de Solidarco tant en Belgique qu’au Congo ?

MH : D’une part, Solidarco permet d’alléger les pressions et difficultés financières des immigrés et immigrées congolais vivant en Belgique. En effet, les dépenses de santé sont par définition imprévues et peuvent être très élevées. D’autre part, Solidarco permet à leurs familles vivant à Kinshasa d’être couverts en cas d’imprévus de santé et d’être mieux soignés grâce à la prévention.

Quel est le profil type des personnes qui cotisent ?

MH : Il s’agit généralement de femmes d’une quarantaine d’années. 80 % des affiliés sont des affiliées, et parmi les hommes, une grande partie est ecclésiastique. Au niveau des différentes régions, les donateurs viennent tant de Bruxelles et de Wallonie que de Flandre.

En quoi le Covid-19 a eu un impact sur votre travail ?

MH : Notre bureau à Kinshasa est devenu un centre de confinement. Notre personnel a dû travailler de chez-lui à cause de la situation sanitaire. Concrètement, nous avons aussi distribué des kits d’hygiène et fait un travail de sensibilisation autour des mesures d’hygiène via notamment des émissions radio.

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Soldarco : Un exemple du lien migration et développement

Solidarco était l’un des exemples mis en avant dans notre rapport portant sur le lien entre migration et développement : « Penser une maison commune. Migration et développement en Belgique » réalisé en partenariat avec deux chercheurs universitaires.

Jean-Michel Lafleur, professeur à l’Université de Liège, y explique que l’impact social de Solidarco en RD Congo est bien plus important que celui de simples transferts. En effet, la coopération avec les centres de santé locaux à Kinshasa permet de renforcer les formes d’assurances communautaires existantes et de promouvoir leur développement au niveau local par rapport aux solutions privées plus coûteuses et moins efficaces. Toutefois, le nombre limité de migrant‑e‑s participant‑e‑s au programme illustre le défi que représente une évolution de la perception du modèle de soins de santé.

Vous voulez en savoir plus ? Lisez notre article résumant les principales conclusions du rapport.


Cette interview a été réalisée dans le cadre de la campagne #whatishome à travers laquelle les liens entre développement et migration sont explorés.  Le tout fait partie du projet MIND qui reçoit le soutien financier du programme de l’Union européenne pour la sensibilisation et l’éducation au développement (DEAR). Ce contenu relève de la responsabilité de Caritas International et ne reflète pas nécessairement la position de l’Union européenne. 

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