Sensibiliser les jeunes réfugié·es à la santé mentale

Caritas International Belgique Sensibiliser les jeunes réfugié·es à la santé mentale

© Caritas International

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29/01/2026

Après des parcours trop souvent traumatiques et des procédures d’asile angoissantes, les jeunes réfugié·es sont confronté·es à des stress intenses et n’ont pas forcément les clés pour en parler. Les accompagnatrices du projet Youth in Transit ont créé des ateliers afin de sensibiliser à la santé mentale et à l’importance de communiquer sur ce sujet encore trop tabou.

A Bruxelles, l’équipe de Youth in Transit accompagne des jeunes de 16 à 18 ans ayant obtenu le statut de réfugié en Belgique. Bien qu’obtenir le droit à la protection internationale soit un soulagement, cette nouvelle s’accompagne de nombreuses responsabilités. Afin qu’ils et elles ne soient pas entièrement livrés à eux·elles-mêmes, Caritas International les guide et les soutient à travers un accompagnement vers l’autonomie et la transition vers un logement individuel.

Des parcours traumatiques et de lourdes responsabilités  

« Il n’y a pas un type de profil. Ce sont des nationalités variées, des parcours totalement différents et des dynamiques familiales très diverses. » explique Alice Guebs, accompagnatrice sociale au sein de Youth in Transit. Le contact humain prime et la relation avec chaque jeune est différente et va dépendre de leur personnalité et de leur vécu. Pour cela, un accompagnement individuel est primordial, tout autant que des sessions en groupe. « Certains nous parlent ouvertement de leur pays et de leur famille, d’autres pas du tout. La communication varie énormément », poursuit Alice.

L’adolescence est réputée pour être une période compliquée, mais traverser celle-ci dans un pays inconnu et sans repères l’est encore davantage. Le parcours d’exil ainsi que la procédure d’asile provoquent des états de stress qu’aucun·e jeune ne devrait connaître. « Ils et elles sont responsabilisé·es très vite et doivent être indépendant·e au quotidien alors qu’ils et elles ne sont que des ados », renchérit Alice.

Des exercices pour sensibiliser au stress 

Afin de conscientiser au stress et de sensibiliser à la santé mentale, l’équipe de Youth in Transit effectue divers ateliers avec les jeunes.

« Le stress est encore un sujet tabou dans de nombreuses communautés et demander de l’aide reste souvent difficile » explique Noémie Hoffmann, accompagnatrice sociale. Ces ateliers permettent d’expliquer aux jeunes que le stress est une réaction naturelle qui nous protège dans certaines situations. « Il est utile de faire ces ateliers en groupe car les jeunes comprennent ainsi qu’ils et elles ne sont pas seul·e à subir le stress » poursuit Noémie. L’objectif est de démontrer qu’il est possible d’en parler et de chercher des solutions ensemble. Ce type d’exercice est important pour aborder le sujet du stress de manière informelle.

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Par exemple, l’exercice du sac à dos est une métaphore afin de représenter visuellement les charges (vécu, difficultés, etc.) que chacun·e porte. « Cela nous permet d’engager une conversation avec les jeunes : qu’est-ce qu’il y a dans mon sac à dos ? Comment puis-je l’alléger ? Comment puis-je me renforcer ? Qui pourrait m’aider à porter mon sac lorsqu’il devient trop lourd ? » explique Noémie, qui a animé cet atelier.   L’accompagnatrice dispose ensuite toute une série de photos sur la table. Celles-ci représentent un lit, un téléphone, une forêt, une salle de sport, une radio qui émet de la musique, etc. Chaque jeune doit choisir deux photos : une qui représente une situation stressante et une seconde qui illustre une activité relaxante.

M. est un jeune accompagné par Caritas International. Il explique que le téléphone l’angoisse car il reçoit beaucoup de notifications et qu’il peut amener de mauvaises nouvelles. Il tend ensuite sa seconde photo, représentant une personne qui marche dans un champ, et précise qu’il aime bien aller marcher et courir dans la nature. « Cet exercice amène les jeunes à réfléchir à la question : comment puis-je gérer mon stress. Cela nous permet d’ouvrir la conversation sur des stratégies d’adaptations saines qui peuvent être mises en place » développe Noémie.

Un chemin vers l’autonomie  

Le cœur du projet Youth in Transit est la mise en autonomie et a pour objectif que les jeunes puissent identifier leurs propres ressources et se débrouiller par eux·elles-mêmes. « Ces ateliers permettent aux jeunes d’avoir une meilleure connaissance de leur charge mentale et de leurs limites, afin de les rendre plus autonomes dans leur manière de gérer le stress et qu’ils et elles soient capables d’identifier les moments où leur sac à dos devient trop lourd. » conclut Noémie.

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