8,2 millions de personnes ont besoin de l’aide humanitaire en Irak

Caritas International 8,2 millions de personnes ont besoin de l’aide humanitaire en Irak
31/08/2015

Le groupe Etat Islamique ou Daesh, comme on l’appelle au Moyen-Orient, avance non seulement en Syrie mais aussi en Irak. En juin 2014, il avait conquis la plus grande partie des plaines de Ninive, les provinces d’Anbar, de Salâh Ad-Din, de Diyala et de la ville de Mossoul. Plus de 145.000 familles ont fui, dont des milliers de familles issues de minorités, chrétiennes, réfugiées en nombre au Kurdistan, ou encore Yézidis, qui se sont retrouvées encerclés par l’EI dans les Monts Sinjar. La situation s’est empirée quand les combattants kurdes ont dû battre en retraite. Depuis, des zones, jusqu’ici relativement sûres, comme la ville chrétienne de Qaraqosh, sont également tombées dans les mains de l’EI.

De nombreuses familles ont fui, comme des centaines de milliers de Syriens avant eux, près de Dohuk ou plus loin encore, vers le Nord-Est de l’Irak. Dans le Nord du pays, les combats semblent s’être temporairement apaisés. Au centre par contre, les troupes gouvernementales luttent toujours contre l’EI. Leur offensive à Anbarhas a à nouveau causé l’arrivée importante de déplacés dans les villes de Kirkouk et de Bagdad.

Cette situation rend très incertain l’avenir d’une coalition politique et complique les relations entre les autorités de Badgad et le Kurdistan, où la plupart des déplacés ont été accueillis. De plus, l’économie est instable : les salaires n’ont plus été payés depuis plusieurs mois, le gouvernement n’arrive plus à gérer ses programmes d’aide alimentaire et les agriculteurs attendent désespérément les bénéfices de leurs récoltes.

Depuis le début des conflits, on estime à 8,2 millions, le nombre de personnes ayant besoin d’aide humanitaire, et à 3,1 millions, ceux qui ont fui l’Irak. Il faut également prendre en considération les 250.000 Syriens qui sont allés se réfugier en Irak avant l’irruption de l’EI. Les organisations locales et internationales pour les réfugiés travaillent ensemble pour répondre aux besoins des réfugiés mais ils sont encore nombreux à manquer d’aide. Vu le manque de soutien financier, l’avenir n’est pas prêt de s’améliorer. La communauté internationale avait promis de libérer 1,35 milliard d’euros, or seuls 456 millions ont été effectivement mobilisés. Les fonds des organisations pour les réfugiés ont cruellement fondu. Par conséquent, il devient très difficile d’accueillir de nouveaux réfugiés. 60% des opérations humanitaires courent le risque d’être mises à l’arrêt par manque de moyens. Les conséquences seraient dramatiques pour des centaines de milliers de personnes, et en particulier pour les minorités qui ne peuvent compter sur aucun filet de sécurité (social ou religieux), et peuvent encore moins compter sur du soutien que les déplacés locaux.

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