Faim et choléra en Somalie

Caritas International Faim et choléra en Somalie
17/03/2017

La sécheresse actuelle en Somalie est l’une des pires de mémoire d’homme. Elle est plus extrême et dure depuis plus longtemps que la sécheresse de 2011 qui coûta la vie à 250.000 personnes. Caritas est présente sur le terrain et apporte de la nourriture, de l’eau et des soins médicaux aux plus précarisés. Nous voulons faire plus mais manquons cruellement de moyens.

Caritas à Gedo : 24h/24

Abdi Tari Ali travaille dans la région de Gedo au sud-ouest de la Somalie. Il est responsable des programmes pour Trocaire (Caritas Irlande). Il est aussi médecin et aide où il peut : « pas question d’horaires de travail normaux. Nos collaborateurs ont des shifts de 24h sur 24 afin de sauver un maximum de vies. »

Trocaire est actif depuis 25 ans à Gedo. L’organisation y apporte des soins de santé et y met en place des programmes d’alimentation et de scolarisation. Trocaire soutient 3 hôpitaux, 10 centres de soins de base et 4 centres médicaux.

Sécheresse : pire que les précédentes

La famine de 2011 avait coûté la vie à 250.000 personnes. La sécheresse actuelle est la pire de mémoire d’homme. Elle est plus extrême et dure depuis plus longtemps que celle vécue en 2011. Les récoltes sont mauvaises, voire inexistantes et bon nombre de villages n’ont plus d’eau. « De nombreuses personnes ici sont des bergers. Leur bétail est mort », raconte Ali.

« Les gens marchent parfois plus de 90km pour arriver ici parce qu’ici, il y a de l’eau pour eux et leurs animaux. Ou ils essaient de se rendre en Ethiopie ce qui n’est pas simple. Souvent, ils atterrissent dans des camps aux conditions de vie lamentables. Nous dénombrons déjà 40.000 enfants malades : sous-alimentés et souffrant de diarrhée. Ou qui souffrent de problèmes respiratoires parce qu’ils dorment dehors sans protection suffisante. »

Les enfants, premières victimes

Le programme d’aide alimentaire a été élargi de 9.000 à 12.000 enfants. « Nous croulons sous les demandes », raconte Ali. « Les enfants vont vraiment mal. On voit tout de suite qu’ils souffrent de malnutrition : ils ont un visage boursoufflé, des cheveux fins, des pieds et un ventre gonflé. Si vous poussez avec un doigt sur leur bras, il reste une marque. La peau a perdu toute son élasticité. »

« Nous nous focalisons sur les enfants les plus vulnérables. Nous leurs donnons de la bouillie et des aliments secs. Nous faisons un screening rapide quand ils arrivent, les enregistrons et commençons immédiatement le programme d’alimentation adéquat. »

Outre ces programmes d’aide dans les centres de soin, Trocaire organise également des distributions de nourriture dans les écoles. En 2011, le décrochage scolaire augmentait en même temps que la faim et le manque de nourriture. La distribution de nourriture dans les écoles est essentielle pour garder les enfants sur les bancs scolaires.

Le choléra se soigne

Le nombre de cas de choléra aussi augmente rapidement. L’hygiène dans les camps est lamentable. L’eau manque et les gens sont affaiblis à cause du manque de nourriture. Un cas de choléra peut contaminer tout un camp ou village. C’est pourquoi Caritas a également mis en place deux centres de traitement du choléra où les patients sont réhydratés et soignés à l’aide d’antibiotiques.

« Le choléra se soigne facilement », explique Ali. « A condition que les gens arrivent jusqu’à nous. Certains sont amenés en civière ou à dos de chameau et doivent parcourir 20km avant de trouver de l’aide. Qui sait combien meurent en chemin… »

« Nos 30 lits ne suffisent plus à accueillir les centaines de patients touchés. Les chanceux ont un lit, les autres dorment dehors. »

Caritas veut faire plus

CRS, Caritas Etats-Unis, est également active dans les régions rurales du centre de la Somalie et dans la région frontalière du Kenya. De nombreux agriculteurs n’ont plus d’argent, leurs animaux – leur capital – sont morts. CRS distribue du cash aux personnes là où la nourriture et l’eau manquent. CRS construit également des puits, en réparent et organisent des formations quant à la gestion durable de l’eau. CRS tente de cette façon d’éviter que les agriculteurs n’aient à quitter leur habitation.

Abdi Tari Ali : « En décembre déjà, nous savions qu’une catastrophe arriverait mais la communauté internationale est lente à réagir. La famine et de nombreux morts peuvent être évités avec les moyens financiers nécessaires. Il y a de la nourriture à disposition. Caritas peut et veut aider plus de personnes. Mais, pour ça, nous avons besoin de moyens supplémentaires. »

Des femmes et enfants à la recherche d’aide établissent un campement à la périphérie de Baidoa.
Credit: Mohamed Sheikh Nor/CRS

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