Crise oubliée dans le Nord-est du Nigeria

Caritas International Crise oubliée dans le Nord-est du Nigeria
13/12/2017

Ils sont au nombre de 579. Ce sont les résidents du camp Sainte-Thérèse à Yola, Nigeria. Ils ont fui la terreur de Boko Haram. Malgré la reprise du contrôle par le gouvernement dans de grandes parties du Nord-est du pays, ces personnes ne peuvent pas encore rentrer chez elles. En cause ? Des violences toujours présentes. Caritas continue à les soutenir.

L’histoire de Tabitha

« Quand Boko Haram a assailli  notre village et a commencé à tuer, nous avons fui vers la frontière avec le Cameroun », raconte Tabitha Israel, une jeune femme de 27 ans, maman de quatre enfants et victime de la violence continue. « Les gardes frontaliers ne nous ont pas laissé passer. Nous avons attendu là pendant deux semaines dans des conditions déplorables. Il n’y avait pas d’eau potable, pas de toilettes, pas de savon. Beaucoup de personnes sont mortes du choléra. Mon fils âgé de 2 ans n’a pas survécu. Trois de mes cousines non plus. Finalement, nous sommes retournés à l’intérieur du pays. »

Notre collègue Marisol Martinez était sur place et témoigne : « La plupart des habitants du camp ont, tout comme Tabitha, vécus des événements dramatiques : des parents arrêtés ou tués sous leurs yeux ; des abus physiques et sexuels à l’encontre des femmes et des enfants ; des fils et filles qui sont décédés à cause de privation ou du choléra… »

Protection et besoins de base

Après de nombreux et longs voyages à pieds, Tabitha et ses enfants sont arrivés au camp de Yola, situé dans l’Etat d’Adamawa. Le camp s’est organisé sur un terrain privé, propriété de l’Eglise catholique.

« Tabitha y vit avec quatre autres familles dans un abris temporaire. Caritas Nigeria y a installé des latrines (séparées pour les hommes et les femmes) et y fourni des kits d’hygiène.

Caritas y a également installé une pompe à eau qui fonctionne à l’énergie solaire afin de garantir l’accès à l’eau. Et ce n’est pas uniquement pour les presque 600 habitants du camp mais aussi pour la population locale », ajoute Marisol.

Malgré tout, la nourriture reste un grand problème. Caritas ne peut fournir de la nourriture que le matin et le soir. Les résidents du camp reçoivent un déjeuner robuste : important pour les enfants qui vont à l’école dans les environs. Mais le soir, les moyens pour manger à sa faim manquent. Tabitha : « Tout ce que je souhaite, c’est rentrer chez moi et reconstruire ma vie de famille, recommencer à cultiver et être autonome. Mais c’est encore trop dangereux, c’est pourquoi, je reste ici. »

Nous aiderons tant que ce sera nécessaire

Suite aux attaques de Boko Haram dans le Nord-est du pays, le gouvernement déclara l’état d’urgence en 2013 dans trois Etats : Borno, Yobe et Adamawa. Malgré la reprise du contrôle dans de grandes parties du Nord-est, la situation reste très dangereuse et instable dans certaines régions. Pourtant, le gouvernement a fermé les camps de réfugiés officiels en fin 2016.

Selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés, 1,7 millions de personnes étaient toujours déplacées internes au Nigeria en date du 7 novembre 2017. Les violences ont créé une crise humanitaire énorme : plus de 5 millions de personnes dans le Nord-est ont besoin d’aide. 500.000 enfants sont menacés de malnutrition.

Grâce à votre soutien à la campagne Famine 12-12, nous avons pu soutenir les actions du réseau Caritas au Nigeria avec 100.000 euros. Au total, près de 9.000 victimes ont reçu de l’aide.

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