Au Liban comme en Jordanie, les écoles ne peuvent plus faire face à l’afflux de réfugiés

Caritas International  Au Liban comme en Jordanie, les écoles ne peuvent plus faire face à l’afflux de réfugiés

© © Isabel Corthier

31/08/2015

Au Liban comme en Jordanie, les écoles sont surpeuplées et ne peuvent plus faire face à l’afflux de réfugiés. Aucun des deux systèmes ne permet d’accueillir de nouveaux élèves. Au Liban, le système d’enseignement est en grande partie privatisé. Par conséquent, la qualité des performances des écoles publiques est faible et leur infrastructure insuffisante. En Jordanie, 40% des écoles sont saturées. Il n’y a plus de places disponibles. Des enfants sont refusés ou mis sur des listes d’attente. Dans les deux pays, on essaie de travailler en deux équipes : l’une à horaire régulier et l’autre à horaire décalé.

Durant l’année scolaire 2014/2015, 98 écoles jordaniennes et 156 écoles libanaises ont appliqué avec succès ce type de système. Des 225.000 enfants syriens en âge de scolarisation, réfugiés en Jordanie, seuls 132.000 sont inscrits dans une école. Des 405.000 enfants réfugiés au Liban, il n’y a que 105.000 qui ont accès à l’enseignement. Bref, en Jordanie comme au Liban, ces enfants ont besoin d’urgence d’une aide extérieure.

Après des années de guerre, les familles réfugiées ont épuisé leurs ressources financières. Pour celles dont les enfants vont à l’école, les frais scolaires supplémentaires (cahiers, livres, vivres, transport, etc.) sont trop lourds à porter. Dès lors, certaines familles sont acculées à faire des choix qu’elles désapprouvaient avant la guerre : arranger le mariage des filles, garder les enfants à la maison ou les pousser au travail. Aujourd’hui, plus de la moitié des familles réfugiés en Jordanie sont plus ou moins dépendantes de l’argent que gagnent leurs enfants. Et puis il y a les enfants qui, depuis leur fuite, ne vont plus à l’école. Leur famille leur demande plus rapidement de chercher du travail, hypothéquant ainsi les chances de retourner à l’école de leurs enfants.

Les réfugiés, qui ont réussi à passer la frontière, ont souvent des mois voire des années de fuite derrière eux. Des mois ou des années durant lesquels les enfants n’ont suivi aucune formation. Chacun d’eux a accumulé, à des degrés différents, un certain retard scolaire et, lorsqu’ils trouvent une école prête à les recevoir, il faut encore attendre au moins un an avant leur inscription officielle. Et pendant ce temps-là, le retard s’accentue. Ce qui peut, à la longue, avoir des conséquences néfastes sur le processus d’inscription et les possibilités d’avenir de l’enfant. De plus, ces enfants atterrissent bien souvent dans une classe d’élèves plus jeunes. Or, nous savons par expérience qu’une telle situation peut ouvrir la porte au harcèlement dont les enfants réfugiés risquent d’être victimes.

Un autre aspect de la problématique est celui du bien-être psychosocial des enfants. En plus de leur retard scolaire, ils portent en eux les séquelles des traumatismes qu’ils ont vécus. Bien souvent, les enseignants locaux n’y sont pas préparés.

 

La combinaison de plusieurs facteurs – surpopulation, retard scolaire, manque d’encadrement psychosocial – ne fait qu’augmenter les tensions, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des écoles. C’est pourquoi, Caritas veut y apporter une réponse via ses projets éducatifs.

 

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