« L’eau, c’est le paradis »

Caritas International « L’eau, c’est le paradis »
Caritas International « L’eau, c’est le paradis »

© Isabel Corthier

17/10/2017

La citation est du Père Abraha Hagos, directeur de la Caritas dans le diocèse d’Adigrat (région du Tigray, Ethiopie). Il est né et a grandi dans la région : il sait donc exactement de quoi il parle quand il raconte les conditions de vie très difficiles dans son diocèse. Avec Caritas il travaille dure – et avec succès – au changement.

Enfant de la région

Nous rencontrons le Père Abraha Hagos à Alitena, un sous-district d’Irob. Il conduit lui-même la voiture qui nous emmène entre les rochers, près des ravins et sur des routes cabossées. « Je connais bien la vie très dure de ces gens. Mon père était éleveur de bovins. Parfois, je partais avec lui pour un ou deux mois, à la recherche d’endroits où notre bétail pourrait paître. Nous vivions de lait et de la vente du beurre. Aujourd’hui, il y a encore moins de verdure qu’à l’époque. Tout est sec. Parfois il pleut, mais toujours trop peu… »

Comme pour le contredire, une pluie battante s’abat sur nous. En quelques instants, le paysage se régénère. De suite, nous constatons l’efficacité des barrages, des puits et des terrasses aménagées pour cultiver. Ils retiennent l’eau au maximum. La joie dans les cœurs des villageois est palpable : « Durant la saison sèche, ils doivent parfois marcher plus de dix kilomètres pour récolter un petit peu d’eau. D’où le proverbe local : ‘celui qui a de l’eau, vit près du paradis.’ Avec un jour de pluie, ils auront de l’eau pour plusieurs semaines. »

Chaque goutte compte

Que ce soit pour l’agriculture ou l’élevage, l’eau est cruciale. Le Père Abraha explique: « L’eau détermine si les habitants auront à manger ou non, s’ils pourront gagner un peu d’argent ou pas. En effet, l’agriculture et l’élevage sont quasi les seules sources d’emplois de la région. Moi aussi, j’ai souvent le nez en l’air, à la recherche d’un nuage ou d’un peu de brouillard autour d’un sommet de montagne. Je suis comme eux, je suis l’un d’eux, je partage leur quotidien. Il pleut trop peu. Et les changements climatiques ont encore aggravés la situation: les pluies sont de plus en plus irrégulières. L’eau est – encore plus qu’avant – un bien rare que nous nous devons d’utiliser à bon escient. » 

Briser le cercle de pauvreté

Les projets que nous mettons en place depuis 2003 avec Caritas et la population locale, ont changé la vie de toutes les personnes concernées. Le Père Abraha témoigne : « Nous creusons des puits, construisons des barrages, installons des systèmes d’irrigation. Tout le monde aide. Les habitants s’approprient toutes ces installations : en prennent grand soin parce qu’ils en connaissent la valeur inestimable. De cette façon, le changement est durable. Ce que nous faisons ? Briser le cercle vicieux de pauvreté: produire plus, gagner plus et donner plus d’opportunités aux jeunes. »

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