Caritas International L’histoire de Yusra
25/08/2016

La chance d'être en vie

Yusra se réveille à 4h du matin. Elle vit avec son mari et ses enfants dans un entrepôt désaffecté à Reyhanli, une ville turque près de la frontière syrienne. Elle commence sa journée par se préparer à manger. Elle passe ensuite les 12 prochaines heures dans les champs à cueillir des fruits et des légumes avec d’autres réfugiés syriens. Elle est payée 25 livres turques par journée travaillée à la ferme, ce qui correspond à 7 euros environ. Elle revient à 16h, à l’heure du bain et du repas des enfants.

Quand elle et sa famille ont fui Alep pour venir en Turquie, elle a d’abord vécu dans une étable. Il n’y avait ni toit, ni porte, ni fenêtre avant que Caritas n’apporte des bâches en plastique, des couvertures et un réchaud. Grâce aux bons que Caritas lui donne, Yusra peut parfois acheter des articles spéciaux, comme du fromage ou des fruits.

A minuit, les batteries de Yusra sont à plat. Elle n’arrive cependant pas à dormir. Les pleurs de ses enfants la tiennent éveillée. Des souvenirs douloureux les hantent : guerre en Syrie, fuite en Turquie, les grands-parents restés au pays. « Notre maison a été détruite par des bombardements », raconte-t-elle. « Nous avons dû marcher trois heures dans la neige avant d’arriver en Turquie ». « Nous sommes dans une très mauvaise situation, mais je me sens chanceuse », explique Yusra. « J’ai tellement d’amis qui ont vu leurs enfants se faire tuer. Les miens sont près de moi ».

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