Caritas International  L’histoire de Reem
24/08/2016

La broderie pour émancipation

Reem Alhaswani, 27 ans, est une réfugiée syrienne qui vit actuellement au Liban. Et pourtant, elle aide plus d’une centaine de femmes syriennes et palestiniennes à gagner leur vie. Son organisation, Basmeh et Zeitooneh, a gagné le prix « Femmes semeuses de développement » d’une valeur de 10 000€ décerné par Caritas Internationalis et Voirces of Faith. Elle nous raconte son histoire.

« Quand je suis arrivée au Liban, j’ai rencontré des personnes que j’avais connues en Syrie. Ensemble, nous avons créé une organisation afin de collectionner les vêtements et les vivres pour les habitants du camp de Chatila, un camp de réfugiés près de Beyrouth, à l’origine destiné aux Palestiniens. Nous avons été choqués par les conditions vraiment mauvaises à Chatila. Les femmes ont très peur de sortir. Les hommes ne travaillent pas. La violence domestique est partout. Chatila n’est pas sous le contrôle de la police.

Nous avons recontré quelqu’un qui pouvait commercialiser des articles de broderie, si nous les produisions. Nous avons loué un local et acheté du tissu et du fil. Il m’a fallu un mois pour convaincre 10 femmes à participer à ce projet. Elles avaient peur, ne nous connaissaient pas. Nous avons commencé la broderie. Les femmes ne savaient pas comment faire. Nous avons rencontré une Palestinienne qui brode depuis qu’elle a 14 ans. Elle a enseigné à toutes les femmes comment broder. Aujourd’hui, beaucoup de ces femmes sont devenues expérimentées, très professionnelles.

Beaucoup de familles vivent uniquement de ce qu’elles gagnent à l’atelier. Ces femmes ont perdu leur mari, mort ou disparu. Ou celui-ci n’a pas de travail. Mais ce n’est pas seulement un atelier de couture, nous faisons aussi des formations pour adultes : anglais, alphabétisation, informatique. Nous avons une école pour 400 enfants et trois centres communautaires au Liban. Nous avons aussi un service de protection qui tient des sessions de sensibilisation pour les femmes sur les droits de l’Homme et la violence domestique.

Je suis fière de Basmeh et Zeintooneh, du nombre de personnes que nous avons pu aider. Nous avons pu donner à ces gens les moyens de transformer une catastrophe tragique en opportunité de développement personnel et d’apprentissage . »

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