250.000 écoliers privés de rentrée au Liban

Caritas International  250.000 écoliers privés de rentrée au Liban

© Isabel Corthier

01/09/2016

Au Liban, on dénombre près de 500.000 enfants syriens réfugiés, dont 250.000 hors de l’école. Pour comparer : aujourd’hui, 400.000 enfants rentrent à l’école en Belgique francophone. Imaginez : que deviennent ceux qui n’ont pas accès à l’école ?  « Ces enfants n’ont rien à voir avec le conflit syrien mais en payent le prix fort », déclare Paul Karam, président de la Caritas Liban. « Il faut tout faire pour qu’ils puissent accéder à l’éducation. » Parce que l’avenir de toute une génération et de toute une région se dessine sur les bancs de l’école, Caritas International leur consacre sa campagne annuelle.

Selon un récent rapport de Human Rights Watch (juillet 2016), près de 158.000 élèves non-Libanais ont été inscrits dans les écoles publiques au Liban et 87.000 dans des écoles privées et semi-privées. Plus de la moitié des 500.000 enfants syriens réfugiés au Liban ne fréquentent donc pas l’école.

Le « second shift »

Le gouvernement Libanais, avec l’aide d’Unicef et de Caritas Liban, met l’accent sur l’enseignement des réfugiés. Depuis plus de deux ans, le système scolaire a complètement été chamboulé. A l’horaire normal (8h – 14h pour les Libanais et Syriens arrivés au début de la crise), s’est ajouté un « second shift ». « Ce sont des cours dispensés l’après-midi et à destination des réfugiés syriens ou irakiens. Le curriculum est presque le même mais sans les cours de gym, de sport, de musique », ajoute encore Ramzi. « L’idée, c’est de maximiser les chances de ces élèves afin qu’ils ne perdent pas encore plus d’années. »

Une intégration difficile

Mais avant même d’arriver dans ce second shift, un grand nombre d’enfants ont besoin de soutien.  Rania Pesh, directrice du centre psycho-médical de Rayfoon, Caritas Liban : « Bon nombre d’écoles n’acceptent pas les enfants avec des problèmes. Or, beaucoup d’enfants syriens ont été traumatisés par ce qu’ils ont vécu. La guerre. Les bombes. Ils ont un grand besoin de soutien psychologique et sur le plan du langage. Les problèmes les plus courants sont une mauvaise articulation, le bégayement, le mutisme… suite aux traumas vécus. Souvent, l’enfant s’isole à cause de ces problèmes. Ne se sent pas bien en classe, avec les autres élèves. Ces enfants ont le droit d’apprendre, d’aller à l’école et de redevenir des enfants ordinaires. »

Par ailleurs, la langue aussi pose problème : en Syrie, l’enseignement se fait en arabe mais, au Liban, certaines matières sont enseignées en Anglais ou en Français.

Le travail de Caritas

Au Liban, Caritas met en place un accompagnement psychologique adapté pour les élèves dans le besoin. Une équipe multidisciplinaire, formée entre autre de logopèdes, de pédiatres et psychologues, encadrent les réfugiés qui souffrent de stress post-traumatique. Caritas organise également des cours de rattrapage, des colonies de vacances et des écoles de devoirs, fournit du matériel scolaire, emploie des animateurs et organise le transport vers les écoles.

La campagne

Afin de ramener ces élèves sur les bancs de l’école, Caritas International lance aujourd’hui sa campagne #Refugees2school.

Des spots radios, des affiches et une campagne en ligne viendront nourrir cette initiative de sensibilisation et l’appel au don de Caritas tout au long du mois de septembre.

Le public est invité à envoyer un mot de soutien d’espoir aux écoliers libanais sur www.caritasinternational.be et via les médias sociaux. Les dons sont les bienvenues sur le BE88 0000 0000 4141.

Possibilités d’interview :

–          Rita Rhayem, directeur Caritas Liban, en Belgique le 1er et 2 septembre.

–          Sébastien Deschamps, expert Moyen-Orient, Caritas International.

 

Plus d’infos : www.caritasinternational.be
Sur Facebook et Twitter : #Refugees2school

Pour toutes vos questions, des photos ou une interview, merci de contacter :
Julie Vanstallen – 0497/14 08 29 – j.vanstallen@caritasint.be

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