Ensemble, chercher un logement

Caritas International Ensemble, chercher un logement
Caritas International Ensemble, chercher un logement
12/12/2017

Des petites flèches, accrochées à une grande porte de la rue Saint-Salvator à Gand, aiguillent les volontaires et réfugié-e-s : tout droit pour le Housing-café. Tout droit pour un accueil chaleureux à tout un chacun qui cherche un logement, un nouveau « chez soi ».

Pour Nurah* (29 ans), c’est la première fois qu’elle vient au Housing-café organisé par Caritas à Gand. Avec ses trois enfants, elle a fui l’Erythrée et réside actuellement dans une initiative locale d’accueil (ILA). Comme chaque réfugié reconnu, elle n’a que deux mois – après l’obtention du statut – pour quitter la structure d’accueil pour demandeurs d’asile et trouver un nouveau logement. Quelques semaines se sont déjà écoulées, plus de temps à perdre donc. Nurah est accompagnée d’un ami interprète. Il réside en Belgique depuis un an et demi et parle suffisamment bien le néerlandais pour créer des ponts entre Nurah et les volontaires.

Deux de ces volontaires lui expliquent le concept du Housing-café. Les recherches peuvent alors commencer. Des sites web immobiliers et Google maps servent de boussole vers un endroit qu’elle espère rapidement appeler son « chez soi ». « Il n’y a qu’une photo en ligne », montre Marie, volontaire, en tournant l’ordinateur vers Nurah. « Mais ça a l’air intéressant. ». Lieve, une autre volontaire enchaîne : « Renaix est une chouette ville, bien desservie par les transports en commun et il y a une école tout près. » Nurah semble hésiter. Elle ne connaît pas Renaix. Elle n’a pas de connaissances là-bas.  « Et si on appelait pour voir ce que le propriétaire dit… », propose Marie. Quelques minutes plus tard, les hésitations se dissipent : « déjà loué. » C’est une réponse courante ici.

Rendez-vous tous les lundis

Le Housing-café de Gand a ouvert ses portes le 2 octobre 2017. Tous les lundis après-midi, le local se transforme en joyeuse ruche. Les volontaires motivé-e-s s’acharnent et appellent bon nombre de propriétaires afin de soutenir des réfugiés en recherche de logement. « Via leur assistant social, les réfugiés prennent rendez-vous pour venir nous voir. La demande est telle que nous sommes contraints de travailler avec une liste d’attente », explique la coordinatrice des lieux Indra Versmesse. « Une fois invités, les réfugiés viennent toutes  les semaines jusqu’à ce qu’ils aient trouvé un logement. Pour certains, ça veut dire Housing-café tous les lundis. »

Un budget limité et les nombreuses discriminations rencontrées semblent des obstacles insurmontables pour de nombreux réfugiés. Heureusement, les volontaires sont présents. Leur enthousiasme est énorme : ils remotivent les déçus, proposent un café, avouent parfois que c’est dur mais garantissent qu’au final « on trouvera ». « C’est un vrai challenge », affirme la volontaire Sofie. Elle vient de s’entendre dire que le propriétaire ne souhaite pas d’une famille qui vit d’un revenu d’intégration du CPAS…

L’approche collective de ces recherches de logement est un élément crucial au Housing-café. Un lien se crée entre volontaires, entre volontaires et réfugiés et entre réfugiés. Ils partagent leurs frustrations, leurs espoirs et leur enthousiasme après chaque petite ou grande victoire.

Bonne nouvelle

Lorsque Ramesh entre au Housing-café, les recherches s’interrompent un instant pour des vœux de bonheurs. Le large sourire qu’il affiche en dit long. Après deux mois de recherches intensives, des centaines de coups de fils et des dizaines de visites, il a trouvé un logement à Schellebelle. « Au moment d’aller signer le contrat », raconte Indra. « Ramesh s’est étonné de ne plus voir l’affiche ‘à louer’ sur la fenêtre. C’est seulement bien plus tard qu’il a réalisé que c’était parce que lui était devenu le nouveau locataire. Il n’arrivait pas à le croire. »

Les propriétaires ont pris le temps avant de louer à Ramesh : « pour eux aussi, c’est nouveau », commente encore Indra. « Néanmoins, entrer en contact avec un réfugié, voir la motivation incroyable de ce réfugié et apprendre à le connaître, ça ne laisse pas les propriétaires indifférents. De plus, ils sentent réconfortés par le soutient de Caritas International pour le déménagement et l’accompagnement des réfugiés. Nous restons disponibles pour toutes questions – afin que les propriétaires ne se sentent pas seuls. »

La route est longue

Depuis l’ouverture du Housing-café, 18 personnes furent accompagnées dans leur recherche logement. Ils vivaient à des milliers de kilomètres d’ici jusqu’à ce que la guerre, la violence et les répressions les poussent sur le chemin de l’exil, souvent long et dangereux. Un cheminement qui arrive enfin à sa fin lorsque ces réfugiés peuvent trouver un nouveau « chez soi ». De centre d’accueil en ILA vers une maison à louer ou un logement de transit dans les meilleurs des cas. Au pire ? La rue.

Vous-aussi, vous pouvez aider

Vous souhaitez aider un réfugié à trouver un logement stable ? Devenez propriétaire solidaire ou volontaire au Housing-café :

  • Vous avez un logement à proposer ? N’hésitez pas à nous contacter via l’adresse proprio.solidaire@caritasint.be ou par téléphone au  02 609 06 54.
  • Vous souhaitez devenir volontaire ou inscrire un réfugié au Housing-Café de Gand ? Envoyez un e-mail à housingcafegent@caritasint.be ou par téléphone au 0476 47 18 18.
  • à Liège, Bruxelles et à Anvers aussi des Housing-cafés ont lieu. Pour en savoir plus, c’est par ici.

*Afin de garantir l’anonymat des intervenants, les noms dans cet article ont été changés.

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