« Des bateaux arrivent encore tous les jours sur les îles Grecques »

Caritas International « Des bateaux arrivent encore tous les jours sur les îles Grecques »
16/12/2016

La Commission européenne a annoncé le 8 décembre dernier que les Etats membres de l’UE pourront renvoyer des demandeurs d’asile vers la Grèce à partir de la mi-mars, dans le cadre du règlement de Dublin. Et ce, alors que la situation sur les îles grecques se délabre de jour en jour. Interview de Maristella Tsamatropoulou en Grèce.

Quelle est la situation des réfugiés sur les îles Grecques à ce jour ?

Pour rappel, la Grèce était exclue du système de renvoi depuis 2011. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ayant jugé à plusieurs reprises que le pays ne remplissait pas des conditions dignes d’accueil de réfugiés.

Maristella Tsamatropoulou, responsable communication de Caritas Hellas : « Il y a trois « hotspots » sur les îles Grecques qui sont réellement des centres fermés. Les autres sont des centres dits d’enregistrement et d’identification (RIC) et se trouvent à Chios, Lesbos, Samos, Kos et Leros. Dans ces RIC, les gens ne sont pas réellement enfermés mais leur mobilité est quand même très limitée.

Partout, les conditions de vie sont très mauvaises et cela crée des tensions, des protestations et régulièrement des disputes et bagarres. Par exemple, il y a peu, dans le centre de Moria (Chios), à cause de mauvaises conditions de vie et de longs délais d’attente dans la procédure d’asile, des habitants ont mis le feu au centre. Pour l’instant, ces demandeurs d’asile sont coincés sur les îles en attente d’un transfert vers le continent. Le seul moyen d’être transféré est d’être reconnu et relocalisé. Mais pour ça, il faut passer par les services d’asile des RIC. Malheureusement, ceux-ci ne sont ouverts que du lundi au vendredi de 9 à 14h et manquent cruellement d’effectifs. »

 

« Situation à hauts risques »

Maristella : « Il y a quelques semaines, les collaborateurs venus de l’étranger en soutien aux services d’asile, ont été rapatriés à cause justement de divers incidents. Ils considèrent la situation à « hauts risques » (C’est également le cas des agents Belges. Ndlr.) Et donc, en effet, tous – tant les réfugiés que la communauté locale – sont très frustrés à cause de la lenteur des procédures et du nombre de demandeurs d’asile bloqués. Toutes ces îles sont surpeuplées. Au total, il y a actuellement 16.500 demandeurs d’asile pour une capacité totale de 7.000. Et des bateaux arrivent encore tous les jours. Ce qui ne fait qu’aggraver la situation… »

Que fait Caritas ?

Maristella : « Depuis que les camps de l’île ont été transformés en zone à accès limité, Caritas Hellas a décidé de ne plus travailler dans les RIC. Nous travaillons aujourd’hui à pourvoir divers espaces comme au camp de Kara Tepe sur l’île de Lesbos où nous gérons trois centres : l’un pour des activités pour enfants, un centre pour femmes et un espace pour les hommes. Nous sommes très fiers de ce dernier car il est le seul espace où des hommes de toutes nationalités confondues se retrouvent, discutent, partagent un thé, jouent aux échecs, … ont le temps de digérer toutes les difficultés éprouvées en exile. »

 

Et ailleurs dans le pays ?

Maristella : « Nous sommes aussi très actifs dans les camps dans le Nord de la Grèce (Diavata, Oraiokastro, Polykastro, Vasilika) et dans deux camps à Athènes. Nos programmes divergent selon les besoins dans les camps. Pour l’instant, par exemple, il fait très froid. Nous avons donc installé 50 containers (un par famille) à Diavata afin de permettre au plus grand nombre de dormir au chaud. »

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